Santé au Maroc : une réforme systémique pour une souveraineté sanitaire durable, plaide Akhannouch

Santé au Maroc : une réforme systémique pour une souveraineté sanitaire durable, plaide Akhannouch

Aziz Akhannouch à la Chambre des représentants - Le lien est direct entre la santé, la souveraineté nationale et la capacité du Royaume à accueillir les grands événements internationaux. Le Maroc pose ainsi les fondements d'un modèle de développement inclusif et résilient.

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Le Maroc engage une transformation profonde de son système de santé. Le gouvernement, affirme Aziz Akhannouch, place ce chantier au cœur du développement économique et social, misant sur un arsenal législatif, des investissements massifs, une gouvernance régionale et une politique du médicament ambitieuse. Tour d'horizon d'une réforme aux multiples facettes telle qu’exposée par le chef du gouvernement devant la Chambre des représentants.

Un socle juridique solide pour refonder la santé publique

Le processus de refonte du système de santé s'appuie sur une architecture juridique inédite. Le Chef du gouvernement a salué l'adoption de plusieurs lois fondatrices : la loi-cadre sur le système national de santé, la création de la Haute Autorité de la santé, des Groupements sanitaires territoriaux (GST), de la fonction sanitaire, ainsi que de deux agences nationales : celle du médicament et celle du sang. Ces textes fixent les bases d'une gouvernance moderne, décentralisée et transparente.

Un budget qui a presque doublé

L'effort budgétaire est à la hauteur de l'ambition. Le budget du secteur de la santé est passé de 19,7 à 32,6 milliards de dirhams entre 2021 et 2025, soit une augmentation de plus de 65 %. Cette enveloppe finance la réhabilitation de 1.400 centres de santé pour 6,4 milliards de dirhams, dont 949 sont déjà rénovés.

Parallèlement, un programme intégré prévoit la création ou la modernisation des Centres hospitaliers universitaires (CHU) à Agadir, Laâyoune, Guelmim, Béni Mellal, Errachidia, ainsi que la reconstruction de l'hôpital Ibn Sina à Rabat. Une enveloppe de 1,7 milliard est consacrée à la modernisation des CHU de Fès, Casablanca, Marrakech, Oujda et Rabat.

Régionalisation : pour une santé au plus près du citoyen

La nouvelle gouvernance territoriale repose sur les Groupements sanitaires territoriaux. Ceux-ci visent à adapter l'offre de soins aux besoins régionaux en tenant compte des spécificités épidémiologiques, géographiques et sociales. Le décret encadrant ces structures est publié, et le GST de Tanger-Tétouan-Al Hoceima a déjà été lancé.

Chaque groupement pourra définir ses propres priorités d'investissement, renforcer la complémentarité des établissements et réduire les déserts médicaux. Les commissions régionales de coordination de la formation permettront d'harmoniser les parcours des étudiants en santé.

Ressources humaines : revalorisation et lutte contre l'émigration

La réussite de la réforme passe par l'engagement des professionnels de santé. Le gouvernement a amélioré la grille indiciaire des médecins, pharmaciens et dentistes (indice 509), avec une augmentation salariale de 3.800 dirhams mensuels. Les infirmiers et techniciens bénéficient d'une promotion plus rapide et d'indemnités de risque revalorisées (jusqu'à 1.400 dirhams).

La loi sur la fonction sanitaire introduit une part variable liée à l'activité, afin de réduire l'écart entre public et privé et de freiner la fuite des compétences. Des incitations sont aussi prévues pour l'exercice dans les zones rurales et défavorisées.

Digitalisation : vers un dossier médical partagé

La transition numérique du secteur est un axe central. Un système d'information sanitaire unifié est en cours de déploiement dans les centres de premier niveau. Il permettra une gestion intégrée des dossiers médicaux, de la facturation et des ressources, tout en facilitant la recherche et l'innovation. L'objectif est de placer le citoyen au centre du système de soins.

Pharmacie : vers une souveraineté sanitaire nationale

Le Maroc a créé l'Agence marocaine du médicament et une politique ambitieuse de baisse des prix, notamment via l'exonération de TVA sur plus de 4.500 médicaments génériques. Aujourd'hui, 70 % des besoins en médicaments sont couverts localement, grâce à 53 unités industrielles.

Dans la province de Ben Slimane, une usine de production de vaccins (MARBIO) est en construction. Elle produira 5,5 millions de doses entre 2025 et 2026 pour répondre aux besoins nationaux et africains. Trois conventions d'importation ont été signées dans ce cadre.

Pour un Maroc souverain et juste

Aziz Akhannouch insiste sur le caractère systémique de cette réforme. Les premiers résultats tangibles sont attendus à l'horizon de cinq ans, mais les effets structurels s'étaleront sur une décennie. Le lien est direct entre la santé, la souveraineté nationale et la capacité du Royaume à accueillir les grands événements internationaux. Le Maroc pose ainsi les fondements d'un modèle de développement inclusif et résilient.

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