Énergie : le Maroc sécurise son approvisionnement pour les trois prochains mois

Énergie : le Maroc sécurise son approvisionnement pour les trois prochains mois

Selon la ministre de la Transition énergétique, Leila Benali le Maroc dispose d’une visibilité rassurante sur son approvisionnement énergétique du marché national dans des conditions sûres jusqu’à la fin de l’année

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Face aux tensions internationales qui pèsent sur les marchés énergétiques, le Maroc assure la continuité de son approvisionnement pour les trois prochains mois. La ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, a détaillé devant les députés les mesures mises en place pour sécuriser les importations, renforcer les stocks et protéger le pouvoir d’achat, dans un contexte marqué par une volatilité persistante des prix.

Un approvisionnement sécurisé à court terme

Le Maroc dispose d’une visibilité rassurante sur son approvisionnement énergétique du marché national dans des conditions sûres jusqu’à la fin de l’année. Intervenant à la Chambre des représentants, Leila Benali a toutefois affirmé que les besoins du pays seront couverts pour les trois prochains mois grâce à une coordination étroite entre les différents acteurs du secteur.

Cette stabilité repose sur une stratégie de diversification des sources d’importation, permettant au Royaume de limiter sa dépendance à des zones géographiques spécifiques. Les approvisionnements proviennent notamment des États-Unis, d’Amérique du Sud et de plusieurs pays européens, offrant ainsi une flexibilité accrue face aux perturbations du marché international.

La ministre a précisé que les contrats en cours pour le gaz naturel et le charbon assurent la continuité de la production électrique jusqu’au mois de juin. Malgré des tensions observées dans certains ports, les flux d’importation restent globalement maîtrisés, permettant de maintenir un niveau d’approvisionnement conforme aux besoins nationaux.

Des stocks sous surveillance et des dispositifs renforcés

Sur le plan des réserves, les indicateurs témoignent d’une situation relativement stable. Les stocks de gasoil couvrent actuellement 47 jours de consommation nationale, tandis que ceux de l’essence atteignent 49 jours. Ces niveaux, jugés satisfaisants dans le contexte actuel, sont suivis de près par les autorités.

Le ministère de la Transition énergétique s’appuie sur un dispositif de veille renforcé, mobilisant les services territoriaux et régionaux ainsi que les opérateurs privés. Un suivi régulier des programmes d’importation est assuré afin d’anticiper d’éventuelles tensions et d’ajuster les flux en conséquence.

Dans cette logique de vigilance, un système de permanence a été instauré au sein du Laboratoire national de l’énergie et des mines. Cette structure joue un rôle central dans l’évaluation des besoins du secteur et dans l’alerte en cas de déséquilibre potentiel.

Soutien public et protection du pouvoir d’achat

Au-delà de la sécurisation de l’approvisionnement, l’enjeu majeur demeure la préservation du pouvoir d’achat des ménages. Dans ce cadre, le gouvernement a mobilisé une enveloppe globale de 1,6 milliard de dirhams pour soutenir les prix des produits énergétiques.

Une part importante de ce soutien est consacrée au gaz butane, avec 600 millions de dirhams alloués afin de maintenir des tarifs accessibles. Aujourd’hui, la subvention de la bonbonne de 12 kg atteint 78 dirhams, contre 30 dirhams avant le déclenchement des tensions internationales, illustrant l’effort budgétaire consenti par l’État.

Parallèlement, 400 millions de dirhams sont injectés chaque mois pour soutenir le secteur de l’électricité, afin d’éviter une répercussion directe des hausses des coûts de production sur les consommateurs. Les professionnels du transport bénéficient également d’un appui spécifique, à hauteur de 3 dirhams par litre de carburant, soit près de 648 millions de dirhams mensuels.

Transparence des prix et encadrement du marché

Face à la volatilité actuelle, la question de la formation des prix reste centrale. Le Conseil de la concurrence a ainsi renforcé ses mécanismes de suivi afin de contrôler la répercussion des fluctuations internationales sur le marché national.

L’objectif est double : garantir la transparence des marges pratiquées par les opérateurs et protéger les consommateurs contre toute hausse injustifiée. Selon les constats du Conseil, l’impact de l’augmentation des prix à l’international demeure partiel au Maroc, traduisant l’effet des mesures de régulation mises en place.

À travers ces dispositifs, les autorités espèrent ou entendent maintenir un équilibre entre sécurité d’approvisionnement, stabilité des prix et soutenabilité budgétaire, dans un environnement énergétique mondial incertain.

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