Il y a 72 ans, neuf balles dans le dos de Allal Ben Abdellah

Il y a 72 ans, neuf balles dans le dos de Allal Ben Abdellah

Le sous-officier britannique, Robert King, tentant de le maîtriser Allal Ben Abdellah

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Rabat – Le Maroc commémore, ce jeudi, le 72e anniversaire de la disparition d’Allal Ben Abdellah, figure emblématique de la résistance nationale et symbole d’attachement à la légitimité monarchique.

Un des actes fondateurs de la lutte armée pour l’indépendance

Le 11 septembre 1953, Allal Ben Abdellah marquait l’histoire en attaquant le cortège de Ben Arafa, désigné illégitimement par les autorités coloniales françaises comme sultan du Maroc. Son geste courageux, nourri par la foi et le patriotisme, inaugurait une nouvelle phase de la lutte nationale. L’exil forcé su sultan Sidi Mohammed Ben Youssef, futurroi Mohammed V, et de sa Famille Royale le 20 août 1953, avait été conçu par le colonisateur comme une stratégie pour briser l’élan indépendantiste. L’acte héroïque d’Allal Ben Abdellah galvanisa la conscience nationale et renforça la détermination du mouvement de libération.

De plus en plus révolté par le protectorat français après l’exil de feu Mohammed V à Madagascar et la désignation de Mohammed ben Arafa comme sultan fantoche, Allal Ben Abdellah décida de passer à l’action. Allal Ben Abdellah, frustré de ne pas avoir pu se procurer une arme à feu, se contente d’un couteau poli offert par son voisin Larbi Ayouni.

 Avant de partir, il laissa à sa femme et à son enfant la somme de 1 000 francs marocains.

Neuf balles dans le dos

Le 11 septembre 1953, à l’heure de la prière d’addohr, il prit le volant d’une Ford décapotable modèle A de 1930, immatriculée 2460 MA 9, et se dirigea vers la mosquée Ahl Fass où Ben Arafa assistait à la prière du vendredi. À son arrivée, il fonça dans la foule et se précipita sur le cortège, blessant le cheval de tête avant de tenter d’atteindre Ben Arafa avec son arme.

Un sous-officier britannique, Robert King, tenta de le maîtriser et reçut un coup de couteau à l’épaule gauche, mais parvint malgré sa blessure à faire tomber l’arme de Ben Abdellah. Celui-ci réussit à regagner son véhicule et tenta de fuir. Il fut alors pris pour cible par un officier algérien de la garde de Ben Arafa, Mohamed Belhouari, qui tira sur lui à plusieurs reprises. atteint à neuf reprises dans le dos, Allal Ben Abdellah s’effondre et succombe sur place.

Une mémoire vivante pour les générations futures

La famille de la résistance et de l’Armée de libération commémore chaque année ce sacrifice, rappelant aux jeunes générations la portée historique et patriotique de ce geste. La cérémonie de recueillement au cimetière Achouhada de Rabat constitue un moment fort, marqué par l’hommage rendu à Allal Ben Abdellah et à l’ensemble des martyrs de l’indépendance et de l’unité territoriale,I.

Pour perpétuer la mémoire du héros, un festival commémoratif et un colloque se tiendront autour du thème : Figures et événements de l’histoire contemporaine du Maroc : Allal Ben Abdellah comme exemple. Des chercheurs, universitaires, acteurs associatifs et ayants droit du martyr participeront à des interventions et témoignages retraçant son parcours. Des hommages seront également rendus à d’anciens résistants, dans un esprit de fidélité et de reconnaissance.

Le bref portrait de la brève vie d’un patriote

Ces commémorations s’accompagnent d’activités éducatives et culturelles organisées dans les Espaces de la Mémoire Historique de la Résistance et de la Libération, présents dans tout le pays.

Né en 1916 à Guercif, dans la tribu des Haouara, Allal Ben Abdellah s’installa à Rabat où il se distingua par son engagement patriotique et ses liens avec de nombreux militants nationalistes. Son sacrifice demeure un exemple vivant des valeurs de loyauté, de dévouement et de patriotisme qui continuent d’inspirer les Marocains.

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