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À l’ONU, Amina Bouayach alerte sur l’écart entre engagements internationaux et réalité migratoire
La présidente du Conseil national des droits de l’Homme, Amina Bouayach
Intervenant à New York lors du 2e Forum international d’examen des migrations, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme, Amina Bouayach, a appelé à réduire l’écart entre les engagements internationaux et la situation vécue par les migrants. Elle a insisté sur le rôle des institutions nationales des droits humains dans la surveillance des violations, l’accompagnement des victimes et la promotion de politiques migratoires fondées sur les droits et la dignité humaine.
Des migrations marquées par des réalités humaines difficiles
La présidente du Conseil national des droits de l’Homme, Amina Bouayach, a estimé que les questions migratoires ne peuvent être réduites à des statistiques ou à des débats politiques. S’exprimant mercredi à New York dans le cadre du 2e Forum international d’examen des migrations, elle a souligné que les migrations révèlent avant tout des trajectoires humaines souvent marquées par la souffrance et les déséquilibres dans la gestion internationale de cette question.
Également présidente de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’Homme, elle a indiqué que les témoignages présentés durant le forum étaient largement marqués par des tragédies humaines. Selon elle, ces situations illustrent le fossé persistant entre les engagements pris au niveau international et la réalité vécue quotidiennement par les migrants.
Le rôle des institutions nationales des droits humains
Dans son intervention, Mme Bouayach a insisté sur l’importance des institutions nationales des droits humains dans la réduction de cet écart. Elle a rappelé que ces structures jouent un rôle essentiel grâce à leur travail de surveillance des violations, de documentation des abus et de soutien aux victimes.
Elle a également mis en avant leur capacité à porter les préoccupations des migrants auprès des autorités nationales et des mécanismes internationaux. À travers des réseaux comme la GANHRI, ces institutions contribuent, selon elle, à inscrire les droits des migrants au cœur des processus de décision.
La présidente de la GANHRI a ajouté que ces organismes participent aussi à l’identification des déséquilibres structurels liés aux politiques migratoires et au développement de mécanismes de suivi plus efficaces.
Vers une approche fondée sur les droits et la dignité
Amina Bouayach a plaidé pour de nouvelles approches de gestion des migrations reposant sur la protection des droits humains et la promotion de la dignité des personnes migrantes.
Elle a estimé que la reconnaissance pleine et entière du rôle des institutions nationales des droits de l’Homme dans les mécanismes internationaux de surveillance constitue désormais une nécessité. Selon elle, leur contribution est essentielle pour renforcer la responsabilité des États et garantir le respect des droits fondamentaux des migrants.
Huit ans après le Pacte de Marrakech
La présidente du CNDH a conclu son intervention en considérant que la protection des droits humains dans le contexte migratoire représente un véritable test pour la communauté internationale.
Huit ans après l’adoption du Pacte mondial de Marrakech pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, elle a appelé à traduire davantage les engagements internationaux en actions concrètes sur le terrain.
Le débat a réuni plusieurs responsables et représentants d’organisations internationales, parmi lesquels le commissaire européen aux Affaires intérieures et aux migrations, Magnus Brunner, la directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations, Amy Pope, ainsi que la ministre colombienne des Affaires étrangères, Rosa Mapy.