Les entreprises et les droits de l’Homme : un socle vital pour la justice sociale et la stabilité humaine

Les entreprises et les droits de l’Homme : un socle vital pour la justice sociale et la stabilité humaine

« La relation entre les entreprises et les droits de l’Homme est un point d’entrée majeur pour construire un environnement où justice sociale et sécurité humaine peuvent s’ancrer » Amina Bouayach

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Réunis à Marrakech à l’occasion du Forum arabo‑africain sur l’entreprise et les droits de l’Homme, des responsables nationaux et internationaux ont rappelé combien le respect des droits humains dans le secteur privé est devenu une priorité majeure du XXIe siècle. Pour Amina Bouayach, présidente du CNDH, la relation entre entreprises, justice sociale et sécurité humaine est plus que jamais centrale pour construire un modèle de développement durable où économie et dignité humaine marchent de pair.

Une priorité majeure pour le Maroc

Marrakech accueillait, le 24 juin 2025, le Forum arabo‑africain sur l’entreprise et les droits de l’Homme. À l’ouverture de l’événement, Amina Bouayach, présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), a souligné que la question des droits humains ne saurait plus rester cantonnée à un débat théorique. Selon elle, elle devient aujourd'hui une priorité opérationnelle pour garantir la justice sociale, la protection des personnes et la stabilité économique.

« La relation entre les entreprises et les droits de l’Homme est devenue une question stratégique centrale. Ce n’est pas uniquement un enjeu de débats académiques ou institutionnels, c’est un point d’entrée majeur pour construire un environnement où justice sociale et sécurité humaine peuvent s’ancrer », a-t-elle déclaré.

Intégration des droits humains à tous les niveaux de l’entreprise

Amina Bouayach a détaillé les leviers essentiels où le CNDH est déjà mobilisé : l’inclusion des droits humains dans les cadres d’investissement internationaux, la prise en compte du climat dans les choix économiques, l’alignement des Objectifs de Développement Durable (ODD) sur les obligations en matière de droits humains, ainsi que l’implication des groupes vulnérables dans l’élaboration des politiques publiques.

« Aujourd'hui, a-t-elle précisé, le défi est de garantir un travail décent, sans discrimination, respectant la dignité humaine, tout en assurant que les projets économiques et infrastructures s’alignent sur des normes sociales et environnementales ambitieuses ».

Elle a rappelé que le CNDH appuie à la fois des mesures volontaires et des normes contraignantes pour garantir le respect des droits humains par le secteur privé, tout en participant à des projets tels que la candidature du Maroc à l’organisation de la Coupe du Monde selon une approche respectueuse des droits humains.

Une convergence nécessaire entre ODD et Agenda 2063 de l’Union africaine

Pour Amina Bouayach, le Forum de Marrakech offre justement un cadre idéal pour nourrir la réflexion collective autour de la convergence des ODD à l’horizon 2030 et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Ce lieu d’échanges participe ainsi à bâtir des passerelles entre la stratégie de développement du Maroc, celle du continent africain, et la défense des droits humains.

Pour Sultan Bin Hassan Al‑Jamali, Secrétaire général du Réseau arabe des institutions nationales des droits de l’Homme, la défense des droits humains est un levier majeur du progrès économique. Selon lui, elle repose sur le respect des normes sociales, de la protection des travailleurs ainsi que de la participation des communautés locales aux projets de développement.

Même constat du côté de Sid’Ahmed Bennan, Commissaire aux droits de l’Homme et aux relations avec la société civile en Mauritanie, qui souligne que le succès du modèle économique repose avant tout sur le respect de la justice sociale ainsi que sur l’inclusion des populations concernées.

Les Nations unies appellent à des alliances stratégiques

Pour Abdallah Al‑Dardari, Administrateur assistant du PNUD, le défi est de parvenir à concilier croissance économique et respect des normes des droits de l’Homme. Depuis des années, dit‑il, de plus en plus d’États adoptent des dispositifs législatifs intégrant les droits humains à leurs modèles de gouvernance économique.

De son côté, Carla Haddad Mardini, directrice de la collecte de fonds privés et des partenariats à l’UNICEF, appelle à mobiliser le secteur privé en faveur du respect des droits humains, notamment des droits de l’enfant, condition sine qua non d’un développement réellement inclusif

Ce Forum, initié par la Délégation Interministérielle aux Droits de l’Homme (DIDH), en partenariat avec des départements ministériels, des institutions nationales et des agences onusiennes, a réuni plus de 200 personnalités de pays arabes et africains. L’objectif est de bâtir un dialogue élargi pour que la défense des droits de l’Homme devienne un pilier du climat des affaires ainsi qu’un moteur de progrès économique durable à l’horizon 2030.

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