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Le Maroc en Brèves : LGV, Territoires, justice, investissements, sécurité routière, domaine oublic, position extérieure…
La part de Casablanca-Settat dans le financement de la LGV s’élève à 16 milliards de dirhams sur un total de 48 milliards
Entre conventions de développement régional, mesures de sécurité routière, gestion stratégique du foncier public et diplomatie économique, le Maroc articule son action autour de leviers territoriaux et institutionnels. De Fès à Guelmim, en passant par Gaza, Rabat ou Paris, retour sur une semaine dense qui dessine les contours d’une vision intégrée de l’action publique et de la projection internationale du Royaume.
Casablanca-Settat valide sa participation au financement de la LGV Marrakech-Kénitra
Réuni en session ordinaire de juillet, le Conseil de la région Casablanca-Settat a approuvé le protocole de financement de la future ligne à grande vitesse (LGV) Marrakech-Kénitra. La convention regroupe plusieurs acteurs publics et privés, dont les ministères de l’Intérieur, du Transport, de l’Économie et des Finances, ainsi que les régions concernées, l’ONCF et des établissements bancaires majeurs comme Attijariwafa Bank, la Banque Populaire, la CDG et Bank of Africa.
Présidée par Abdellatif Maâzouz en présence du wali Mohamed Mhidia, la session a également validé plusieurs conventions couvrant les domaines de l’eau, de l’environnement, de l’économie solidaire, de la mobilité, de l’innovation et de l’aménagement territorial. Parmi les projets structurants : le transport de l’eau dessalée entre Casablanca et Safi, la création de centres de traitement des déchets, une plateforme régionale de commercialisation des produits agroalimentaires, ainsi qu’un programme prioritaire d’évacuation des eaux pluviales.
Le président du Conseil a précisé que la part de Casablanca-Settat dans le financement de la LGV s’élève à 16 milliards de dirhams sur un total de 48 milliards, affirmant que ces projets traduisent une vision équilibrée entre développement régional et inclusion territoriale.
Fès-Meknès et Guelmim : deux régions, deux dynamiques
À Sefrou, le Conseil régional de Fès-Meknès a validé 19 conventions de partenariat totalisant près de 12,8 milliards de dirhams. Un effort massif en faveur du développement territorial, structuré autour d’infrastructures industrielles, de projets hydrauliques, de formation professionnelle et d’initiatives écologiques et culturelles. La création ou l’extension de zones industrielles (Aïn Chegag, Fès-Meknès, Aïn Baïda) mobilise à elle seule près de 638 millions de dirhams. Une dynamique qui s’inscrit dans une volonté d’attractivité économique et de création d’emploi.
Guelmim-Oued Noun, de son côté, a adopté un contrat-programme 2024-2027 avec l’État et d’autres partenaires, à hauteur de 12,9 milliards de dirhams. L’objectif est double : doubler le PIB régional et ériger Guelmim en pôle national des énergies renouvelables. Ce programme couvre 55 projets répartis sur 15 secteurs, mêlant gouvernance, urbanisme, santé, agriculture, industrie et artisanat. Une convention de 300 millions de dirhams vise notamment à améliorer les services de base dans les centres ruraux, tandis que d'autres concernent la prévention des inondations, la création de zones économiques ou encore la promotion de l'économie numérique avec l’école "YouCode".
Sécurité routière : le Maroc muscle sa vigilance estivale
À Rabat, l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) a présenté son programme d’urgence pour l’été 2025. Il repose sur un triptyque : contrôle renforcé, prévention directe et réglementation coercitive. Les dispositifs s’appuient sur des radars mobiles et fixes, des inspections ciblées des véhicules de transport public, ainsi que des campagnes de sensibilisation dans les lieux à forte affluence. Des « villages de la sécurité routière » vont circuler dans huit villes, proposant ateliers, démonstrations et simulations.
Les mesures réglementaires incluent la suspension de mutation des véhicules pour non-paiement des amendes graves, ainsi qu’un contrôle technique obligatoire pour les motos de plus de 50 cc. En parallèle, des caméras intelligentes seront installées en milieu urbain pour automatiser la détection des infractions. L’enjeu est de taille : en 2024, le Maroc a enregistré 4.024 décès sur les routes, en hausse de 5,37 % par rapport à 2023. Les cinq premiers mois de 2025 montrent une aggravation, avec une hausse de plus de 20 % des décès et des blessés graves, les piétons et les deux-roues étant les plus touchés.
