GITEX Africa Morocco 2026 : Marrakech au cœur de la souveraineté numérique africaine

GITEX Africa Morocco 2026 : Marrakech au cœur de la souveraineté numérique africaine

« Le Maroc s’affirme désormais comme une plateforme de référence en matière d’infrastructures technologiques, de recherche scientifique et d’innovation » (Aziz Akhannouch

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La quatrième édition du GITEX Africa Morocco s’est ouvert à Marrakech dans un contexte marqué par l’accélération des transformations numériques à l’échelle du continent. Réunissant des dizaines de milliers de participants venus de plus de 130 pays, l’événement confirme le positionnement du Maroc comme hub technologique régional et plateforme de dialogue international sur l’intelligence artificielle, la cybersécurité et l’innovation. Entre ambitions de souveraineté numérique, stratégies d’investissement et soutien renforcé aux startups, le Royaume entend structurer un modèle africain du digital, capable de conjuguer croissance, inclusion et indépendance technologique.

 « Le Maroc fait le pari de construire un nouveau modèle de souveraineté fondé sur une gouvernance digitale renouvelée, profondément transformée par l’intelligence artificielle. L’enjeu ne se limite pas à l’adoption des technologies, mais concerne la capacité du Royaume à structurer une trajectoire fédératrice, mobilisant l’ensemble des parties prenantes nationales et internationales » ( Amal El Fallah Seghrouchni)

Un rendez-vous continental au service de l’innovation et de la coopération

Marrakech s’impose une nouvelle fois comme l’épicentre du numérique africain en accueillant la quatrième édition du GITEX Africa Morocco, considéré comme le plus grand événement technologique du continent. Ce rendez-vous rassemble près de 50.000 participants et plus de 1.450 exposants représentant 130 pays, confirmant son envergure internationale.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, ainsi que de nombreux responsables institutionnels, investisseurs, entrepreneurs et experts issus de divers horizons. Cette diversité illustre la vocation du GITEX Africa à servir de plateforme de convergence entre les acteurs publics et privés, africains et internationaux, autour des enjeux majeurs de la transformation digitale.

Portée par le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, en partenariat avec l’Agence de développement du digital et KAOUN International, filiale du Dubai World Trade Center, cette édition se tient sous le thème « Catalyser l’économie numérique africaine à l’ère de l’intelligence artificielle ». Elle ambitionne de renforcer la coopération panafricaine et de favoriser l’émergence de solutions technologiques à fort impact.

Au-delà d’un simple salon, le GITEX Africa Morocco se positionne comme un espace stratégique où se dessinent les contours d’une économie numérique africaine résiliente, capable de répondre aux défis de développement du continent.

Des secteurs stratégiques au cœur de la transformation digitale

L’édition 2026 du GITEX Africa Morocco se distingue par l’introduction de nouveaux espaces thématiques en phase avec les priorités technologiques émergentes. Parmi les innovations majeures figurent les infrastructures intelligentes pour les data centers, conçues pour pallier les insuffisances structurelles qui freinent encore le développement numérique en Afrique.

La fintech occupe également une place centrale, avec un espace dédié aux mutations du secteur financier. Les solutions de mobile money, les paiements transfrontaliers et l’inclusion financière portée par l’intelligence artificielle y sont largement explorés, reflétant l’importance croissante de ces technologies dans les économies africaines.

La mobilité du futur constitue un autre axe majeur, avec la présentation de solutions de transport électrique, autonome et connecté. Cette orientation traduit la volonté d’intégrer les innovations technologiques aux enjeux de durabilité et de transition énergétique.

Par ailleurs, le pôle Sports Tech met en avant les technologies appliquées aux infrastructures sportives, à la performance des athlètes et à l’engagement des fans, illustrant la diversification des usages du numérique.

La cybersécurité s’impose comme une priorité transversale. En partenariat avec la Direction Générale de la Sécurité des Systèmes d’Information, un programme spécifique est consacré à la protection des infrastructures critiques. Le sommet Strategic Digital Defence AI Readiness offre un cadre d’échanges de haut niveau pour anticiper les menaces liées à l’intelligence artificielle et renforcer la résilience des systèmes numériques africains.

Le Maroc, hub technologique et moteur de souveraineté numérique

Dans son intervention, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a souligné que le Maroc s’affirme désormais comme une plateforme de référence en matière d’infrastructures technologiques, de recherche scientifique et d’innovation. Cette position repose sur une stabilité institutionnelle consolidée et une vision stratégique portée au plus haut niveau de l’État.

Le Royaume a engagé une politique volontariste plaçant le numérique au cœur de ses priorités, tant sur le plan budgétaire qu’institutionnel. Le déploiement de la fibre optique et de la 5G, combiné au développement des énergies renouvelables, vise à renforcer les infrastructures nécessaires à une économie digitale compétitive.

Le Maroc a également fait le choix d’une approche fondée sur la souveraineté technologique, avec l’ambition de maîtriser les outils de l’intelligence artificielle et de réduire sa dépendance vis-à-vis des technologies étrangères. Cette orientation se traduit par une progression notable du pays dans les classements internationaux, notamment en matière de préparation à l’IA.

