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Partenariat euro-méditerranéen : Nasser Bourita plaide pour une vision audacieuse pour une Méditerranée co-construite
Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, avec Dubravka Suica, commissaire européenne pour la Méditerranée, dans le cadre de la 5e édition de la réunion ministérielle de l'Union européenne à Bruxelles le 14 juillet
Présent à Bruxelles pour la 5e Réunion ministérielle UE-Voisinage Sud, le ministre des Affaires étrangères du Maroc, Nasser Bourita, a appelé à une refonte ambitieuse du partenariat euro-méditerranéen. Il propose de passer d’un simple voisinage géographique à une alliance stratégique fondée sur la co-construction, la responsabilité partagée et une gouvernance renouvelée.
Le vrai voisinage est celui que l’on façonne ensemble
Dans une intervention remarquée à Bruxelles, Nasser Bourita a posé les jalons d’une refondation du partenariat euro-méditerranéen. Pour le chef de la diplomatie marocaine, il est urgent de sortir d’une logique de contiguïté pour entrer dans celle d’une alliance stratégique capable de répondre aux défis communs : sécurité, migration, instabilité économique et crises environnementales.
« Le vrai voisinage est celui que l’on façonne ensemble », a-t-il affirmé, estimant que la Méditerranée doit devenir un espace de convergence et non une simple frontière naturelle. Dans cet esprit, il a salué l’élaboration en cours du "Pacte pour la Méditerranée", présenté comme une opportunité historique de refonder la coopération entre les deux rives sur des bases nouvelles.
Une euro-méditerranée géopolitique pour un avenir partagé
Appuyant sa vision sur celle du Roi Mohammed VI, pour qui « la Méditerranée n’est pas un simple espace géographique, mais une responsabilité historique », M. Bourita a plaidé pour une “euro-méditerranée géopolitique”, construite sur trois piliers : agrégation, gouvernance inclusive et leadership partagé.
L’agrégation consisterait à mobiliser des instruments financiers conjoints, à initier des partenariats structurants, et à adopter des approches différenciées selon les spécificités de chaque pays. La gouvernance, quant à elle, gagnerait à s’affranchir du carcan de l’unanimité pour privilégier des “majorités d’engagement”, évitant les blocages institutionnels. Enfin, le leadership devrait être réellement partagé, intégrant les pays du Sud dans les mécanismes de co-décision.
Un rôle moteur pour le Maroc
Réaffirmant l’engagement actif du Maroc dans cette dynamique, M. Bourita a annoncé l’organisation, dans les mois à venir, d’une "Retraite de haut niveau sur l’avenir du partenariat euro-méditerranéen", qui réunira des experts et décideurs pour formuler des propositions concrètes en prévision du 30e anniversaire des Accords de Barcelone.
Le ministre a souligné que ce moment symbolique représente une occasion unique pour transformer l’esprit des Accords en une feuille de route opérationnelle, en capitalisant sur le Pacte pour la Méditerranée. « C’est une chance de créer un levier de stabilité, de prospérité et de rapprochement des peuples », a-t-il déclaré.
Une série d’entretiens bilatéraux pour consolider les alliances
En marge de cette réunion ministérielle, M. Bourita a multiplié les rencontres bilatérales avec plusieurs responsables européens. Accompagné de l’ambassadeur du Maroc auprès de l’UE, Ahmed Reda Chami, il s’est entretenu avec Dubravka Šuica, Commissaire européenne pour la Méditerranée, pour discuter de l’engagement du Royaume dans le futur pacte euro-méditerranéen
Il a également rencontré la Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas. Les deux responsables ont abordé les grands dossiers de coopération stratégique entre le Maroc et l’Union européenne, ainsi que les tensions régionales, notamment en Méditerranée, au Sahel et en Afrique du Nord.
Avec son homologue espagnol, José Manuel Albares, M. Bourita a fait le point sur la coopération bilatérale maroco-espagnole, dans un esprit de continuité du dialogue et de concertation. L’entretien a porté sur des projets conjoints en matière migratoire, économique et sécuritaire.
Enfin, le ministre a eu des échanges avec ses homologues de Jordanie, d’Égypte et de Slovénie, confirmant le rôle de la diplomatie marocaine comme pont de dialogue dans la région.
Un cap stratégique pour les 30 ans de Barcelone
Cette 5e Réunion UE-Voisinage Sud intervient à un moment charnière, à l’approche du 30e anniversaire de la Déclaration de Barcelone. C’est dans cette perspective que l’Union européenne doit présenter, à l’automne, son "Pacte pour la Méditerranée".
Le Maroc, par la voix de son chef de la diplomatie, entend y jouer un rôle moteur. En portant une vision structurée, articulée autour d’une ambition géopolitique claire, le Royaume confirme son statut de partenaire stratégique crédible et proactif sur la scène euro-méditerranéenne.