Journée de l’Afrique à Rabat : pour une intégration continentale concrète et solidaire

Journée de l’Afrique à Rabat : pour une intégration continentale concrète et solidaire

La Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc organise une exposition intitulée « Afrique : Mémoire d’un Continent », mettant en lumière la richesse historique et culturelle du continent africain. 26/05/2025-Rabat

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A la Journée de l’Afrique, célébrée ce lundi à Rabat, diplomates et responsables africains ont appelé à une accélération des efforts d’intégration du continent. Dans un contexte mondial en mutation, cette rencontre a donné lieu à un plaidoyer vibrant pour une Afrique connectée, économiquement souveraine et politiquement unifiée. Le Maroc, à travers l’engagement royal, y a réaffirmé sa volonté d’agir comme catalyseur d’un co-développement africain durable.

Une Afrique des actes plutôt que des intentions

Organisée au siège du ministère marocain des Affaires étrangères, la célébration de la Journée de l’Afrique a rassemblé de nombreux diplomates, dont le Premier ministre kényan et ministre des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi. Ce dernier a salué le rôle du Maroc dans le développement du continent, notamment son leadership industriel, tout en insistant sur la nécessité urgente d’une intégration fondée sur la solidarité, l’unité politique et la coopération économique.

Cette intégration doit passer, selon lui, par la levée des barrières non tarifaires, la modernisation des infrastructures, l’accélération du commerce intra-africain et la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Il a également plaidé pour une réforme du système multilatéral, dénonçant la sous-représentation de l’Afrique dans les instances internationales, notamment le Conseil de sécurité de l’ONU.

Le Maroc, moteur d’un nouveau panafricanisme pragmatique

Dans son intervention, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a rappelé que l’Afrique est au cœur de la politique étrangère du Royaume, selon la vision stratégique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. « Le Maroc ne célèbre pas l’Afrique un jour par an. Il vit l’Afrique, investit en Afrique et croit en l’Afrique chaque jour », a-t-il affirmé.

  1. Bourita a souligné que l’avenir du continent repose sur sa capacité à créer des chaînes de valeur souveraines, à transformer ses ressources localement et à développer des industries stratégiques. Il a mis en garde contre la dépendance chronique de l’Afrique vis-à-vis des importations alimentaires, pharmaceutiques ou industrielles, appelant à un « électrochoc d’intégration » porté par les Africains eux-mêmes.

Des projets structurants et une vision solidaire

L’Initiative Atlantique, portée par le Maroc, visant à offrir un accès à la mer aux pays sahéliens, a été saluée comme un exemple tangible de coopération Sud-Sud. À l’instar du gazoduc Nigeria-Maroc ou des investissements marocains dans la santé, l’agriculture ou l’éducation en Afrique, ces projets incarnent la vision d’une Afrique proactive, interconnectée et solidaire.

Le doyen du corps diplomatique africain, l’ambassadeur du Cameroun au Maroc, Mouhamadou Youssifou, a rappelé que malgré les initiatives comme le NEPAD, l’Agenda 2063 ou le Plan d’action de Lagos, la concrétisation de l’intégration africaine reste lente. Il a insisté sur les obstacles persistants : insécurité dans le Sahel, enclavement de certains pays, faiblesse des infrastructures et complexité des réglementations commerciales.

Mémoire et culture en partage à la Bibliothèque Nationale

En parallèle à ces échanges diplomatiques, la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc (BNRM) a accueilli l’exposition « Afrique, mémoire d’un continent ». Manuscrits rares, cartographies anciennes, revues spécialisées et œuvres de Hassan al-Wazzan (Léon l’Africain) y étaient présentés pour souligner la richesse documentaire et la diversité culturelle du continent.

Cette exposition, accessible au public, a aussi permis de valoriser l’engagement du Maroc dans la préservation du patrimoine africain, en s’appuyant sur une numérisation systématique des archives. Un espace de mémoire vivante qui rappelle que la renaissance africaine passe aussi par la culture et la transmission du savoir.

Vers une Afrique souveraine et solidaire

L’ensemble des intervenants ont convergé vers une conclusion commune : l’Afrique ne peut plus se contenter de promesses. Elle doit agir, s’unir, s’autonomiser. Le Maroc, en misant sur des partenariats structurants et une diplomatie de développement, se positionne comme un partenaire crédible et constant, qui agit plus qu’il ne promet.

Comme l’a souligné M. Bourita : « Nous ne théorisons pas la solidarité, nous la mettons en œuvre. Nous ne faisons pas que commercer, nous investissons ». Une vision lucide et engagée d’un continent qui ne veut plus être la variable d’ajustement des intérêts étrangers, mais le moteur de son propre destin.

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