National
Le Maroc en Brèves : Barrages de Laayoune, Baccalauréat en prison, l’IA à Marakech, administration de l’égalité, été de la culture…
La Première présidente de la Cour des comptes du Royaume du Maroc, Zineb El Adaoui et l’auditeur général de la National Audit Office de la République de Gambie, Modou Ceesay
Du sud au nord, du monde carcéral aux amphithéâtres universitaires, en passant par les centres d’estivage et les bastions de la mémoire résistante, le Maroc déroule un éventail d’initiatives structurantes et porteuses d’avenir. Entre grands chantiers hydrauliques à Laâyoune, percée éducative en milieu carcéral, essor de l’intelligence artificielle et plaidoyer pour l’égalité administrative, le Royaume façonne une dynamique multiforme mêlant inclusion, développement durable, diplomatie mémorielle et innovation publique.
Laâyoune : un barrage pour sécuriser l’eau et l’avenir
À Laâyoune, le taux de réalisation du grand barrage de Sakia El Hamra atteint désormais 83 %. Ce projet stratégique porté par le ministère de l’Équipement et de l’Eau s’inscrit dans le cadre du nouveau modèle de développement des provinces du Sud. Avec une capacité de stockage de 112 millions de m³, il servira à la recharge artificielle de la nappe de Foum El Oued et à la gestion durable des crues, grâce à des équipements de pointe (évacuateur renforcé, prise d’eau améliorée...).
Au-delà de cet ouvrage, l’Agence du bassin hydraulique Sakia El Hamra-Oued Eddahab mène une politique globale d’adaptation climatique. Elle a déjà construit 22 petits barrages, foré 2 200 puits et contribué à la réalisation de 9 stations de dessalement d’eau de mer, desservant notamment Laâyoune, Dakhla, Boujdour, Tarfaya et Aousserd. À cela s’ajoutent 13 stations de déminéralisation d’eaux saumâtres et 9 stations d’épuration des eaux usées. En ligne de mire : garantir l’accès à l’eau dans des conditions extrêmes tout en soutenant l’agriculture irriguée sur des milliers d’hectares.
Baccalauréat en prison : une réussite de la réinsertion
Dans les établissements pénitentiaires du Royaume, l’année scolaire 2025 se solde par un taux de réussite de 53,44 % au baccalauréat, soit 962 détenus admis, un chiffre en hausse de plus de 7 % par rapport à 2024. Mieux encore, 322 d’entre eux ont obtenu une mention honorable à très bien, témoignant de l’impact positif des dispositifs éducatifs intégrés dans les prisons.
La Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) souligne l’importance croissante de l’enseignement dans la réhabilitation des détenus, en cohérence avec une politique d’humanisation des conditions de détention et de préparation à la réinsertion. Ce succès illustre la volonté du Maroc de faire du savoir un levier d’émancipation, même derrière les barreaux.
Marrakech : l’intelligence artificielle, levier d’émancipation nationale
À Marrakech, la Conférence internationale sur l’intelligence artificielle et les sciences cognitives a réuni des chercheurs, praticiens et experts autour des dernières avancées en traitement du langage, modèles transformeurs et IA appliquée. Le président de l’Université Hassan 1er, Abdellatif Moukrim, a souligné l’enjeu stratégique de cette discipline pour l’enseignement supérieur et le monde de l’entreprise.
Le doyen de la Faculté des sciences et techniques de Settat, Abdelmajid Farchi, a, quant à lui, plaidé pour une IA souveraine, ancrée dans les réalités du pays et alimentée par des algorithmes conçus localement. De la santé à l’éducation, en passant par la finance et les langues peu dotées, les intervenants ont mis en lumière les vastes perspectives offertes par l’IA. Marrakech devient ainsi le laboratoire d’une ambition nationale : construire une technologie éthique, compétente et inclusive.
Administration : cap sur l’égalité et l’inclusion
Dans un tout autre registre, l’Institution du Médiateur du Royaume a lancé le programme national "Vers une administration de l’égalité". Objectif : mettre à jour le cadre juridique encadrant la relation administration-usager, à la lumière des principes constitutionnels d’égalité, de non-discrimination et des normes internationales.
Cette initiative se fonde sur le constat de pratiques discriminatoires dans l’accès aux services publics, notamment dans les secteurs sociaux sensibles (retraites, couverture santé, foncier...). Pour y remédier, le Médiateur ouvre une plateforme interactive, invitant associations, citoyens et universitaires à contribuer à une réflexion collective. Le "thème de l’année" devient ainsi le fil rouge des actions de l’institution, dans l’espoir de bâtir une administration plus juste et efficiente.
Nador, Mohammedia, Rabat : l’été de la culture et de la mémoire
Dans la région orientale, le Festival d’été de Nador revient pour sa deuxième édition, du 18 au 20 juillet. Organisé par l’Association de Nador pour la culture et l’art, il met l’accent sur la créativité des jeunes, à travers des spectacles, rencontres et espaces d’expression. L’événement vise à promouvoir une culture vivante, plurielle et enracinée dans l’identité marocaine.
À Mohammedia, Bouznika, Salé et Kénitra, c’est le cinéma qui prend le relais avec la 8e édition du Festival du film éducatif pour enfants. Onze courts-métrages sont en lice, autour du thème "Cinéma et éducation à la mémoire". Le festival rend hommage à des figures de l’art marocain comme Saâdia Azgoun et Saâd Chraïbi, et propose des ateliers, masterclasses, projections et rencontres pour sensibiliser les enfants à l’image, à l’histoire et à la citoyenneté.
À Rabat, enfin, la mémoire résistante prend une dimension diplomatique. Une convention de coopération a été signée entre le Haut-commissariat aux anciens résistants et la Fédération Internationale des Résistants (FIR). Ce partenariat porte sur la valorisation de la mémoire historique, la lutte contre le néofascisme et l’inclusion du Maroc dans les réseaux internationaux de la résistance. Dans le même esprit, la Cour des comptes marocaine et son homologue gambienne ont signé un mémorandum d’entente pour renforcer la transparence, les bonnes pratiques d’audit et la reddition des comptes dans les administrations publiques.
Audit public : la Cour des comptes s’ouvre à l’Afrique
Toujours à Rabat, un mémorandum d’entente a été signé entre la Cour des comptes du Royaume du Maroc et la National Audit Office de la République de Gambie, représentée par leur Première présidente Zineb El Adaoui et l’auditeur général Modou Ceesay. Cette convention vise à instaurer un cadre de collaboration pour renforcer les capacités d’audit public des deux institutions.
Les engagements couvrent l’échange d’expertises, l’organisation conjointe d’ateliers, de conférences, ainsi que la participation réciproque à des événements au Maroc ou en Gambie, en présentiel ou à distance. Il s’agit aussi de partager des documents professionnels, lignes directrices, normes et bonnes pratiques en matière de gestion des finances publiques.
Ce partenariat s’inscrit dans un processus d’alignement sur les standards internationaux de transparence et de responsabilité. Il souligne également l’intérêt croissant du Maroc pour la coopération Sud-Sud, fondée sur l’échange de savoir-faire, la confiance institutionnelle et la recherche d’efficacité dans la gouvernance publique.