Livraisons à domicile : Glovo dans le viseur du Conseil de la Concurrence pour abus de position dominante

Livraisons à domicile : Glovo dans le viseur du Conseil de la Concurrence pour abus de position dominante

Le Conseil de la Concurrence tient à préciser que la notification des griefs ne préjuge en rien de la décision finale

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Le Conseil de la Concurrence a annoncé avoir notifié des griefs à une société, sans la nommer dans son communiqué rapporté par MAP, opérant sur le marché des plateformes numériques de commande et de livraison de repas. Il s’agit de Glovo, une entreprise espagnole de livraison à domicile. Depuis 2022, Glovo est une filiale de l'allemand Delivery Hero. Son siège se trouve à Barcelone. Cette notification du Conseil de la Concurrence marque une nouvelle étape dans une enquête pour pratiques anticoncurrentielles présumées, révélant de possibles abus de position dominante et de dépendance économique.

Une procédure enclenchée après enquête approfondie

Dans un communiqué diffusé le 28 mai 2025, le rapporteur général du Conseil de la Concurrence a confirmé la notification de griefs à l’encontre d’une société opérant dans le domaine des plateformes numériques de commande et de livraison de repas. Cette action fait suite à une instruction ouverte par décision n°20/D/2024 du 19 février 2024, à la suite de soupçons relatifs à des pratiques entravant la libre concurrence sur ce marché en plein essor.

Cette notification, effectuée conformément à l’article 29 de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence, ouvre une procédure contradictoire et garantit les droits de la défense à la société mise en cause. Elle s’inscrit dans la mission constitutionnelle du Conseil de veiller à la régulation des marchés et à la protection des consommateurs.

 Abus de position dominante et dépendance économique

Selon les éléments recueillis par les services d’enquête du Conseil, la société visée aurait abusé de sa position dominante sur le marché des livraisons de repas, à l’échelle nationale et locale. Plusieurs indices laissent penser que l’entreprise aurait profité de sa position pour imposer des conditions défavorables à ses partenaires commerciaux – notamment des restaurateurs – aujourd’hui en situation de dépendance économique.

L’enquête a aussi mis en évidence des pratiques de prix abusivement bas, susceptibles de fausser le jeu de la concurrence en rendant plus difficile l’entrée ou la survie d’acteurs alternatifs. Ce type de stratégie, s’il est avéré, peut créer un effet d’éviction durable et mettre en péril l’équilibre du marché.

Une procédure encadrée, une décision encore attendue

Le Conseil de la Concurrence tient à préciser que la notification des griefs ne préjuge en rien de la décision finale. Celle-ci ne pourra être rendue qu’après la tenue d’une audience contradictoire devant le collège du Conseil, garantissant à la société concernée un droit de réponse équitable.

L’affaire met en lumière les tensions croissantes dans l’économie numérique entre plateformes dominantes et écosystèmes de prestataires, souvent dépendants de ces géants pour accéder au marché. Elle pourrait ouvrir la voie à une jurisprudence structurante dans le secteur du e-commerce au Maroc, en pleine mutation.

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