Taux directeur : face aux incertitude ‘’BAM reste en alerte permanente et se réserve le droit d’intervenir rapidement’’

Taux directeur : face aux incertitude ‘’BAM reste en alerte permanente et se réserve le droit d’intervenir rapidement’’

Le Wali de Bank Al Maghrib Abdellatif Jouahri

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Face à un climat international marqué par des crises géopolitiques et économiques, Bank Al-Maghrib (BAM) maintient son taux directeur à 2,25 %. Une décision justifiée par le Wali Abdellatif Jouahri, qui souligne la nécessité d’une évaluation rigoureuse et continue des risques externes. Par ailleurs, la Banque centrale marocaine accélère ses chantiers internes, notamment le scoring des TPE, la titrisation des créances en souffrance et le cadre prudentiel pour Tamwilcom.

Un maintien prudent face aux incertitudes mondiales

Réuni pour sa deuxième rencontre trimestrielle de l’année 2025, le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) a choisi de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25 %. Cette décision, annoncée mardi à Rabat par le Wali Abdellatif Jouahri, est largement influencée par les fortes incertitudes internationales actuelles.

Le contexte mondial est particulièrement troublé : tensions commerciales accrues avec les nouvelles politiques économiques américaines, conflits persistants en Ukraine, tensions exacerbées au Moyen-Orient et surtout l'affrontement militaire récent entre l'Iran et Israël, sans oublier la prolifération des fausses informations qui complique l’analyse économique.

Dans ces conditions, explique M. Jouahri dans un ppoint de presse, il devient extrêmement délicat de prévoir précisément les impacts sur l’économie marocaine, notamment en matière d'inflation. Le Conseil préfère ainsi opter pour une prudence stratégique, s’appuyant sur une surveillance étroite et constante des données disponibles.

Le Wali assure que BAM reste en alerte permanente et se réserve le droit d’intervenir rapidement pour ajuster sa politique monétaire avant la prochaine réunion trimestrielle, si la situation venait à évoluer.

Une méthodologie nationale de scoring pour les TPE

Sur le front interne, BAM multiplie les initiatives pour renforcer l’accès au financement des Très Petites Entreprises (TPE). Abdellatif Jouahri a annoncé qu’une méthodologie nationale de notation « scoring », en partenariat avec le secteur bancaire, Tamwilcom et Maroc PME, est en cours de finalisation.

Ce nouveau référentiel commun devrait améliorer sensiblement les conditions de financement des TPE en établissant une évaluation homogène et transparente. De plus, BAM travaille activement à la finalisation d’une charte spécifique dédiée aux TPE, censée compléter le récent programme de soutien bancaire lancé en mars dernier.

« Nous espérons signer prochainement cette charte et créer une structure de suivi efficace pour accompagner les TPE qui représentent 88 % du tissu économique marocain », précise M. Jouahri.

Directive européenne : bientôt un accord Maroc-France ?

Autre dossier majeur évoqué par Abdellatif Jouahri : la directive bancaire européenne CRD VI, qui impose des restrictions aux banques étrangères opérant depuis leur pays d'origine dans l’UE. Le Wali a annoncé une réunion prévue en juillet avec le Trésor français pour conclure un accord permettant aux banques marocaines de poursuivre leurs activités en Europe.

« Cet accord est essentiel pour maintenir l’activité relais des banques marocaines auprès des Marocains résidant à l’étranger (MRE). Une fois approuvé par la Commission européenne, il ouvrira également la voie à des négociations similaires avec d’autres pays comme l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas et l’Italie », souligne Jouahri.

Une task-force regroupant BAM, les ministères concernés et les banques marocaines a été constituée pour défendre les intérêts nationaux auprès de la Commission européenne et clarifier les enjeux stratégiques de ce dossier, particulièrement sensible pour la balance des paiements du Royaume.

Créances en souffrance : première opération de titrisation approuvée

Dans le cadre de l’amélioration des bilans bancaires, BAM vient d’autoriser une première opération de titrisation de créances en souffrance, avec une deuxième opération actuellement en examen. Toutefois, Jouahri rappelle que des contraintes fiscales restent à résoudre pour optimiser pleinement ce mécanisme.

« Nous travaillons à lever les contraintes fiscales restantes, un point crucial pour fluidifier les bilans des banques et renforcer leur solvabilité », précise-t-il, ajoutant que le cadre réglementaire progresse notamment grâce à une meilleure définition du transfert automatique des créances.

Un cadre prudentiel spécifique pour Tamwilcom

Enfin, BAM élabore actuellement, en collaboration étroite avec Tamwilcom, un cadre prudentiel spécifique à cette entité. Ce dispositif réglementaire adapté vise à mieux répondre aux réalités opérationnelles de Tamwilcom, distinctes de celles des banques traditionnelles.

« Nos travaux avancent positivement. Ce cadre permettra une régulation adaptée et spécifique à chacune des activités de Tamwilcom », conclut Abdellatif Jouahri, confirmant ainsi une volonté affirmée de moderniser et d’encadrer plus efficacement les mécanismes financiers nationaux.

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