Le point de la situation dans le Nord du Maroc après les crues, alors qu’un épisode pluvieux est en cours

Le point de la situation dans le Nord du Maroc après les crues, alors qu’un épisode pluvieux est en cours

Evacuation d’un enfant malade et de sa famille au douar Ouled Jaber, dans la commune d’Al Haouafate,

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Des équipes du génie militaire relevant des Forces armées royales, en coordination avec les éléments de la Protection civile, ont procédé à l’évacuation d’un enfant malade et de sa famille au douar Ouled Jaber, dans la commune d’Al Haouafate, province de Sidi Kacem. Alors que de fortes pluies et rafales de vent sont attendues vendredi et samedi, dans plusieurs provinces, dans les plaines agricoles du Loukkos, les reliefs de Chefchaouen, les routes de Tétouan et les élevages du Gharb, les autorités tablent sur l’accalmie et font place f à l’action coordonnée : distribution d’aliments pour bétail, suivi sanitaire du cheptel, réouverture des routes et reprise progressive des cours. Sur le terrain, administrations, collectivités et services techniques s’emploient à contenir les conséquences économiques et sociales des crues, tout en accompagnant un retour graduel à la vie normale.

Ksar El Kébir : nourrir le cheptel pour sauver l’activité agricole

À Ksar El Kébir, l’une des priorités immédiates a concerné les éleveurs. L’Office régional de mise en valeur agricole du Loukkos a lancé une opération de distribution d’aliments pour bétail destinée aux agriculteurs touchés par les inondations. Cette intervention d’urgence vise à préserver le cheptel, menacé par la destruction des parcours et les difficultés d’approvisionnement en fourrage.

Au total, 3.750 quintaux d’aliments composés sont programmés pour les communes de Souaken, Oulad Ouchih et Souk Tolba. Dans l’immédiat, plus de 90 tonnes ont déjà été distribuées au profit de cinq coopératives spécialisées dans la collecte et la commercialisation du lait, regroupant environ 600 éleveurs.

Selon les responsables agricoles, la distribution gratuite se poursuivra jusqu’à l’atteinte du volume prévu, le temps que les conditions météorologiques se stabilisent et que les pâturages retrouvent leur capacité naturelle.

Au-delà du simple secours, l’objectif est d’éviter un effondrement de la production laitière locale et une perte durable de revenus pour les exploitants. Les coopératives ont été chargées de la répartition afin d’assurer un ciblage précis et transparent des bénéficiaires. Cette organisation permet également un contrôle rigoureux de la distribution et limite les tensions dans un contexte où les ressources restent temporairement rares.

Chefchaouen : les élèves retrouvent progressivement les classes

Après plusieurs jours d’interruption, la reprise des cours a marqué un moment symbolique pour la province de Chefchaouen. Dès huit heures du matin, les établissements publics et privés ont rouvert leurs portes, à la suite de l’amélioration notable des conditions météorologiques.

Dans les zones urbaines, la reprise s’est déroulée normalement. Au lycée collégial Loubar, les classes ont retrouvé leur animation habituelle, tandis que les enseignants ont entamé un programme de rattrapage pour compenser les journées perdues depuis le début du mois. Pendant la suspension, les élèves avaient suivi l’enseignement à distance grâce à la plateforme numérique mise en place par la direction provinciale.

La situation demeure toutefois contrastée en milieu rural. Certains élèves restent temporairement absents, l’accès aux établissements étant encore entravé par des routes endommagées. Les autorités éducatives ont choisi une reprise partielle, privilégiant la sécurité du personnel et des élèves. Les cours restent suspendus dans les zones difficiles d’accès, en coordination avec les autorités locales et les associations de parents.

Cette reprise progressive traduit la volonté de rétablir la continuité pédagogique sans exposer les familles aux risques persistants liés aux infrastructures fragilisées.

Tétouan : réparer, dégager et reconnecter les territoires

La province de Tétouan a connu l’un des épisodes les plus perturbateurs, avec montée rapide des oueds, glissements de terrain et coupures d’axes routiers. Face à cette situation, les services techniques ont engagé une mobilisation soutenue pour rétablir la circulation.

Plus de 77 routes et pistes ont été rouvertes après évacuation de boue et remise en état des chaussées. Bulldozers, camions et pompes ont été déployés en continu afin de dégager les dépôts et restaurer la circulation. L’intervention la plus marquante a concerné le pont de l’oued Chakour, dans la commune de Sahtryine. Endommagé par la crue, il isolait plus de 500 familles. Sa remise en service rapide a permis de reconnecter le village au reste de la province.

Selon les services provinciaux, la priorité a été donnée aux infrastructures névralgiques pour assurer l’accès aux soins, à l’école et aux marchés. Les habitants ont salué la rapidité des interventions, qui ont limité la durée d’isolement malgré l’intensité des précipitations.

Sidi Kacem : protéger le cheptel face aux risques sanitaires

Dans la commune d’Al Haouafate, relevant de la province de Sidi Kacem, l’enjeu principal concerne désormais la santé animale. Après les crues de l’oued Sebou, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires a mené des campagnes de terrain pour soigner et vacciner les animaux affectés.

Les vétérinaires ont inspecté les étables, administré des traitements aux animaux malades et lancé des vaccinations ciblées : bovins contre la fièvre aphteuse, ovins contre la variole ovine et la peste des petits ruminants. L’accès aux exploitations a nécessité l’appui des autorités locales et de la Protection civile, certaines routes restant impraticables.

Les agriculteurs évoquent une intervention décisive. La priorité, expliquent-ils, est désormais d’éviter une crise sanitaire qui aggraverait les pertes déjà causées par les inondations. Parallèlement, l’ORMVA du Gharb a poursuivi la distribution gratuite d’orge et de fourrage, renforçant le soutien aux éleveurs.

Une mobilisation multisectorielle face à une crise climatique

Dans l’ensemble des provinces concernées, les actions s’inscrivent dans une même logique : limiter les effets économiques immédiats tout en préparant la reprise. Agriculture, éducation, infrastructures et santé animale sont traitées simultanément afin d’éviter une spirale de conséquences sociales.

Les autorités locales privilégient une approche graduelle : rétablir les services essentiels, soutenir les populations touchées puis relancer l’activité économique. Les intempéries ont rappelé la vulnérabilité des zones rurales face aux crues, mais aussi l’importance d’une coordination entre services publics.

Alors que les eaux se retirent progressivement, la phase de reconstruction débute. Elle sera plus longue et plus discrète que la gestion de l’urgence, mais déterminante pour restaurer durablement l’équilibre économique des territoires.

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