Santé
Deux études nationales ouvrent une nouvelle ère pour la prise en charge de l’autisme au Maroc
L’étude nationale dresse le premier diagnostic exhaustif de la situation de l’autisme dans le Royaume. Menée dans trois régions pilotes, elle repose sur une approche à la fois quantitative et qualitative, fondée sur des données de terrain, des témoignages de familles et des statistiques rigoureuses.
Le Collectif Autisme Maroc (CAM), en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), a présenté à Rabat deux études nationales inédites sur l’autisme. Ces travaux, fruits d’une recherche approfondie, dressent un diagnostic scientifique de la réalité de l’autisme au Maroc et proposent un plan d’action intersectoriel pour une meilleure inclusion des personnes autistes dans les politiques publiques.
Un diagnostic inédit pour comprendre la réalité de l’autisme
Présentées lors d’une conférence nationale, les deux études — L’étude nationale sur l’autisme au Maroc et le Plan intersectoriel pour l’autisme au Maroc (PIAM) — constituent une avancée majeure dans la connaissance et la reconnaissance du spectre autistique au Maroc. Réalisées avec la contribution de chercheurs, de professionnels de santé, d’éducateurs et d’acteurs de la société civile, elles visent à établir une base scientifique solide pour guider les politiques publiques.
L’étude nationale dresse le premier diagnostic exhaustif de la situation de l’autisme dans le Royaume. Menée dans trois régions pilotes, elle repose sur une approche à la fois quantitative et qualitative, fondée sur des données de terrain, des témoignages de familles et des statistiques rigoureuses. Elle offre une vision intégrée de la prise en charge, mobilisant les secteurs de la santé, de l’éducation et de la protection sociale.
Au-delà des chiffres, cette étude met en évidence les inégalités d’accès aux soins, aux structures éducatives adaptées et à l’accompagnement social, tout en soulignant la résilience des familles confrontées à des défis quotidiens.
Le plan intersectoriel : une feuille de route pour l’action
Le Plan intersectoriel pour l’autisme au Maroc (PIAM) propose une vision stratégique articulée autour de six axes majeurs :
- La gouvernance et la coordination institutionnelle
- Le dépistage précoce et l’accès équitable aux soins
- L’éducation inclusive
- L’insertion professionnelle
- La recherche scientifique et l’innovation
- La sensibilisation et la lutte contre la stigmatisation
Ce plan appelle à une coopération étroite entre les ministères, les collectivités territoriales, la société civile et les partenaires internationaux. Il vise à transformer la prise en charge de l’autisme en un chantier national structuré, intégrant les dimensions sanitaire, sociale et éducative dans une logique de droits humains.
La présidente du CAM, Afaf Affane Aji, a insisté sur la nécessité d’élaborer des politiques publiques fondées sur des données fiables et des approches réalistes. Selon elle, ces études constituent désormais une référence essentielle pour orienter la réforme des politiques publiques et garantir aux personnes autistes une égalité réelle d’accès aux services et aux opportunités.
De la connaissance à l’action
Les participants à la conférence ont salué la portée de ces études tout en rappelant l’urgence de passer du diagnostic à l’opérationnalisation. Ils ont plaidé pour la mise en œuvre rapide du plan intersectoriel, la coordination des efforts entre les différents acteurs et la création de mécanismes durables pour améliorer la qualité de vie des personnes autistes et de leurs familles.
L’accent a également été mis sur la coopération entre l’État, la société civile et les agences onusiennes, afin de traduire les recommandations en programmes concrets, en phase avec les Objectifs de développement durable (ODD) et les engagements internationaux du Maroc.
Ces travaux marquent une étape décisive dans la reconnaissance des droits des personnes autistes et confirment l’émergence d’une nouvelle approche inclusive et scientifique de la santé mentale et du handicap au Maroc. En plaçant la recherche au service de l’action publique, ils ouvrent la voie à une société plus équitable, où la différence devient une composante de la richesse collective.