L’eau sous tension : état des barrages marocains au 24 novembre 2025

L’eau sous tension : état des barrages marocains au 24 novembre 2025

Amekraz, Souss-Massa et Drâa-Oued Noun : zones critiques face à la pénurie

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Les derniers chiffres publiés par le portail officiel du ministère de l’Équipement et de l’Eau révèlent une situation hydrique contrastée au Maroc : au 24 novembre 2025, les barrages affichent un taux de remplissage global de 31,2 %, soit 5,22 milliards de m³ stockés. Si certains bassins maintiennent des niveaux rassurants, d’autres connaissent des déficits sévères qui imposent prudence, gestion rationnelle et vigilance accrue.

Des bassins contrastés : du confort hydrique du nord aux tensions du centre et du sud

Selon les données actualisées, les disparités entre les bassins hydrauliques sont fortes.

Le bassin du Sebou arrive en tête avec un taux de remplissage de 40,3 %, soit 2 241,8 millions de m³. Parmi les barrages les mieux remplis figurent Al Wahda (1 474 millions de m³), Al Alaoui al Fassi (98 %) et M’Dez Sebou (93 %).

Le bassin du Loukkos  affiche également de bons niveaux, atteignant 45,5 % (870,4 millions de m³). Le barrage Oued El Makhazine concentre à lui seul 493,2 millions de m³, tandis que le barrage Chefchaouen avoisine 84 %.

Le bassin Bouregreg, essentiel pour l’alimentation en eau de Rabat, Salé et Casablanca, atteint 64,5 % (698,2 millions de m³). Le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah en représente la quasi-totalité, avec un taux de 68 %.

Dans le bassin du Tensift, le taux atteint 42,9 % (97,5 millions de m³), porté notamment par le barrage Sidi Mohammed Ben Slimane Al Jazouli, rempli à 90 %.

Le bassin Guir–Ziz–Ghris affiche 47,1 % de remplissage (252,9 millions de m³), avec un rôle déterminant du barrage Hassan Addakhil (57 % pour 179,1 millions de m³).

Le bassin de la Moulouya, en revanche, interpelle avec un niveau bas de 27 % (193,6 millions de m³), bien que le barrage Oued Za ait atteint 100 %.

Amekraz, Souss-Massa et Drâa-Oued Noun : zones critiques face à la pénurie

La situation devient particulièrement préoccupante dans plusieurs bassins stratégiques.

Le bassin de l’Oum Er-Rbia, vital pour l’agriculture et l’approvisionnement des villes du centre, n’atteint que 8,8 % (439,3 millions de m³). Aucun barrage majeur ne dépasse 15 %, hormis quelques exceptions comme Sidi Idriss (97 %), Timinoutine (79 %), Aït Messoud (73 %), Dourates (55 %) et Moulay Youssef (52 %). Le barrage de Bin El Ouidane, pourtant l’un des plus importants du pays, reste à 14 %.

Le bassin du Souss-Massa, fragilisé par la sécheresse chronique, présente un taux de 19,2 % (140,5 millions de m³). Le barrage Youssef Ben Tachfine, essentiel à la région, n’atteint que 12 %.

Le bassin Drâa–Oued Noun enregistre le taux le plus faible à l’échelle nationale : 28,1 % (295,3 millions de m³). Le barrage Mansour Eddahbi, principal réservoir de la zone, affiche 38 %.

Ces chiffres confirment l’urgence d’une gestion hydrique rigoureuse, notamment dans le sud et dans le bassin de l’Oum Er-Rbia, où les réserves sont insuffisantes pour faire face à une saison sèche prolongée.

À l’inverse, les bassins du nord — Loukkos, Sebou et Bouregreg — offrent une marge de sécurité appréciable grâce à des pluies plus régulières et à une capacité de stockage importante.

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