Suspension d’Israël de l’Association Internationale de Sociologie : Ces combats perdus faute d’avoir été engagés

Suspension d’Israël de l’Association Internationale de Sociologie : Ces combats perdus faute d’avoir été engagés

Un dialogue frontal avec la délégation israélienne — dans le cadre de la rencontre — aurait pu mettre à nu, de manière argumentée et publique, les rouages de l’apartheid

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La suspension d’Israël de l’Association Internationale de Sociologie, saluée comme une ‘’victoire’’ par l’Association Sociologique Marocaine, soulève une question de fond : fallait-il expulser ou exposer ? Derrière ce geste dérisoire se cache peut-être une occasion manquée de confronter, sur le terrain du savoir, les dérives politiques d’un régime en crise. Ce point de vue, que je partage entièrement et bien plus, m’a été envoyé par un ami, R.L., avec lequel je discute de temps en temps via WhatsApp. Je lui ai demandé de le publier quitte à ce que ce soit sous des initiales, ses fonctions l’astreignant à l’obligation de réserve. Car j’ai bien peur que ce ‘’bannissement’’ soit une victoire à la Pyrrhus. En refusant le débat avec la délégation israélienne, la communauté universitaire internationale s’est peut-être privée d’un moment de vérité, substituant au choc des idées le confort d’un rejet sans écho durable. Le ‘’front de refus’’ et autre trois Niet à Israël ont fait leur temps et la preuve de leur stérilité. Et encore une fois la vertu du débat et l’occasion de dire à des Israéliens certaines vérité que le brouhaha médiatique sioniste et pro-sioniste couvre d’un voile d’impudeur, se retrouve victime d’atavismes idéologiques recyclées.  Naïm Kamal

Un bannissement idéologique aux dépens du débat$

L’Association Sociologique Marocaine s’est récemment félicitée d’avoir obtenu la suspension de l’adhésion d’Israël à l’Association Internationale de Sociologie (AIS). Présentée comme une victoire historique, cette décision relève pourtant davantage d’un alignement idéologique que d’un acte intellectuellement audacieux.

Plutôt que de favoriser un échange rigoureux et public sur les dynamiques internes de la société israélienne — notamment sur la montée de l’extrême droite, les politiques d’occupation, et la brutalité du régime actuel envers les Palestiniens — cette exclusion ferme la porte à un débat nécessaire, au sein même de la communauté universitaire mondiale.

L’université comme lieu de confrontation, pas de silence

En cédant à une logique de boycott total, à la fois inspirée en partie par des positions géopolitiques extrêmes, notamment celles de l’Iran, on évacue la complexité du sujet. On perd l’opportunité d’entendre, confronter et documenter, dans une enceinte académique internationale, les voix dissidentes israéliennes, les critiques internes, et les récits sociologiques qui pourraient avoir un véritable écho mondial.

Un dialogue frontal avec la délégation israélienne — dans le cadre de la rencontre — aurait pu mettre à nu, de manière argumentée et publique, les rouages de l’apartheid, la dynamique du nationalisme religieux, et la gestion militarisée du conflit. Et placer les participants israéliens en face d’un miroir implacable.

Un tel débat, consigné dans les actes officiels, aurait eu une portée bien plus profonde que cette mesure de bannissement, qui reste, en fin de compte, symbolique et isolée.

En sacrifiant la confrontation intellectuelle sur l’autel du rejet, on troque la puissance du savoir contre la facilité du silence. R.L.

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