Mémoire du Sud : trois anniversaires pour lire une même histoire de résistance et d’unité nationale

Mémoire du Sud : trois anniversaires pour lire une même histoire de résistance et d’unité nationale

Le défunt Roi Mohammed V à Mhamid El Ghizlane en en 1958, un moment charnière dans les bata en 1958 illes pour le parachèvement de la réunification du Maroc

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Du soulèvement des tribus Aït Baamrane en 1957 aux premières opérations de l’Armée de libération dans le Sud du Royaume, la fin du mois de novembre demeure un moment de forte charge symbolique dans l’histoire nationale. À Sidi Ifni, Assa-Zag et Guelmim, les commémorations rappellent la continuité d’un combat engagé pour la liberté, l’indépendance et l’intégrité territoriale. Elles éclairent aussi l’actualité diplomatique autour de la résolution 2797, qui confirme la pertinence de l’initiative marocaine d’autonomie. Trois récits, une même trame : celle d’un pays qui ancre sa souveraineté dans la mémoire et la transmission.

Soulèvement des Aït Baamrane : une insurrection fondatrice

Chaque 23 novembre, Sidi Ifni replonge dans l’un des épisodes les plus déterminants de la lutte nationale. Il y a soixante-huit ans, les tribus Aït Baamrane lançaient une insurrection d’envergure contre la présence espagnole, alors que la région vivait déjà au rythme de la résistance. Ce soulèvement, déclenché en 1957, n’était pas un geste isolé : il s’inscrivait dans un mouvement plus large porté par l’Armée de libération, appuyée par les notables et les familles locales.

L’insurrection avait alors touché plusieurs localités, de Tablkoukt à Bijarifen, entraînant le repli des forces espagnoles vers le centre de Sidi Ifni, transformé en caserne assiégée. Cette poussée de résistance n’était pas un simple réflexe militaire : elle répondait aux tentatives de naturalisation imposées par les autorités coloniales, auxquelles les tribus refusaient d’obéir. Entre les actions de guérilla et les opérations coordonnées avec l’état-major de Guelmim, l’épisode constitue une étape majeure dans l’histoire de la souveraineté nationale.

Le soulèvement des Aït Baamrane survient également dans un contexte politique bouleversé. L’exil de Feu Mohammed V, de Feu Hassan II et de la famille royale en août 1953 avait déclenché une mobilisation générale pour défendre les constantes nationales. Lorsque Mohammed V revient en 1955, la région, bien que toujours partiellement occupée, participe aux célébrations du Trône dans un élan de fierté vite réprimé par les autorités espagnoles. Cette répression contribue à radicaliser davantage la résistance.

Cette insurrection marque une étape clé de la lutte pour l’intégrité territoriale. La commémoration s’inscrit aujourd’hui dans un ensemble plus large : la Marche verte, les Trois Fêtes glorieuses et les premières actions de l’Armée de libération. Autant de moments qui composent une mémoire solidaire fondée sur l’union du Trône et du peuple.

La cérémonie de cette année comprend un meeting le 23 novembre, des interventions historiques et un hommage rendu aux anciens résistants. Une aide financière est également attribuée aux familles, dans la continuité d’un travail de reconnaissance et de transmission.

Assa-Zag : un territoire pivot dans l’histoire militaire et diplomatique

À Assa-Zag, la commémoration du 69e anniversaire des opérations de l’Armée de libération fait revivre un autre chapitre du même récit national. Le meeting organisé vendredi rappelle le rôle stratégique de la région, considérée comme un foyer historique de la résistance au sud du Royaume.

Assa-Zag dans les premières opérations menées contre l’occupation, en parallèle des efforts diplomatiques conduits par Feu Mohammed V, occupe une place centrale dans les batailles du Maroc pour le parachèvement de son unité territoriale . La visite du souverain à Mahamid El Ghizlane en 1958 et le discours mémorable de Feu Hassan II au même endroit en 1981. Deux moments qui, dans les mémoires locales, symbolisent un dialogue continu entre l’action militaire et l’action diplomatique.

Tarfaya en 1958, Sidi Ifni en 1969 et la Marche verte en 1975, forment la chaine des étapes successives de la récupération des provinces du Sud. Une trajectoire qui a ouvert la voie à un cycle de développement et de consolidation institutionnelle, prolongé dans les décennies suivantes par les différents modèles régionaux.

Cette commémoration résonne également avec l’actualité diplomatique marquée par le discours royal du 31 octobre 2025, prononcé après l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Celle-ci reconnaît l’initiative marocaine d’autonomie comme base du processus politique. Une reconnaissance qui, constitue une étape décisive dans la gestion d’un différend maintenu artificiellement depuis plusieurs décennies.

Guelmim : « porte du Sahara » et mémoire vivante de la résistance

À Guelmim, où s’est également tenu un meeting commémoratif, le récit national prend une autre nuance. La ville « porte du Sahara », occupe une place centrale dans l’histoire militaire et politique du Sud. Elle fut l’un des points d’appui de l’Armée de libération et un espace où les tribus et les notables ont structuré leur engagement collectif.

Les premières opérations conduites dans la région ont permis d’unifier les efforts contre l’occupation et d’assurer une présence constante des combattants sur le terrain. Les tribus sahraouies, dont l’engagement, demeure l’un des fondements de la continuité nationale, ont été décisives dans ce combat.

Une mémoire pour comprendre le présent

Ces trois commémorations, bien distinctes par leur géographie et leurs contextes historiques, composent un même récit national où mémoire, souveraineté et diplomatie s’entremêlent. Les soulèvements, les batailles et les opérations militaires rappellent les sacrifices consentis pour l’unité territoriale. Les discours, les hommages et les lectures politiques rappellent que cette mémoire nourrit encore aujourd’hui la vision stratégique et diplomatique du Royaume.

À la lumière de la résolution 2797, qui confirme la pertinence de l’initiative d’autonomie, ces célébrations permettent de relier un passé souvent héroïque à un présent diplomatique en évolution. Elles rappellent surtout que l’histoire des provinces du Sud ne se résume pas à un dossier diplomatique : elle est d’abord une histoire de personnes, de tribus, de familles et d’engagements qui ont façonné la trajectoire du Royaume.

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