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Le PAM, un tandem qui semble fonctionner, et une projection en 2030, au-delà des législatives de 2026
Mehdi Bensaïd, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, membre de la direction collégiale du PAM
Réuni à Salé pour sa 30ᵉ session ordinaire, le Conseil national du Parti Authenticité et Modernité semble avoir mis derrière lui ses divergences et ses querelles avec en ligne de mire l’échéance législative de 2026. Salh Eddine Aboulgahli débarqué, la direction collégiale réduite au tandem Mansouri-Bensaid, a l’air de tenir la route et livré une synthèse ambitieuse de sa vision politique, mêlant fidélité aux principes fondateurs, adaptation aux enjeux contemporains et ancrage dans l’action de terrain. Une étape qui marque la mue d’un parti né de la rupture et devenu partenaire à part entière du gouvernement.
À Salé, entre fidélité et projection
Samedi, à Salé, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) a tenu sa 30ᵉ session ordinaire du Conseil national en présence de sa direction collégiale, des parlementaires, ministres, élus et membres actifs du parti. Cette réunion a été l’occasion d’évaluer les avancées du parti au sein du gouvernement, d’afficher l’unité de sa majorité, et de fixer les priorités politiques à venir.
Najwa Koukous, présidente du Conseil national, a mis en avant l’importance de cette session dans un contexte international troublé. Elle a salué la dynamique organisationnelle en cours, illustrée notamment par l’initiative "Génération 2030", destinée à intégrer les jeunes dans le débat public, et par l’opération "Nous écrirons en Tifinagh", qui affirme la place de l’amazighe dans les institutions du parti.
D’un projet de rupture à un rôle institutionnel
Fondé en 2008 sous l’impulsion de Fouad Ali El Himma, le PAM a connu des hauts et des bas : percée électorale en 2011, tensions internes, refonte de la ligne stratégique après 2016, changement dans la douleur des directions, puis retour au centre de la scène politique avec la participation au gouvernement d’Akhannouch en 2021.
L’époque des clivages frontaux semble aujourd’hui révolue. Le PAM revendique une approche « humaniste » de la politique publique. Sa gestion de ministères clés (justice, culture, jeunesse, habitat...) se veut ‘’exemplaire et guidée par l’intérêt du citoyen’’. La session de Salé a d’ailleurs insisté sur l’importance d’incarner les valeurs du parti dans l’action quotidienne, à tous les niveaux territoriaux.
Une majorité assumée, des divergences encadrées
Les responsables du parti ont réaffirmé la cohésion de la majorité gouvernementale, tout en rappelant que les divergences de vues sont normales et même saines dans un cadre démocratique. Mohamed Mehdi Bensaïd, qui a donné le ton de ce que la direction vouait de ce conseil National, a souligné la nécessité d’un recentrage sur l’humain, critiquant les politiques publiques du passé qui ont négligé le citoyen au profit de logiques technocratiques.
Ne doutant le Maroc traverse « une période délicate, marquée par de nombreux défis et enjeux », M. Bensaid, outre la question du Sahra, a mis l’accent sur « les défis auxquels nous faisons face sont plus pressants que jamais. Malgré les avancées, la situation économique et sociale, a-t-il dit, reste difficile pour nos concitoyens » imputant la responsabilité de cette situation « en partie (… au) contexte mondial, mais aussi (aussi) l’héritage de politiques publiques antérieures qui ont négligé l’humain. »
.Il a insisté sur la notion de proximité : que ce soit dans l’écoute des critiques, la simplification des services administratifs, ou l’accès à la justice dans les zones reculées. Des projets comme le « Passeport Jeunesse » ou les aides directes au logement, selon Mehdi Bensaid, illustrent ce virage vers une action sociale incarnée.
Vers 2030 et au-delà
Pour M. Bensaïd, le parti inscrit son action dans une vision de long terme, arrimée aux grandes transitions à venir : intelligence artificielle, industries culturelles, économie verte. Le Mondial 2030, organisé conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, est vu comme un levier de développement, et non un simple événement sportif.
Dans le sillage de la Marche Verte, dont on célèbre cette année le cinquantenaire, le PAM veut inscrire l’ensemble de ses politiques dans une continuité historique : celle d’un Maroc uni, pacifique, résilient, et tourné vers l’humain. Le développement, affirme-t-on, ne se réduit pas à la croissance économique, mais s’évalue à l’aune de principes que nul ne saurait contester : la justice sociale, la dignité et l’équité.