Forêts en alerte : le Maroc face à un risque extrême d'incendies

Forêts en alerte : le Maroc face à un risque extrême d'incendies

En juillet 2022, Une personne a trouvé la mort et une autre a été blessée lors d'un feu de forêt dans la province de Tanouate, dans le nord du Maroc, où des foyers s’étaient réactivés après quelques jours d'accalmie.

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Alors que la saison estivale commence à peine, l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) tire la sonnette d’alarme. Plusieurs régions du Royaume font face à un risque d’incendies élevé, voire extrême. En toile de fond, un bilan déjà lourd depuis 2020, qui invite à une vigilance renforcée face à ce fléau récurrent.

Des alertes précises et quotidiennes

Dimanche 15 juin 2025, l’ANEF a publié un communiqué appelant à la vigilance tous les riverains des forêts, estivants, visiteurs, et professionnels opérant en milieu forestier. L’objectif est clair : prévenir tout départ de feu en adoptant des gestes responsables et en signalant immédiatement aux autorités locales toute fumée suspecte ou comportement à risque.

L’Agence annonce par ailleurs la production quotidienne, du lundi au vendredi, de cartes de prévision de risque d’incendies, élaborées à partir de modèles scientifiques intégrant des données topographiques, climatiques et forestières. Ces cartes permettent d’identifier avec précision les zones vulnérables à travers tout le territoire national.

Rouge, orange, jaune : un Maroc sous tension

L’analyse des données a conduit l’ANEF à classer les régions concernées selon trois niveaux d’alerte.

Le niveau rouge, indiquant un risque extrême, concerne les provinces de Azilal, Béni Mellal, Chefchaouen, Kénitra, Khémisset, Larache, Tanger-Assilah, Taounate et Taza. Ces zones devront faire l’objet d’une attention particulière.

Le niveau orange, synonyme de risque élevé, englobe Agadir-Ida-Ou-Tanane, Al Hoceima, Berkane, Fahs-Anjra, Ifrane, Khénifra, M’Diq-Fnideq, Nador, Ouezzane, Oujda-Angad, Skhirate-Témara, Taourirt, Taroudant et Tétouan.

Enfin, un risque moyen (niveau jaune) est observé dans les provinces de Essaouira, Rabat, Salé, Sefrou et Sidi Slimane.

Un fléau qui se répète : les leçons des années passées

Cette alerte s’inscrit dans une série noire d’étés marqués par les flammes. Depuis 2020, le Maroc a connu plusieurs saisons ravageuses, avec des milliers d’hectares partis en fumée.

En 2021, pas moins de 3.500 hectares de forêts ont été détruits par 285 incendies. L’année 2022, quant à elle, reste gravée dans les mémoires : plus de 10.000 hectares avaient été réduits en cendres, notamment dans les provinces du Nord – Chefchaouen, Tétouan, Larache et Kénitra. Ces sinistres avaient nécessité une mobilisation exceptionnelle des forces armées, de la protection civile et des populations locales.

Plus récemment, en 2023 et 2024, bien que les superficies touchées aient été légèrement moindres grâce à des campagnes de prévention plus efficaces et à une météo moins favorable à la propagation des feux, plusieurs foyers critiques ont de nouveau menacé les forêts du Rif, du Moyen Atlas et de la côte Atlantique.

L’urgence d’une culture de la prévention

L’ANEF insiste sur le fait que neuf incendies sur dix sont d’origine humaine, souvent dus à des imprudences : feu de camp mal éteint, cigarette jetée par la fenêtre d’un véhicule, brûlage de déchets ou travaux agricoles à proximité des zones boisées. D’où l’importance de sensibiliser, de former et de responsabiliser tous les usagers de la forêt.

Les autorités comptent également sur l'implication des collectivités territoriales, des associations environnementales et des médias pour renforcer la diffusion des messages de prévention.

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