Ramadan 1447 : : un million de foyers

Ramadan 1447 : : un million de foyers

Le Roi lance à Salé l'opération nationale "Ramadan 1447" qui bénéficiera à plus de 4,3 millions de personnes (Photo Driss Ben Malek)

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À Salé, le lancement de l’opération nationale Ramadan 1447 par le Roi Mohammed VI, accompagné du Prince héritier Moulay El Hassan, n’est pas qu’un rituel de saison. C’est un acte politique, social et symbolique qui dit quelque chose de plus profond sur la nature du pacte marocain. Il rappelle une évidence : la solidarité n’est pas un slogan, c’est une mécanique d’État.

Une solidarité structurée

Il est des chiffres qui parlent plus fort que les commentaires. Plus de 4,3 millions de bénéficiaires, 305 millions de dirhams mobilisés, 34.550 tonnes de denrées distribuées à travers 1.304 communes. L’opération Ramadan 1447 n’est pas une photographie compassionnelle, c’est une architecture logistique et institutionnelle rodée depuis vingt-huit ans.

Depuis 1998, l’enveloppe globale dépasse 2,5 milliards de dirhams. Le nombre de familles bénéficiaires est passé de 34.100 à un million. On ne parle pas ici d’un geste ponctuel, mais d’une politique inscrite dans la durée, adossée à la Fondation Mohammed V pour la Solidarité et soutenue par l’ensemble de l’appareil public.

Le Registre social unifié : la fin des approximations

La nouveauté majeure tient au recours, explique la directrice de la communication à la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, Sanae Dardikh, au Registre social unifié. Fini le ciblage approximatif, fini les listes héritées de l’informel. L’identification des ménages repose désormais sur des indicateurs socio-économiques consolidés, cartographiés, vérifiables.

Les données sont éloquentes : 74 % des bénéficiaires vivent en milieu rural. Parmi eux, 432.092 personnes âgées, 211.381 veuves, 88.163 personnes en situation de handicap. Plus de 731.000 individus cumulant vulnérabilités et responsabilités familiales.

Ce n’est pas une charité aveugle. C’est une politique publique adossée à des bases de données, contrôlée par des comités provinciaux et locaux, suivie par des administrations centrales et territoriales. Lorsque l’on parle de transparence, la meilleure réponse reste l’organisation.

Un État mobilisé, pas une compassion improvisée

Derrière les paniers alimentaires remis symboliquement à dix chefs de famille, il y a une mobilisation massive. Plus de 4.800 cadres et agents, des assistantes sociales, des bénévoles, les services sociaux des Forces Armées Royales, la Gendarmerie Royale, l’ONSSA pour le contrôle sanitaire, l’ONCF et la Société nationale des transports pour la logistique.

Ce maillage dit une chose : la solidarité n’est pas déléguée à la seule générosité privée. Elle est portée par l’État, coordonnée, financée, contrôlée. Les ministères de l’Intérieur et des Habous participent au financement. Les collectivités territoriales s’impliquent. Les autorités locales supervisent.

Ceux qui, depuis des tribunes lointaines, réduisent le Maroc à une succession de fragilités feraient bien de regarder cette réalité : un million de chefs de ménage identifiés, des circuits d’acheminement sécurisés, une qualité des produits contrôlée. On peut débattre des politiques sociales, mais on ne peut nier leur existence ni leur structuration.

Ramadan 1447 rappelle que la cohésion sociale n’est pas un supplément d’âme. Elle est un socle. Elle est ce qui permet à une société de traverser les tensions, les crises climatiques, les incertitudes économiques sans se fragmenter.

Dans un monde où l’on parle beaucoup de filets sociaux et d’inclusion, le Maroc met en œuvre, année après année, une solidarité tangible. Perfectible, certes. Mais réelle, structurée, durable.

Ramadan 1447 n’est pas seulement une opération alimentaire. C’est un message : la stabilité marocaine ne se construit pas uniquement par les grands équilibres macroéconomiques. Elle se nourrit d’une attention constante aux marges. Et c’est peut-être là, précisément, que réside sa singularité.

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