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Océan : l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe cherchent un cap commun à Nice
L’Académie du Royaume du Maroc organise un side event consacré à la coopération Afrique-Méditerranée-Europe pour « une gouvernance durable de l’Océan », en marge de la troisième Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC-3) qui se tient jusqu'au 13 juin dans la ville de Nice. 11/06/2025-Nice (Photo MAP)
En marge de la 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC-3), l’Académie du Royaume du Maroc a réuni, mercredi à Nice, les acteurs clés des rives africaine, méditerranéenne et européenne autour d’une ambition partagée : poser les fondations d’une gouvernance durable et solidaire des océans. Un échange dense et stratégique, où s’est exprimée la voix du Maroc, fidèle à sa vision de co-pilotage et de coopération Sud-Sud renforcée.
Un partenariat océanique repensé sous impulsion marocaine
La rencontre, organisée par l’Académie du Royaume du Maroc et l’ONG "La Saison Bleue", s’est inscrite dans la continuité de la consultation régionale africaine pour l’UNOC-3 et du Blue Africa Summit tenu à Tanger en octobre dernier.
Modérant les échanges, Bachir Tamer, directeur exécutif de l’Académie, a rappelé l’engagement du Maroc, sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en faveur d’une gouvernance régionale de l’Océan structurée autour de la croissance bleue, d’une coopération Sud-Sud approfondie et d’une intégration maritime accrue. Il a cité à cet égard le message fort du Souverain, transmis par SAR la Princesse Lalla Hasnaa au Sommet "L’Afrique pour l’Océan", coprésidé avec le président Emmanuel Macron.
Un message que le président de l’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS), Abdelmalek Alaoui, a décliné en actes : "Nous devons repenser l’Océan, non comme une simple ressource à protéger, mais comme un espace à gouverner", a-t-il affirmé.
Devant un parterre d’acteurs institutionnels, scientifiques, économiques et associatifs, M. Alaoui a identifié trois failles majeures freinant la gouvernance océanique en Afrique : une gouvernance fragmentée, un déficit de souveraineté technologique et un manque de diplomatie bleue cohérente.
Les débats ont mis en lumière la nécessité d’investir dans la recherche, la science et l’observation des océans avec des données ouvertes, pour mieux éclairer les décisions politiques.
Vers un Pacte pour une Afrique bleue durable
Point d’orgue de la rencontre, la présentation du Pacte pour une Afrique bleue durable par Olivier Poivre d’Arvor, envoyé spécial du président français pour l’UNOC-3. Ce pacte établit une feuille de route concrète en cohérence avec l’ODD 14 sur la préservation des océans, en ciblant à la fois la santé des écosystèmes marins et le développement durable des communautés côtières.
"Il faut que l’Afrique bleue ait un programme concret, un agenda", a plaidé M. Poivre d’Arvor, annonçant que le prochain Blue Africa Summit, prévu à Tanger les 9 et 10 octobre, mobilisera quatre collèges : gouvernance, scientifiques, collectivités et États, entreprises et ONG. L’objectif : aboutir en 2026 à une feuille de route dotée de financements opérationnels.
Co-organisé par l’Académie du Royaume du Maroc et La Saison Bleue, cet événement AMEC (Africa-Mediterranean-Europe Cooperation) fédère de nombreux partenaires stratégiques : la Fondation Afrique-Europe (AEF), la Commission européenne, la Blue Mission Med, l’Union africaine, l’Union pour la Méditerranée, la Commission de l’Océan Indien, Goumbook, l’Institut Jacques Delors, l’Institut océanographique Paul Ricard, l’IRD, le MedPAN et l’UNEP/PAM.
Le Maroc y a réaffirmé sa vision d’un co-pilotage équilibré entre les rives, où l’Océan devient un vecteur de paix, de stabilité et de prospérité partagée. L’enjeu est de taille : faire émerger une gouvernance océanique globale, inclusive et adaptée aux réalités des pays africains et méditerranéens, dans un contexte de pressions climatiques et géopolitiques croissantes.