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Maroc–Égypte : un partenariat stratégique global et une intégration renforcée
Le chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch accueilli à sa desscente d’avion par son homologue égyptien Moustafa Madbouly
La première session du Comité de coordination et de suivi maroco-égyptien, tenue au Caire sous la coprésidence de Aziz Akhannouch et Moustafa Madbouly, marque une étape majeure dans la relance des relations bilatérales. Portée par une forte volonté politique au plus haut niveau, cette rencontre a débouché sur une série d’accords structurants et dessine les contours d’un partenariat stratégique global, fondé sur l’intégration économique, la convergence politique et la coopération multisectorielle entre Rabat et Le Caire.
Une dynamique politique impulsée au plus haut niveau
Arrivé au Caire à la tête d’une importante délégation ministérielle, composée de délégation marocaine de haut niveau, composée du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, la ministre de l’Economie et des Finances, Nadia Fettah, le ministre de l’Equipement et de l’Eau, Nizar Baraka et le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural, de l’Eau et des Forêts, Ahmed Bouari, le Chef du gouvernement marocain a donné le ton d’une séquence diplomatique à forte portée stratégique. L’accueil officiel par son homologue égyptien et plusieurs membres du gouvernement a illustré la volonté commune d’inscrire les relations bilatérales dans une nouvelle phase, plus structurée et plus ambitieuse.
Cette première session du Comité de coordination et de suivi intervient dans un contexte régional et international marqué par de profondes recompositions, où les partenariats Sud-Sud gagnent en centralité. Pour Rabat comme pour Le Caire, il s’agit désormais de dépasser le cadre classique de la coopération pour construire un véritable partenariat stratégique global.
Dans son allocution d’ouverture, Aziz Akhannouch a insisté sur l’ambition partagée par le roi Mohammed VI et le président Abdel Fattah el-Sisi de hisser les relations maroco-égyptiennes à un niveau supérieur. Il a décrit cette rencontre comme une « nouvelle charte » fondatrice, appelée à structurer durablement les échanges entre les deux pays.
Au-delà de la symbolique politique, cette initiative traduit une convergence de visions sur les enjeux régionaux et internationaux. La coordination politique entre Rabat et Le Caire apparaît comme un levier essentiel pour peser sur les équilibres géopolitiques, notamment dans un environnement marqué par les tensions au Moyen-Orient.
Le Chef du gouvernement a également souligné que la solidité des relations bilatérales repose sur la clarté des positions respectives concernant les questions stratégiques, en particulier celles liées à la souveraineté et à la stabilité régionale. Cette convergence constitue, selon lui, le socle d’un partenariat durable et équilibré.
Vers une intégration économique et logistique ambitieuse
Au cœur des discussions, la dimension économique occupe une place centrale. Les deux pays entendent renforcer significativement le volume et la qualité de leurs échanges commerciaux, en s’appuyant sur un cadre juridique déjà dense mais encore sous-exploité.
Aziz Akhannouch a insisté sur la nécessité de lever les obstacles administratifs et logistiques afin de fluidifier les échanges de marchandises et de stimuler les investissements croisés. L’objectif est clair : construire une intégration économique réelle, fondée sur le principe du « gagnant-gagnant ».
Parmi les axes structurants évoqués figure le développement de la connectivité logistique et maritime. La liaison entre le port de Tanger Med et celui de Port-Saïd Est, en articulation avec le canal de Suez, est appelée à devenir un pilier de cette stratégie. Une telle connexion offrirait aux deux pays une position privilégiée comme plateforme d’accès aux marchés africains, européens et asiatiques.
L’intégration industrielle constitue un autre levier majeur. Il s’agit de valoriser les complémentarités entre les deux économies, en favorisant des chaînes de valeur commune et en encourageant les partenariats entre opérateurs privés. Dans cette optique, l’organisation de forums économiques, de rencontres d’affaires et la participation à des salons sectoriels sont appelées à jouer un rôle déterminant.
La création d’une plateforme d’investissement maroco-égyptienne figure également parmi les priorités. Cette structure viserait à renforcer la coordination entre les institutions en charge de l’investissement, à faciliter l’échange d’informations et à identifier des projets conjoints à fort potentiel.
Les secteurs de l’énergie, notamment les énergies renouvelables et l’hydrogène vert, occupent une place stratégique dans cette vision. Le Maroc et l’Égypte entendent mutualiser leurs expertises pour développer des projets à grande échelle, tout en renforçant leur positionnement dans les chaînes énergétiques mondiales.
La coopération s’étend aussi au domaine minier, avec un accent mis sur le partage de données et d’expertises en matière d’exploration. Cette diversification sectorielle témoigne de la volonté des deux pays d’inscrire leur partenariat dans une logique de développement durable et de résilience économique.
Une coopération multisectorielle et des convergences stratégiques affirmées
La signature d’une série d’accords et de mémorandums d’entente vient concrétiser cette ambition. Les domaines couverts illustrent l’ampleur de la coopération envisagée, allant de la diplomatie à la culture, en passant par la santé, l’industrie, l’énergie et la jeunesse.
Dans le domaine diplomatique, un accord entre les instituts de formation des deux pays vise à renforcer les compétences des jeunes diplomates et à favoriser l’échange d’expertises. Cette initiative reflète la volonté de consolider les capacités institutionnelles et de promouvoir une diplomatie concertée.
Les secteurs du sport, de l’habitat, du tourisme et de la santé font également l’objet d’accords spécifiques. Ils visent à améliorer les services, à développer les compétences et à encourager les investissements. La coopération sanitaire, notamment dans la lutte contre le cancer, illustre l’importance accordée aux enjeux sociaux et humains.
Dans le domaine énergétique, un protocole d’accord porte sur le renforcement de la coopération technique dans les énergies renouvelables. Cette orientation s’inscrit dans une dynamique globale de transition énergétique et de lutte contre le changement climatique.
La dimension culturelle n’est pas en reste. Considérée comme un pilier des relations bilatérales, elle fait l’objet d’accords visant à promouvoir les échanges artistiques, à valoriser le patrimoine et à développer les industries culturelles et créatives. Cette approche contribue à renforcer les liens entre les sociétés civiles des deux pays.
Sur le plan politique, l’Égypte a réaffirmé son soutien à l’intégrité territoriale du Maroc et à la résolution du Conseil de sécurité 2797 adoptnat une solution politique basée sur l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara. Cette position s’inscrit dans la continuité du soutien international croissant à cette approche.
Le Caire a également salué le rôle de Mohammed VI, en sa qualité de Président du Comité Al-Qods, dans le soutien à la cause palestinienne. Les efforts déployés à travers l’Agence Bayt Mal Al-Qods ont été mis en avant comme un exemple d’engagement concret en faveur de la population palestinienne.
Enfin, les initiatives marocaines en Afrique, notamment celles visant à renforcer la coopération Sud-Sud et à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique, ont été saluées par l’Égypte. Ces projets témoignent de la volonté du Maroc de jouer un rôle moteur dans le développement du continent.
Au terme de cette session, la signature du procès-verbal conjoint consacre une nouvelle étape dans les relations maroco-égyptiennes. Au-delà des accords conclus, c’est une vision commune qui se dessine : celle d’un partenariat structurant, capable de répondre aux défis contemporains et de contribuer à la stabilité et à la prospérité de la région.