L’ONU accueille le lancement de l’extension du Plan marocain « Femmes, Paix et Sécurité »

L’ONU accueille le lancement de l’extension du Plan marocain « Femmes, Paix et Sécurité »

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New York – Le Maroc a officiellement lancé, jeudi à New York, l’extension de son premier Plan d’action national relatif à la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur « Femmes, Paix et Sécurité ». Prévue pour la période 2025-2026, cette nouvelle étape vise à consolider les acquis du Royaume en matière de promotion des droits des femmes et à inscrire la perspective du genre au cœur des processus de paix et de sécurité, au niveau national comme international.

Une action à portée international

La cérémonie de lancement s’est déroulée en marge de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies, sous la présidence du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita. Plusieurs homologues venus d’Afrique, d’Europe, d’Asie et des Amériques ont pris part à cette rencontre de haut niveau. La directrice exécutive d’ONU Femmes, la Jordanienne Sima Bahous, s’est associée à l’événement, réaffirmant le partenariat stratégique entre l’organisation onusienne et le Maroc dans la mise en œuvre de cet Agenda.

Cette réunion coïncidait avec deux anniversaires marquants : les 25 ans de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, adoptée en 2000, qui reconnaît le rôle crucial des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, et les 30 ans de la Déclaration de Beijing sur les droits des femmes. Deux jalons symboliques qui donnent une dimension particulière à l’initiative marocaine.

Un prolongement de la Vision royale

L’extension du plan fait suite au premier Plan d’action national triennal, adopté en 2021. Celui-ci avait été élaboré conformément à la vision royale I pour une société démocratique et inclusive, fondée sur l’égalité des genres. Cette nouvelle phase couvre les années 2025 et 2026 et s’inscrit dans une démarche de continuité, afin de renforcer les progrès enregistrés et de fixer de nouveaux objectifs alignés sur les réformes en cours dans le Royaume.

Le plan repose sur trois piliers principaux : la diplomatie préventive et la médiation, le maintien de la paix et la promotion d’une culture de la paix, ainsi que l’autonomisation économique des femmes. Ces axes traduisent l’ambition du Maroc de lier la participation féminine aux grandes priorités internationales : la lutte contre l’extrémisme violent, le renforcement de la cohésion sociale et le développement durable.

Une démarche inclusive et participative

Le processus d’élaboration de cette extension a mobilisé un large éventail d’acteurs. Tous les ministères concernés, les institutions sécuritaires et les organisations de la société civile y ont contribué. Cette approche inclusive a permis de redéfinir les priorités à partir d’indicateurs mesurables, afin de garantir l’efficacité du plan.

La méthodologie retenue illustre la volonté d’adopter une approche pangouvernementale et sociétale. L’objectif est clair : affirmer que l’égalité entre les sexes en matière de paix et de sécurité n’est pas une option, mais bien une priorité nationale en cohérence avec les engagements internationaux du Maroc.

Ce que Nasser Bourita a dit

Lors de son allocution, Nasser Bourita a souligné que « le maintien et la consolidation de la paix ne peuvent plus être pensés comme auparavant, ni se concevoir sans la contribution des femmes ». Selon lui, cette approche n’est pas une concession mais une correction nécessaire, qui tient compte des réalités et des réponses spécifiques qu’apportent les femmes face aux crises.

Le ministre a mis en avant plusieurs engagements concrets du Royaume. D’abord, le renforcement de la présence féminine dans les contingents militaires et les états-majors, mais aussi au sein des instances décisionnelles. Ensuite, l’autonomisation des médiatrices et la valorisation de leur rôle dans les processus de négociation et de dialogue.

Il a également insisté sur la politique de tolérance zéro face aux violences faites aux femmes, ainsi que sur l’importance des voix féminines dans la prévention de l’extrémisme violent. Pour le Maroc, a-t-il ajouté, ces actions contribuent à l’édification d’une véritable culture de la paix.

Le Maroc et l’approche féministe de la diplomatie

Le lancement de l’extension coïncide avec l’adhésion du Maroc au FFP+ (Feminist Foreign Policy Plus), cadre international visant à renforcer les politiques étrangères intégrant pleinement l’égalité des genres. Nasser Bourita a insisté sur le fait que cette adhésion illustre la volonté du Royaume d’apporter la perspective du Sud à ce mouvement mondial, et de rappeler que les luttes pour l’égalité sont universelles et indivisibles.

Pour le Maroc, cette orientation n’est pas importée mais constitue l’aboutissement naturel d’un processus national irréversible. Depuis son accession au Trône, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a impulsé de profondes réformes en faveur de la condition féminine, notamment dans la Constitution et le Code de la famille. Le Souverain a d’ailleurs appelé récemment à une nouvelle réforme de ce Code afin de consolider les acquis et d’ancrer plus pleinement l’égalité.

La diplomatie marocaine au féminin en chiffres

Le ministre a rappelé que ces réformes se traduisent déjà par une forte présence féminine dans la diplomatie marocaine. Les femmes représentent aujourd’hui 48 % des effectifs et 49 % des postes de responsabilité au sein de l’administration centrale. Elles occupent également 21 % des postes d’ambassadeurs, dont certains dans des pays stratégiques, ainsi que 40 % des postes de consuls généraux. Des chiffres qui témoignent d’une avancée notable et d’un engagement durable en faveur de la parité.

Un signal fort à l’échelle mondiale

Le lancement officiel à New York de l’extension du Plan d’action national du Maroc sur l’Agenda « Femmes, Paix et Sécurité » est un appel à la communauté internationale. Au moment où les conflits et crises se multiplient, cette initiative souligne l’importance d’intégrer les femmes dans la construction de la paix. Elle met aussi en lumière la pertinence d’une approche qui lie diplomatie, sécurité et égalité des genres, dans une perspective à la fois nationale et universelle.

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