Plusieurs initiatives structurantes ont été lancées, telles que JAZARI ROOT et « IA made in Morocco », témoignant d’une volonté claire de faire de l’intelligence artificielle un levier de développement économique et social. L’objectif est d’inscrire ces technologies au service de la justice territoriale et d’un développement inclusif.

Pour Aziz Akhannouch, le GITEX Africa incarne une ambition plus large : permettre à l’Afrique de produire son propre récit technologique, en valorisant ses talents, ses ressources et ses capacités d’innovation.

Une “troisième voie” marocaine du digital fondée sur la souveraineté et l’équilibre

Dans le prolongement de cette ambition, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a posé les fondements d’une vision stratégique qui dépasse la seule modernisation technologique pour s’inscrire dans une réflexion globale sur la souveraineté.

Intervenant à l’ouverture du GITEX Africa Morocco, elle a affirmé que le Maroc fait le pari de construire un nouveau modèle de souveraineté fondé sur une gouvernance digitale renouvelée, profondément transformée par l’intelligence artificielle. L’enjeu, selon elle, ne se limite pas à l’adoption des technologies, mais concerne la capacité du Royaume à structurer une trajectoire fédératrice, mobilisant l’ensemble des parties prenantes nationales et internationales.

Dans un contexte mondial marqué par une intensification de la compétition technologique, la ministre a souligné que cette rivalité dépasse le champ de l’innovation pour englober les investissements, les capacités industrielles et la souveraineté scientifique. Face à cette recomposition, l’ambition marocaine consiste, selon ses termes, à « inventer un nouveau jeu ».

Ce positionnement repose sur une conception alternative de la puissance technologique. Loin d’une logique de domination, le Maroc entend promouvoir un modèle fondé sur la fédération des énergies et l’utilisation de l’innovation au service du développement et du bien commun à l’échelle globale. Dans cette perspective, la souveraineté technologique devient un levier stratégique majeur, indissociable des dynamiques économiques et sociales.

La ministre a détaillé les quatre piliers de cette approche. Le premier repose sur une souveraineté technologique opérationnelle, visant à garantir l’autonomie du Royaume dans ses choix technologiques. Le deuxième s’appuie sur une modernité authentique, construite autour d’un digital et d’une intelligence artificielle adaptés aux réalités économiques, sociales et culturelles nationales. Le troisième pilier concerne la construction d’une puissance technologique d’équilibre, capable de relier l’Europe, l’Afrique et l’espace atlantique dans un contexte de recomposition géopolitique. Enfin, le quatrième pilier se traduit par l’ambition de faire du Maroc une boussole stratégique pour le dialogue international sur le numérique et l’intelligence artificielle.

Dans cette logique, le Royaume se positionne comme une plateforme de dialogue global sur les enjeux d’une intelligence artificielle éthique, moderne et contextualisée. Grâce à sa situation géographique, à la diversité de ses partenariats et à sa tradition de dialogue multilatéral, il aspire à réunir des acteurs issus de différents modèles technologiques et à promouvoir une approche équilibrée conciliant innovation, souveraineté et responsabilité.

En se définissant comme une puissance technologique d’équilibre, le Maroc ne se limite pas à un rôle de hub régional. Il ambitionne de devenir un véritable trait d’union entre les continents et les systèmes, capable de structurer un espace de coopération inédit à l’ère du numérique.

Startups et écosystème : vers une montée en puissance structurée

En marge du GITEX Africa, une rencontre dédiée aux startups bénéficiaires de l’initiative « Morocco 300 » a permis de mettre en lumière les efforts du Royaume en faveur de l’entrepreneuriat technologique. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des programmes « Morocco 100 » et « Morocco 200 », avec une augmentation significative du nombre de bénéficiaires.

L’objectif est clair : renforcer la présence des startups marocaines sur la scène internationale et lever les obstacles à leur internationalisation. Pour ce faire, le ministère de la Transition numérique prend en charge jusqu’à 95 % des coûts de participation au GITEX, tout en proposant des programmes d’accompagnement incluant bootcamps, formations et opportunités de mise en réseau.

La stratégie nationale vise à faire émerger un écosystème solide et compétitif. Parmi les ambitions affichées figurent la création de 3.000 startups, l’émergence de licornes marocaines et la formation annuelle de 100.000 talents numériques.

Des moyens financiers importants sont mobilisés pour atteindre ces objectifs. Plus de 700 millions de dirhams sont consacrés au soutien des startups en phase de démarrage, tandis qu’un effort de plus de 2 milliards de dirhams vise à accompagner leur passage à l’échelle.

Le lancement du Jazari Institute et du Centre national Jazari Root illustre cette volonté d’investir dans les technologies de rupture, en particulier l’intelligence artificielle et la recherche appliquée. Ces initiatives visent à positionner le Maroc comme un acteur régional majeur de l’innovation.

Au-delà des chiffres, c’est une vision globale qui se dessine : celle d’un écosystème intégré, capable de transformer des initiatives individuelles en une dynamique collective, portée par des synergies entre acteurs publics, privés et académiques.

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