La confiance des ménages marocains s’améliore, malgré inquiétude persistante face au chômage et à la cherté de la vie

La confiance des ménages marocains s’améliore, malgré inquiétude persistante face au chômage et à la cherté de la vie

Malgré cette embellie, une large majorité de ménages continue de percevoir une dégradation du niveau de vie au cours des douze derniers mois.

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L’indice de confiance des ménages (ICM) a atteint 53,6 points au troisième trimestre de 2025, en hausse notable par rapport à la même période de 2024, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Cette progression traduit un certain regain d’optimisme malgré la persistance des inquiétudes liées au chômage, à l’inflation alimentaire et à la faiblesse du pouvoir d’achat.

Un indice en progression, mais des perceptions encore contrastées

Le Haut-Commissariat au Plan relève, dans sa dernière enquête de conjoncture, une amélioration globale du moral des ménages. L’indice de confiance, indicateur clé du ressenti économique des foyers marocains, s’est établi à 53,6 points au troisième trimestre 2025, contre 46,2 points un an plus tôt. Ce niveau demeure supérieur à la moyenne observée en 2024, bien que légèrement inférieur à celui du trimestre précédent.

Malgré cette embellie, une large majorité de ménages continue de percevoir une dégradation du niveau de vie au cours des douze derniers mois. En effet, 77,9 % des personnes interrogées estiment que la situation s’est détériorée, contre seulement 5 % qui jugent qu’elle s’est améliorée. Le solde d’opinion, bien qu’encore négatif, s’est toutefois amélioré pour atteindre -72,9 points, après -75,8 points à la même période de l’année précédente.

Les anticipations à court terme demeurent prudentes : 51,4 % des ménages s’attendent à une poursuite de la dégradation du niveau de vie dans les douze prochains mois, contre 7,1 % qui misent sur une amélioration. Le solde d’opinion prospectif s’établit à -44,3 points, traduisant une perception encore hésitante malgré les signes positifs enregistrés dans d’autres volets de l’économie nationale.

Une inquiétude persistante face au chômage et à la cherté de la vie

Le chômage reste l’un des principaux motifs d’inquiétude pour les ménages. Plus de 70 % d’entre eux prévoient une hausse du taux de chômage au cours de l’année à venir, contre seulement 14 % qui anticipent une amélioration. Le solde d’opinion correspondant s’établit à -56,4 points, confirmant une perception durablement pessimiste du marché de l’emploi.

La consommation, quant à elle, reste freinée par la prudence des foyers. Près de 69,4 % des ménages estiment que le moment n’est pas propice pour effectuer des achats de biens durables, tels que les appareils électroménagers ou les équipements de logement. Seuls 11,7 % considèrent cette période favorable à de tels investissements. Ce solde d’opinion, évalué à -57,7 points, reflète la fragilité du pouvoir d’achat et l’impact persistant de la hausse des prix.

Concernant la situation financière actuelle, 59 % des ménages affirment que leurs revenus couvrent tout juste leurs dépenses, tandis que 38,7 % déclarent devoir s’endetter ou puiser dans leur épargne pour subvenir à leurs besoins. Seule une minorité, 2,3 %, parvient à épargner une partie de ses revenus. Le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle ressort ainsi à -36,4 points, signe d’une stabilité fragile.

Inflation alimentaire et épargne : un double défi pour les ménages

La perception des prix alimentaires reste particulièrement préoccupante. D’après les résultats du HCP, 95,7 % des ménages constatent une hausse des prix au cours des douze derniers mois, tandis qu’à peine 0,2 % perçoivent une diminution. Le solde d’opinion atteint le niveau alarmant de -95,5 points, confirmant que la cherté des produits de base demeure l’un des freins majeurs au bien-être des ménages.

Les anticipations ne sont guère plus rassurantes : 81,8 % des répondants s’attendent à une nouvelle augmentation des prix au cours de l’année à venir. Le solde d’opinion prospectif (-81,4 points) traduit un pessimisme généralisé face à une inflation qui, bien qu’en légère décélération, continue d’affecter le quotidien des familles marocaines, notamment celles à revenus moyens et modestes.

En matière d’épargne, la perception reste tout aussi morose. Seuls 9,6 % des ménages pensent pouvoir épargner dans les douze prochains mois, contre 90,4 % qui jugent cela impossible. Le solde d’opinion relatif à la capacité future d’épargne demeure donc fortement négatif à -80,8 points, même s’il s’améliore légèrement par rapport au trimestre précédent (-82,6 points). Cette situation témoigne du poids des dépenses contraintes, aggravé par la hausse des prix des produits alimentaires, du logement et de l’énergie.

Une dynamique de confiance portée par des signaux structurels

Si la perception immédiate reste prudente, le redressement de l’indice de confiance témoigne d’un optimisme sous-jacent lié à plusieurs facteurs structurels. Les efforts entrepris pour renforcer la protection sociale, les investissements publics dans les infrastructures et les perspectives d’emploi liées aux nouveaux projets industriels et énergétiques contribuent à nourrir cet espoir.

Pour de nombreux économistes, la hausse du moral des ménages résulte également d’un effet de stabilisation progressive du contexte économique international et d’une meilleure résilience du dirham face aux fluctuations mondiales. Toutefois, cette amélioration reste fragile et dépendante de l’évolution des prix mondiaux de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi que de la dynamique du marché de l’emploi national.

Le HCP rappelle que l’Indice de confiance des ménages repose sur sept indicateurs, combinant à la fois la perception générale de l’économie et la situation propre du foyer. Ces indicateurs portent sur l’évolution passée et future du niveau de vie, les perspectives du chômage, l’opportunité d’achat de biens durables, la situation financière actuelle et son évolution attendue.

Dans ce contexte, le maintien d’un niveau de confiance supérieur à 50 points — seuil de neutralité — traduit un sentiment de résilience et de foi dans la capacité du pays à surmonter les turbulences économiques. Si le pessimisme demeure sur certains aspects, notamment l’inflation et le chômage, la stabilité de l’indice atteste d’une confiance relative dans les politiques économiques en cours et dans les efforts visant à préserver le pouvoir d’achat.

En somme, le troisième trimestre 2025 confirme une tendance d’amélioration lente mais réelle du moral des ménages marocains. Malgré la persistance des incertitudes, la confiance revient progressivement, soutenue par une perception d’évolution positive du cadre économique et institutionnel.

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