La Sécurité marocaine partie intégrante de l’architecture sécuritaire mondiale- Par Abdelhamid Jamahri

La Sécurité marocaine partie intégrante de l’architecture sécuritaire mondiale- Par Abdelhamid Jamahri

Le directeur général de la DGSN-DGST, Abdellatif Hammouchi, lors de l'ouverture de la 93e AG d'Interpol à Marrakech du 24 au 27 novembre 2025

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Dans cette chronique, Abdelhamid Jamahri revient sur l’évolution de la sûreté nationale marocaine, qu’il présente comme un acteur désormais intégré aux grands dispositifs internationaux de sécurité. Il met en avant le rôle croissant du Maroc dans la lutte contre le terrorisme, la coopération sécuritaire et l’échange de renseignements, tout en soulignant la consolidation d’une triple confiance : celle du Roi, des citoyens et des partenaires internationaux.

Abdelhamid Jmahri

En sept décennies d’existence, la sûreté nationale marocaine a consolidé une triple confiance — celle du Roi, des citoyens et des partenaires internationaux — tout en renforçant sa présence dans les dispositifs mondiaux de lutte contre le terrorisme, le crime organisé et la corruption. Pour l’auteur, cette évolution a transformé l’appareil sécuritaire marocain en un levier géostratégique central dans le positionnement international du Royaume.

L’ascension internationale du dispositif sécuritaire marocain

À l’occasion de son anniversaire, après sept décennies d’existence, un grand titre peut résumer cette célébration de la fondation de la sûreté nationale : la sécurité nationale marocaine est devenue une partie intégrante de l’architecture sécuritaire mondiale.

De cette conclusion découlent de nombreux éléments d’analyse. Le développement enregistré, au-delà de toutes les prévisions, notamment durant les dix dernières années, a conduit les services sécuritaires et de renseignement marocains à occuper une place notable dans les grands centres de décision internationaux : diplomatie, espace international, lutte contre le terrorisme. Les services de sécurité marocains jouent désormais un rôle central dans l’organisation de l’action commune, la mise en œuvre des consensus internationaux, la coordination des dispositifs de prévention et l’échange d’informations.

Beaucoup d’eau, mais aussi beaucoup de sang, ont coulé depuis les attentats du 16 mai 2003 qui ont frappé le Maroc. Les auteurs et les commanditaires avaient choisi la date anniversaire de la création de la sûreté nationale, dans une synchronisation dont les messages et les significations étaient évidents. Mais le coup qui n’a pas détruit le pays lui a finalement donné davantage de force.

Le Maroc, plateforme internationale de lutte contre le terrorisme

Le Royaume est devenu une plateforme internationale dans la coalition contre Daech. Le Maroc a également accueilli, en tant que premier pays africain, une conférence internationale de cette coalition, tout comme la 93e session d’Interpol organisée à Marrakech. La ville ocre est ainsi devenue une capitale internationale de la sécurité.

Les services marocains ont noué des relations étroites avec les plus grandes agences de sécurité dans le monde, en particulier celles disposant d’une longue expérience aux États-Unis, sous toutes leurs composantes fédérales, centrales et nationales, mais aussi avec la France, l’Espagne, les Pays-Bas et d’autres pays liés au Maroc par la géographie, les stratégies communes et les menaces auxquelles ils sont confrontés.

Un niveau élevé d’expertise professionnelle, technique et scientifique, reposant sur des ressources humaines marocaines à cent pour cent, accompagne et soutient cette montée en puissance.

Cela confirme, tant sur le plan humain que technologique, le leadership marocain dans ce domaine.

Une vigilance permanente face aux menaces persistantes

Tous ces acquis n’ont pas engendré de sentiment de supériorité, ni de relâchement ou de dépassement des limites. Les services restent vigilants et conscients, grâce à leur capacité d’analyse et de synthèse, que le danger demeure présent. La dernière cellule démantelée, qui avait choisi Dakhla pour y semer la peur et la confusion, en est un exemple.

D’autres facteurs ont également contribué aux avancées de la Sécurité marocaine : l’approche sociale, professionnelle et culturelle, la prise en compte des résultats et des objectifs, la promotion sociale ainsi que l’esprit fédérateur. Cohérents et intriqués, ces éléments ont renforcé la solidité de l’appareil sécuritaire et garanti son rayonnement international.

Les fondements d’une triple confiance

Les campagnes menées contre les institutions sécuritaires marocaines trouvent en partie leur explication dans ces succès. Des offensives aux visages multiples, mais dont l’objectif reste unique : ébranler la triple confiance dont bénéficie la sécurité nationale.

D’abord, la confiance du Roi, élément vital dans la construction d’un appareil sécuritaire durable dans un espace arabo-musulman où les allégeances étrangères, confessionnelles ou non nationales constituent souvent une menace pour les États et les régimes.

Ensuite, la confiance des Marocains. Comme le montrent les enquêtes et les baromètres d’opinion réalisés dans le Royaume, le niveau de confiance envers les services de sécurité atteint des taux particulièrement élevés. Il dépasse  leshuit points sur dix.

Enfin, la confiance internationale, visible à travers la coopération étroite avec les partenaires étrangers, la crédibilité accordée aux expertises marocaines et les distinctions adressées à la sûreté nationale à travers son directeur général, Abdellatif Hammouchi.

Cette reconnaissance se manifeste également à travers le travail institutionnel mené dans la lutte contre la prévaricationet les accords signés avec les organismes concernés, la corruption étant le troisième grand fléau menaçant le Maroc dans sa profondeur sociale et existentielle, aux côtés du séparatisme et du terrorisme.

Ensemble, ces éléments constituent des facteurs de puissance qui viennent renforcer une diplomatie sécuritaire jugée efficace et alignée sur les grandes causes nationales. La sécurité elle-même devient ainsi une forme de diplomatie géopolitique au service du pays et des citoyens.

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