Intempéries : le Nord en première ligne, évacuations massives et mobilisation tous azimuts

Intempéries : le Nord en première ligne, évacuations massives et mobilisation tous azimuts

À Ksar El Kébir, la situation hydrologique a rapidement placé la ville sous haute surveillance. Les autorités locales à déclencher une série de mesures organisationnelles et préventives. L’évacuation progressive des centres d’hébergement temporaires et des quartiers exposés a été engagée afin d’anticiper tout scénario de débordement incontrôlé.

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De Ksar El Kébir à Tanger-Assilah, en passant par Larache, Ouezzane et Chefchaouen, le nord du Royaume affronte un épisode météorologique d’ampleur exceptionnelle, tandis que la province de Sidi Kacem est sous surveillance en raison de la montée des eaux de Sebou, cependant que l’oued Loukkos est déjà sorti de son lit. Pluies torrentielles, vents violents et risques d’inondations ont contraint les autorités à déclencher un dispositif d’urgence inédit. Entre évacuations préventives de grande envergure - 08 423 personnes en total, suspension des cours, renforcement sécuritaire et déploiement logistique, l’État a activé l’ensemble de ses leviers pour protéger les populations et limiter les dégâts matériels. A  Larache, trois décès ont été enregistrés, deux femmes et petite fille suite à l’effondrement de leur domicile.

Ksar El Kébir, épicentre d’une mobilisation préventive

Plus de 50.000 personnes ont été évacuées depuis la fin de la semaine dernière, principalement à titre préventif, selon des données communiquées par le ministère de l’Intérieur

À Ksar El Kébir, la situation hydrologique a rapidement placé la ville sous haute surveillance. La montée des eaux de l’oued Loukkos, conjuguée aux fortes précipitations annoncées, a conduit les autorités locales à déclencher une série de mesures organisationnelles et préventives. L’évacuation progressive des centres d’hébergement temporaires et des quartiers exposés a été engagée afin d’anticiper tout scénario de débordement incontrôlé.

À ce jour, et jusqu’à la matinée de mercredi 4 février, cette opération a permis l’évacuation et le déplacement d’un total de 108 423 personnes, réparties. Province de Larache : 81 709 personnes, notamment dans la ville de Ksar El Kébir, où 85 pour cent des habitants évacués ont quitté les lieux par leurs propres moyens. Province de Sidi Kacem : 9 728 personnes. Province de Sidi Slimane : 2 853 personnes. Province de Kénitra : 14 133 personnes.

Soucieux de garantir la sécurité des citoyens, il a été procédé à l’adoption d’une évacuation progressive des habitants de plusieurs communes, selon une méthodologie tenant compte des niveaux de risque et de l’ampleur des dommages attendus, tout en mettant à disposition des moyens de transport pour les personnes affectées.

. Une partie des personnes concernées a été accueillie par des proches, tandis que d’autres ont été hébergées dans des structures provisoires mises en place par les autorités. Cette opération de grande ampleur est menée de manière graduelle, en tenant compte de la situation spécifique de chaque zone

Selon les autorités de la province de Larache, cette opération s’inscrit dans une démarche rigoureusement planifiée, fondée sur l’évaluation continue de la situation et l’anticipation des risques. Il ne s’agit pas d’une réaction improvisée, mais d’un processus encadré visant à éviter l’exposition prolongée des habitants à des zones vulnérables. Les services concernés travaillent en coordination permanente afin d’ajuster les décisions en fonction de l’évolution des précipitations et du débit du fleuve.

Des évacuations progressives, organisées et sécurisées

Sur le terrain, l’évacuation des habitants des quartiers menacés se poursuit à un rythme soutenu. Des dizaines d’autobus ont été mobilisés pour assurer des transferts organisés vers des villes considérées comme plus sûres dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Les forces de sûreté, les autorités locales et les Forces auxiliaires accompagnent les familles, veillant à ce que les déplacements s’effectuent dans des conditions sécurisées et dignes.

La Direction générale de la météorologie a émis un bulletin d’alerte de niveau rouge annonçant des pluies parfois orageuses pouvant atteindre, notamment pour la journée de mercredi, entre 100 et 150 mm dans certaines provinces du nord, ainsi que des cumuls compris entre 60 et 100 mm dans le bassin du Loukkos. À ces précipitations s’ajoutent des chutes de neige au-delà de 1.500 mètres d’altitude, de fortes rafales de vent et une baisse sensible des températures.

Ces prévisions ont conduit les autorités à renforcer les mesures de vigilance autour des fleuves Loukkos et Sebou afin de limiter les risques de crues soudaines et l’extension des zones inondables. Des dispositifs de suivi hydrologique ont été activés pour anticiper les pics de débit et déclencher, si nécessaire, de nouvelles évacuations ciblées.

Évacuation organisée des zones à risque à Tétouan

Conformément aux recommandations du Comité provincial de veille,, les opérations d’évacuation se poursuivent dans les quartiers et localités situés à proximité de l’Oued Martil et de l’Oued Laou. Plus de 500 familles sont concernées par ce dispositif, qui vise à éloigner les habitants des zones les plus exposées. Les personnes évacuées sont orientées, selon leur choix, vers des proches ou vers une dizaine de centres d’accueil aménagés pour les recevoir dans des conditions sécurisées.

L’appui des Forces armées royales dans les opérations de secours

Les autorités rappellent que ce type de déploiement s’inscrit dans une logique de complémentarité entre les différents corps de l’État, permettant de renforcer les capacités opérationnelles sur le terrain

Sur instruction du Roi Mohammed VI, les Forces armées royales ont été mobilisées pour appuyer les opérations de secours. Leur intervention porte principalement sur la mise à disposition de moyens logistiques, le transport des populations affectées et le soutien aux dispositifs d’hébergement temporaire. Cette mobilisation illustre l’ampleur de la réponse institutionnelle face à une situation jugée exceptionnelle.

