Face aux secousses de l’Histoire, le Maroc renforce son ancrage au Sud

Face aux secousses de l’Histoire, le Maroc renforce son ancrage au Sud

La ville d’Agadir a accueilli la 4ᵉ session de la Plateforme de Marrakech des chefs d’agences africaines de lutte contre le terrorisme. Cette initiative, lancée en 2022 à Marrakech, est née d’une collaboration étroite entre la DGED (services de renseignement extérieurs marocains) et le Bureau des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme (ONUCT).

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Alors que la guerre israélo-américaine contre l’Iran provoque un nouveau bouleversement géopolitique, le Maroc poursuit, une stratégie de résilience globale fondée sur son identité africaine et des partenariats économiques durables. Analyse de Tallaa Saoud Al Atlassi.

Le "droit de la force" Vs "force du droit"

Un truisme : la scène internationale traverse une période de secousses profondes. À l’image de la Terre qui le porte, le monde est en vibration constante : certaines secousses passent inaperçues, d’autres laissent des fissures durables. Le conflit israélo-américain contre l’Iran, même momentanément suspendu par un cessez-le-feu, laisse entrevoir des ondes de choc durables. En toile de fond : la montée du "droit de la force" au détriment de la "force du droit", avec des implications lourdes pour l’ordre mondial et les équilibres régionaux.

Dans cet environnement tendu, les États du Moyen-Orient – du proche au lointain, le Maroc y compris - doivent plus que jamais investir dans leur immunité qui ne se concevoir que globale, politique, économique, sociale, culturelle et sécuritaire.

Une immunité bâtie sur la réforme et l’Afrique

Au Maroc, sous le règne de Mohammed VI, le pays s’est engagé depuis un quart de siècle dans une vaste entreprise de réforme et de modernisation. Ce chantier de long cours a renforcé ses ressorts internes, tout en redéfinissant ses ouvertures extérieures. S’il reste ancré dans ses partenariats arabes et européens, le Royaume a également recentré sa diplomatie vers le continent africain.

L’Afrique n’est pas une posture pour le Maroc, mais une composante de son identité. C’est une fidélité historique et un impératif géographique que Rabat entretient depuis son indépendance : soutien actif aux mouvements de libération, accueil des figures emblématiques du panafricanisme (Mandela, Cabral, Nkrumah…), rôle pionnier dans la création de l’Organisation de l’unité africaine à travers la conférence de Casablanca de 1961.

L’Afrique, levier de résilience et de rayonnement

Aujourd’hui, cette histoire se prolonge dans une stratégie de profondeur. En réintégrant l’Union africaine, en développant des partenariats économiques structurants et en valorisant une Afrique fière et consciente d’elle-même, le Maroc se positionne comme un acteur central du renouveau continental.

Les projets phares de cette ambition sont à la fois symboliques et concrets : le gazoduc Nigeria-Maroc, long de plusieurs milliers de kilomètres, et l’Initiative Atlantique, ouverte aux pays du Sahel et du Sahara. Ces initiatives ne se contentent pas de relier des territoires : elles ancrent le développement dans la durée, structurent les échanges sud-sud et apportent des retombées tangibles pour les populations.

Ainsi, dans un monde en turbulence, le Maroc choisit la stabilité par le développement, et la souveraineté par l’intégration continentale.

Laâyoune, trait d’union avec l’Afrique centrale

Entre diplomatie parlementaire à Laâyoune et coopération sécuritaire à Agadir, le Maroc réaffirme son rôle central dans la construction d’une Afrique souveraine, solidaire et résiliente, à l’intersection de l’économie, de la sécurité et de la coopération Sud-Sud.**

À Laâyoune, capitale des provinces sahariennes marocaines, s’est tenu le Forum parlementaire pour la coopération économique entre le Maroc et le Parlement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Ce rendez-vous, ancré dans la stratégie de coopération Sud-Sud, a offert une plateforme d’échange pour les acteurs économiques des secteurs public et privé.

L’objectif : bâtir des partenariats durables entre le Maroc et la région de l’Afrique centrale, en s’appuyant sur les acquis déjà enregistrés avec l’Afrique de l’Ouest et les pays du Sahel. Cette dynamique réaffirme la vocation du Maroc à jouer un rôle structurant dans l’essor continental, à travers une diplomatie économique fondée sur la convergence, le respect mutuel et la complémentarité.

Agadir, centre de gravité sécuritaire du continent

Parallèlement, la ville d’Agadir a accueilli la 4ᵉ session de la Plateforme de Marrakech des chefs d’agences africaines de lutte contre le terrorisme. Cette initiative, lancée en 2022 à Marrakech, est née d’une collaboration étroite entre la DGED (services de renseignement extérieurs marocains) et le Bureau des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme (ONUCT). Après Tanger et Fès, Agadir confirme l’ancrage marocain dans une architecture sécuritaire africaine crédible, coopérative et proactive.

Présidée par Mohamed Yassine Mansouri, directeur général de la DGED, en partenariat avec l’ONUCT, la session d’Agadir a mis en lumière l’efficacité marocaine en matière de renseignement et de lutte contre les menaces transnationales, saluée par de nombreux partenaires africains.

Une résilience fondée sur l’économie et la sécurité

Dans un monde traversé par les incertitudes et les fractures géostratégiques, le Maroc investit dans une immunité multidimensionnelle : économique, sécuritaire, mais aussi politique, sociale et culturelle. Cette approche globale repose sur un équilibre entre souveraineté nationale et solidarité continentale.

L’économie et la sécurité apparaissent comme les deux leviers majeurs de la stabilité. Le Maroc y a atteint une maturité nationale qui lui permet non seulement de résister aux secousses mondiales, mais aussi d’être un acteur moteur du développement et de la paix en Afrique. Grâce à cette double expertise, il trace pour l’Afrique une voie fondée sur l’autonomie, la coopération et la prospérité partagée.

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