Expulsions de 1975 : cinquante ans après, la mémoire au cœur du combat du CIMEA-75

Expulsions de 1975 : cinquante ans après, la mémoire au cœur du combat du CIMEA-75

Ces enfants expulsés d’Algérie, avec leurs deux parents s’ils ont eu de la chance, les plus jeunes sont des quinquas aujourd’hui, les autres des sexagénaires, ils n’ont rien oublié

1
Partager :

Réuni le 16 avril 2026, le Bureau exécutif du Collectif international de soutien aux familles d’origine marocaine expulsées d’Algérie en 1975 a réaffirmé sa mobilisation pour la reconnaissance de cette expulsion collective, qualifiée de violation grave des droits humains. À travers ses actions de plaidoyer, ses travaux documentaires et ses initiatives internationales, le collectif entend maintenir vivante la mémoire de cet épisode et obtenir justice pour les victimes.

Un plaidoyer international en consolidation

Lors de cette session ordinaire, le Bureau exécutif du CIMEA-75 a consacré ses travaux à l’évaluation de ses actions et à la définition de nouvelles orientations pour renforcer son plaidoyer auprès des instances internationales. L’objectif est de faire avancer la reconnaissance de l’expulsion des Marocains d’Algérie en 1975, en mobilisant les organisations compétentes en matière de droits humains.

Les membres ont souligné l’importance d’intensifier les efforts de sensibilisation à l’échelle internationale, afin d’inscrire durablement cette question dans les agendas des institutions et des organisations concernées. Cette stratégie passe notamment par la multiplication des initiatives de communication et par une meilleure structuration des actions de plaidoyer.

Un travail de mémoire et de documentation

Le collectif poursuit également un travail approfondi de collecte et de valorisation des archives liées à cet épisode. Une partie significative de ces documents a été déposée aux Archives du Maroc, constituant ainsi une base documentaire inédite.

Les membres du Bureau ont insisté sur la nécessité d’enrichir ce fonds, en recueillant davantage de témoignages et de données, afin de documenter de manière exhaustive les circonstances et les conséquences de ces expulsions. Cette démarche vise à préserver la mémoire des faits et à renforcer les arguments juridiques et historiques du collectif.

Parallèlement, plusieurs projets de rapports et de publications sont en cours d’élaboration, dans le but de diffuser une analyse rigoureuse de ce dossier auprès du grand public et des décideurs.

Un rapport inédit porté sur la scène internationale

Le Bureau exécutif a également décidé de valoriser un rapport inédit élaboré sous la supervision de Fatiha Saïdi, avec la contribution d’experts en droit international des droits humains et en histoire. Ce document s’appuie sur des archives variées, notamment celles de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Présenté en octobre 2025 à Genève, en marge de la 60e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, ce rapport a bénéficié d’une couverture médiatique significative et a suscité l’intérêt d’acteurs associatifs et institutionnels. Pour le CIMEA-75, il constitue un outil central dans la stratégie de plaidoyer.

Une dénonciation persistante du déni

Le Bureau exécutif a, par ailleurs, exprimé son étonnement face à ce qu’il considère comme une contradiction dans la position des autorités algériennes. Alors que celles-ci appellent à la reconnaissance des crimes du colonialisme français, elles continueraient, selon le collectif, à ignorer l’expulsion des Marocains en 1975.

Le CIMEA-75 souligne que cette expulsion collective s’est accompagnée, selon ses membres, d’actes de violence, de persécution et de spoliation de biens. Il estime que ces faits relèvent de violations graves des droits humains et nécessitent une reconnaissance officielle ainsi que des mesures de réparation.

Le collectif dénonce également la diffusion de récits qu’il juge infondés, évoquant une prétendue réciprocité avec des expulsions de ressortissants algériens du Maroc. Selon lui, ces allégations ne reposent sur aucun élément probant.

Une mobilisation soutenue par des partenaires

Les membres du Bureau ont salué le soutien de plusieurs acteurs institutionnels et de la société civile, en particulier celui de l’Organisation marocaine des droits humains, liée au collectif par un accord de partenariat. Cette coopération contribue à renforcer la crédibilité et la portée des actions menées.

Fondé en 2021, le CIMEA-75 s’est fixé pour mission de défendre les intérêts des personnes expulsées, de préserver la mémoire de cet événement et de porter leurs revendications auprès des instances nationales et internationales. Il appelle notamment à la reconnaissance des faits, à la restitution des biens et à l’octroi de réparations aux victimes.

Cinquante ans après les événements, le collectif poursuit ainsi son engagement pour que cette page de l’histoire ne soit pas oubliée et qu’elle fasse l’objet d’une reconnaissance à la hauteur des enjeux humains et mémoriels qu’elle soulève.

lire aussi