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Mobilisation féminine contre les ‘’discours rétrogrades’’ de Abdalilah Benkirane
Misogyne se voulant séduisant, Abdalilah Benkirane aime les femmes mais seulement dans une fonction de lustres ornementaux
Rabat,– Les voix féminines se lèvent d’une seule et même clameur contre les attaques faites aux droits des femmes. Regroupées au sein de la Coordination féminine pour un changement profond et global du Code de la famille, plusieurs associations nationales dénoncent les propos hostiles de celui qu’elles désignent par ses ‘’titre’’ de chef de file d’un parti politique et ancien chef de gouvernement, à l’émancipation féminine et appellent à une mobilisation citoyenne pour défendre les acquis législatifs, sociaux et politiques obtenus de haute lutte depuis des décennies. Tout le monde l’aura compris, il s’agit de l’inénarrable Abdalilah Benkirane.
Un rejet ferme des atteintes aux droits fondamentaux
La Coordination affirme son rejet catégorique de toute déclaration ou acte visant à remettre en cause les progrès réalisés dans le domaine des droits des femmes. Selon les signataires, il ne s’agit pas seulement d’un désaccord d’opinion, mais d’une atteinte directe aux principes constitutionnels du pays et à ses engagements internationaux en matière d’égalité et de dignité humaine.
Face à ce qu’elles qualifient d’« instrumentalisation dangereuse du débat public », les organisations signataires exigent une réaction forte et claire des pouvoirs publics. « Il est urgent que l’État protège l’espace public des discours rétrogrades et discriminatoires qui compromettent la construction d’une société démocratique et inclusive », martèle le communiqué.
Une société inclusive passe par l’égalité
Les militantes rappellent que toute remise en cause des droits fondamentaux des femmes constitue une régression aux conséquences lourdes. Elles soulignent que la liberté, la justice et la citoyenneté pleine et entière ne peuvent s’exercer que dans une société qui garantit l’égalité entre tous ses membres, quels que soient leur genre ou leur statut.
Le communiqué déplore également l’absence de sanctions contre les prises de position publiques qui nourrissent la stigmatisation des femmes, notamment celles qui défendent des revendications féministes ou appellent à la réforme de la législation familiale.
Pour les associations, la tolérance de tels discours est perçue comme une légitimation implicite de la violence symbolique, sociale et parfois même physique contre les femmes.
Un appel à l’unité citoyenne et à la vigilance démocratique
Au-delà de la dénonciation, la Coordination féminine appelle à une mobilisation générale de la société civile, des citoyens, des médias et des institutions pour faire barrage à la montée des discours haineux. Elle plaide pour le renforcement des cadres juridiques de protection et une vigilance démocratique accrue face à toutes les formes de discours sexistes.
Cette démarche s’inscrit également dans le contexte plus large de la révision annoncée du Code de la famille, devenue une exigence incontournable pour aligner la législation marocaine sur les principes constitutionnels d’égalité et de justice sociale.
Un tissu associatif engagé et solidaire
Le communiqué est signé par une large constellation d’organisations féminines et de défense des droits humains à travers le Royaume. On y retrouve notamment : l’Union du travail féminin, l’Association démocratique des femmes du Maroc, la Fédération des ligues pour les droits des femmes, l’Association de solidarité féminine, la Fondation Yatow, ou encore des associations régionales comme Aïn Ghazal à Oujda, Tawaza à Martil ou encore Al-Anwar à Ksar El Kebir.
Cette diversité territoriale illustre l’ancrage local de la lutte féministe et son enracinement dans le quotidien des femmes marocaines de toutes origines.
Pour toutes ces organisations, il ne s’agit pas seulement de préserver les acquis : il s’agit d’ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire du droit familial au Maroc, où femmes et hommes pourront coexister dans le respect mutuel, la justice et la dignité.
Une veille démocratique vigilante
La Coordination féminine annonce qu’elle poursuivra son travail de veille, de plaidoyer et d’action collective tant que l’égalité réelle ne sera pas assurée. À travers ce communiqué, elle interpelle les décideurs et les citoyennes et citoyens sur les risques que représente la banalisation des discours discriminatoires.
Elle appelle à bâtir une société moderne, inclusive, ouverte et fidèle à l’esprit de la Constitution de 2011, en consacrant une fois pour toutes l’égalité femmes-hommes comme principe fondateur de la citoyenneté marocaine.