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Sahara : avec le soutien de Nairobi au plan d’autonomie, c’est un verrou de taille qui s’ouvre en Afrique de l’Est – Par Hassan Zakariaa
Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, et son hôte Musalia Mudavadi, Premier ministre kényan à l’ouverture officielle de l’ambassade du Kenya à Rabat
En saluant le plan marocain d’autonomie comme la seule solution durable au différend du Sahara, le Kenya affirme une position claire, en maturation à Nairobi depuis deux ans, et cohérente avec sa stature régionale. Hassan Zakariaa revient sur cette prise de position qui, couplée à un renforcement sans précédent des relations bilatérales avec le Maroc, marque un tournant géopolitique majeur pour le Maroc en Afrique de l’Est.
Par Hassan Zakariaa
Le soutien du Kenya au plan d’autonomie : un nouveau tournant africain
La République du Kenya a franchi un cap diplomatique important en affirmant, depuis Rabat, son soutien sans équivoque au plan marocain d’autonomie comme « la seule approche durable » pour résoudre la question du Sahara. Cette déclaration, contenue dans un communiqué conjoint publié à l’issue d’une réunion entre Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, et Musalia Mudavadi, Premier ministre kényan, s’inscrit dans une dynamique africaine de plus en plus favorable à la vision portée par le Roi Mohammed VI depuis deux décennies.
Ce ralliement du Kenya au consensus international croissant en faveur de la proposition marocaine n’est pas anodin. En effet, le pays d’Afrique de l’Est pèse lourd sur la scène continentale : économie dynamique, stabilité politique relative, tradition diplomatique affirmée etc. Siège de nombreux organismes panafricains et internationaux, Nairobi apparaît comme un acteur pivot dans l’Union africaine. En s’alignant clairement sur la position du Royaume, le Kenya envoie un signal fort : celui d’une Afrique qui privilégie désormais le réalisme diplomatique et la recherche de solutions concrètes aux conflits hérités de la décolonisation qui persistent à lester la coopération continentale et à enrayer les politiques de développement régional.
Une dynamique bilatérale en pleine expansion
Le soutien du Kenya à la cause nationale marocaine s’inscrit dans un climat de rapprochement soutenu entre Rabat et Nairobi. Depuis l’élection du président William Ruto en 2022, les relations entre les deux pays connaissent un nouvel élan, matérialisé au cours de cette viiste du premier ministre kényan, par notamment l’ouverture officielle de l’ambassade du Kenya à Rabat. Cet acte hautement symbolique coïncide avec le 60e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux États et marque une volonté commune de passer à un partenariat stratégique approfondi.
Ainsi, la rencontre entre MM. Bourita et Mudavadi s’est soldée par la signature de plusieurs accords de coopération, couvrant des domaines aussi variés que le commerce, la formation professionnelle, le logement ou encore la fiscalité. Les deux parties ont également annoncé la tenue prochaine de la première Commission mixte Maroc-Kenya, destinée à encadrer et renforcer les échanges bilatéraux.
Le Kenya, porte d’entrée du Maroc en Afrique de l’Est
Dans ses déclarations, Nasser Bourita a souligné le rôle central que joue le Kenya dans l’architecture politique et économique du continent africain. « Le Maroc considère le Kenya comme un acteur majeur de stabilité et de paix en Afrique », a-t-il affirmé, saluant le développement économique du pays et sa position stratégique comme plateforme pour l’Afrique de l’Est.
Cette reconnaissance mutuelle des rôles respectifs ouvre la voie à une coopération plus large dans des secteurs clés : sécurité alimentaire, investissements croisés, transition énergétique, mais aussi facilitation des échanges humains. À cet égard, les deux pays ont décidé de faciliter l’accès réciproque à leurs territoires via des procédures de visa électroniques, en attendant des mesures plus poussées de mobilité.
Une vision commune pour une Afrique responsable
Le soutien affiché du Kenya au plan marocain pour le Sahara ne relève pas seulement de la diplomatie bilatérale : il s’inscrit dans un courant africain de responsabilisation croissante. En rompant avec les postures statiques faussement idéologique qui ont tant fait mal et continuent à l’Afrique, Nairobi affirme qu’un continent stable ne peut se construire que sur des bases réalistes et souveraines. En ce sens, la reconnaissance du plan d’autonomie comme solution politique sérieuse s’aligne avec la volonté de plusieurs États africains d’en finir avec les impasses diplomatiques.
Le Maroc, de son côté, voit dans cette convergence une confirmation de son ancrage africain et de l’efficacité de la vision royale en matière de coopération Sud-Sud. Le modèle maroco-kenyan, qui mêle concertation politique, solidarité économique et diplomatie pragmatique, pourrait ainsi inspirer de nouveaux partenariats sur le continent.