Les autorités rappellent que ce type de déploiement s’inscrit dans une logique de complémentarité entre les différents corps de l’État, permettant de renforcer les capacités opérationnelles sur le terrain et d’accélérer la prise en charge des populations vulnérables.

Suspension des cours dans plusieurs provinces du nord

Au-delà des évacuations, l’impact des intempéries se fait également sentir dans le secteur éducatif. À Tanger-Assilah, la Direction provinciale de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports a annoncé la suspension exceptionnelle des cours pour la journée du mercredi 4 février dans l’ensemble des établissements publics et privés. Cette décision vise à garantir la sécurité des élèves, du personnel éducatif et des cadres administratifs.

Des mesures similaires ont été prises dans plusieurs autres provinces, notamment Ouezzane, Al Hoceima, Chefchaouen, M’diq-Fnideq, Fahs-Anjra et Larache, avec des suspensions partielles ou totales des cours en fonction de l’évolution de la situation météorologique. Les autorités éducatives ont souligné que ces décisions sont régulièrement actualisées sur la base des bulletins de la Direction générale de la météorologie et des recommandations des comités provinciaux de veille.

Une mobilisation sécuritaire visible et rassurante

Sur place, la coordination entre les différents acteurs publics est perçue comme un facteur déterminant de l’efficacité des interventions

À Ksar El Kébir et dans les zones exposées, la présence des forces de sécurité a été renforcée. Patrouilles accrues, surveillance des quartiers évacués et interventions de proximité visent à prévenir tout incident et à assurer le bon déroulement des opérations. Cette mobilisation sécuritaire joue également un rôle psychologique important en rassurant les habitants et en maintenant un climat de confiance.

 Sur place, la coordination entre les différents acteurs publics est perçue comme un facteur déterminant de l’efficacité des interventions. Pour les responsables locaux, cette synergie interinstitutionnelle constitue un pilier de la gestion de crise.

La DGSN en première ligne sur le plan logistique

La Direction générale de la sûreté nationale ne se limite pas à son rôle sécuritaire. À Ksar El Kébir, elle a déployé deux unités mobiles de boulangerie afin de garantir l’approvisionnement alimentaire des populations affectées. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la fermeture préventive de nombreuses boulangeries et commerces de proximité.

Selon le commissaire divisionnaire Mohammed Ait Soudane, chargé des opérations logistiques à la DGSN, ces unités produisent actuellement près de 6.000 pains par jour, avec une capacité pouvant atteindre 10.000 unités quotidiennes en cas de besoin. Cette flexibilité permet d’ajuster rapidement la production en fonction de la demande et de l’évolution de la situation sur le terrain.

Il a également indiqué que d’autres équipes logistiques restent mobilisées au niveau central et peuvent être déployées en renfort si nécessaire. L’ensemble du dispositif est coordonné avec les autorités locales afin d’assurer une distribution équitable et rapide.

Qualité sanitaire et coordination interservices

La production du pain est placée sous la supervision de cadres spécialisés en sécurité sanitaire relevant de la DGSN. Cette mesure vise à garantir le respect des normes d’hygiène et de qualité, malgré le contexte d’urgence. Les autorités insistent sur l’importance de cet aspect pour éviter toute complication sanitaire supplémentaire.

La coordination interservices constitue un autre axe majeur de l’intervention. Les équipes logistiques travaillent en lien étroit avec les services de secours, les autorités locales et les forces de sécurité afin d’optimiser les circuits de distribution et de répondre efficacement aux besoins des habitants. Cette approche intégrée contribue à limiter les ruptures d’approvisionnement et à préserver un minimum de stabilité dans le quotidien des populations évacuées.

Une leçon tirée des drames récents

La mobilisation actuelle intervient dans un contexte encore marqué par le souvenir des crues soudaines de mi-décembre à Safi, qui avaient coûté la vie à 37 personnes, le bilan le plus lourd enregistré au Maroc au cours de la dernière décennie pour des intempéries de ce type. Cette tragédie a renforcé la volonté des autorités d’adopter une approche préventive plus stricte, fondée sur l’anticipation et la réduction maximale des risques humains.

Dans la région du Maghreb, les épisodes climatiques extrêmes se multiplient. Ces dernières semaines, des inondations ont également provoqué des victimes en Algérie et en Tunisie, soulignant la vulnérabilité croissante de la région face aux dérèglements climatiques.

La sécurité des citoyens comme priorité absolue

Depuis le déclenchement de cet épisode météorologique, les autorités rappellent que la protection des citoyens demeure la priorité absolue. L’ensemble des mesures engagées, qu’il s’agisse des évacuations, du renforcement sécuritaire, du soutien logistique ou de la suspension des activités scolaires, s’inscrit dans une stratégie globale de prévention et de gestion de crise.

À Ksar El Kébir, cette mobilisation traduit une volonté claire de faire face aux conditions climatiques exceptionnelles par des actions coordonnées et concrètes. Si la situation reste sous surveillance étroite, les responsables assurent que tous les moyens nécessaires continueront d’être mobilisés jusqu’au retour à une situation normale.

Dans l’attente de l’accalmie annoncée, la ville et l’ensemble des provinces du nord du Royaume vivent au rythme d’une solidarité institutionnelle et citoyenne qui illustre la capacité de mobilisation collective face à l’adversité climatique.

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