Gaza : continuité de l’aide marocaine
Dans la bande de Gaza, l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif poursuit sa campagne d’aide humanitaire, avec une deuxième phase opérée cette semaine à Gaza-ville. Des centaines de familles déplacées ont reçu des paniers alimentaires, malgré les conditions sécuritaires très précaires. Cette aide, réalisée en partenariat avec l’Association marocaine d’appui à la reconstruction en Palestine, vise à soutenir près de 1.000 familles à travers plusieurs phases.
Distribués dans les camps du centre, du nord et du sud de l’enclave, les paniers contiennent des denrées de base achetées sur les marchés locaux, malgré leur rareté et leur coût élevé. Une preuve supplémentaire de l’engagement humanitaire constant du Maroc sur la scène internationale, dans un contexte marqué par une urgence croissante.
Position extérieure du Maroc : déficit aggravé mais structurant
Selon l’Office des changes, la position extérieure globale du Maroc affiche un déficit net de 746,7 milliards de dirhams à fin mars 2025, contre 693,1 milliards à fin décembre 2024. Cette détérioration s’explique par une hausse de 52,4 milliards des engagements financiers, majoritairement liée à l’augmentation des investissements directs étrangers (+54,1 milliards). Une dynamique qui traduit une confiance des investisseurs internationaux, mais qui impose une gestion vigilante des équilibres macroéconomiques.
Les avoirs financiers du Royaume ont légèrement reculé, en raison notamment de la baisse des réserves de change. Ce déséquilibre global témoigne de l’attractivité du pays, mais aussi des besoins accrus de financement pour accompagner sa trajectoire de développement.
Domaine public : le foncier au service du développement
La Direction des Domaines de l’État (DDE) a présenté son rapport 2024, saluant une croissance de près de 30 % du domaine privé de l’État, qui atteint plus de 5,4 millions d’hectares. Dans un contexte de pression foncière, l’État a mobilisé 54.530 hectares au profit de projets d’investissement public et privé. Ce foncier a notamment servi à accompagner les grands chantiers aéroportuaires, ferroviaires et hydrauliques.
La DDE a aussi récupéré près de 2.800 hectares de projets non réalisés, et a accéléré les procédures d’immatriculation, avec plus de 1,3 million d’hectares apurés juridiquement. Près de 1.243 jugements ont été rendus dans le cadre de litiges fonciers, dont 74 % en faveur de l’État. Une avancée significative pour optimiser l’usage du foncier public au service des politiques publiques.
Justice méditerranéenne : dialogue franco-marocain renouvelé
La 11e Convention des juristes de la Méditerranée s’est ouverte à Rabat sur le thème de l’accessibilité de la justice. Organisé par la Fondation pour le droit continental en partenariat avec le ministère marocain de la Justice et l’ambassade de France, l’événement a mis en avant les synergies juridiques entre les deux rives.
La représentante du ministère français de la Justice, Valérie Delnaud, a insisté sur l’importance de la contractualisation dans la prévention des conflits. La magistrate de liaison française, Emmanuelle Robinson, a souligné la richesse de la coopération juridique bilatérale et appelé à renforcer les protocoles et rencontres, pour une justice plus efficace, accessible et proche des citoyens et des entreprises.
Investissements : le Maroc, nouvelle star africaine des affaires
Le magazine français Ulysse salue, dans un récent numéro, l’attractivité croissante du Maroc pour les grands investisseurs. Le Royaume bénéficie selon lui d’un environnement favorable aux affaires, de réformes incitatives, d’une fiscalité compétitive et d’une position géographique stratégique.
Casablanca et Marrakech sont identifiées comme les pôles dominants de l’investissement, portés par une modernisation continue des infrastructures. Le magazine souligne également que cette montée en puissance s’appuie sur la stabilité politique et l’engagement du Maroc dans des chantiers d’envergure continentale.