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Avec Ali Hassan, c’est une voix et un timbre de voix de la radio, de la télévision et du cinéma marocains qui vont nous manquer
Le décès d’Ali Hassan suscite une vive émotion dans le milieu cinématographique marocain
Journaliste, animateur, passionné de cinéma, et à l’occasion acteur, Ali Hassan s’est éteint lundi à Rabat, laissant derrière lui l’image d’une figure incontournable de la télévision marocaine et de la culture cinématographique. Sa voix, ses émissions et son engagement ont marqué plusieurs générations de téléspectateurs et de cinéphiles.
Un parcours médiatique exemplaire
Né en 1948, Ali Hassan débute sa carrière professionnelle en 1964 à la Radiodiffusion Télévision Marocaine, devenue aujourd’hui la Radio Télévision Marocaine (RTM), ancêtre de la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (SNRT). Très vite, il s’impose comme l’une des voix et l’un des visages familiers du petit écran. De 1969 à 1987, il présente le journal télévisé ainsi que le journal parlé à la radio, avec une voix grave et posée qui restera dans les mémoires.
Son empreinte médiatique s’élargit ensuite à la culture, notamment à travers les programmes qu’il conçoit et anime. En 1982, il est aux cotés de Noureddine Sail dans le lancement de la première émission de la radio marocaine Chaine inter, consacrée au Cinéma, Ecran Noir. De 1991 à 2003, son émission culte Ciné-Jeudi devient une référence pour les passionnés du 7e art. De 2003 à 2014, il poursuit son travail de vulgarisation cinématographique avec Ciné-club, offrant au public marocain une fenêtre sur la production nationale et internationale. À la radio, il anime également Entr’Acte pendant plus de cinq décennies, entre 1970 et 2015, confirmant son rôle de passeur de culture.
Un homme de cinéma devant et derrière la caméra
Ali Hassan ne s’est pas contenté de commenter et de présenter le cinéma : il en a aussi été acteur. Il a participé à plusieurs longs métrages marocains devenus emblématiques, tels que Le Grand voyage de Mohamed Abderrahman Tazi, Afghanistan pourquoi ? de Abdellah Masbahi, Haj Mokhtar Soldi de Mostafa Darkaoui, ou encore Les Hommes libres d’Ismaïl Ferroukhi. On le retrouve aussi dans deux courts métrages du réalisateur franco-algérien Mahmoud Zemmouri.
Son timbre de voix inimitable l’a conduit à prêter sa voix pour des doublages en langue française de séries et de films. Il a également commenté de nombreux documentaires, dont les célèbres Actualités Marocaines entre 1973 et 1982. Véritable touche-à-tout, il a su conjuguer sa passion pour l’image et sa rigueur journalistique pour transmettre au plus grand nombre le goût du cinéma et de la musique.
Un engagement au service de la culture
En dehors de ses activités de journaliste et d’animateur, Ali Hassan a joué un rôle actif dans les institutions liées au cinéma. Conseiller du ministre de la Communication entre 1998 et 2000, il a contribué à façonner les politiques culturelles. Il a présidé le jury de la presse au Festival du Cinéma Francophone de Safi en 2004 et a été membre de la commission du Fonds d’Aide à la Production Cinématographique Nationale entre 2012 et 2014. Son expertise l’a également conduit à siéger au jury du Festival du Cinéma Maghrébin d’Alger, où il a défendu avec conviction les productions du Sud.
L’hommage des siens
Le décès d’Ali Hassan suscite une vive émotion dans le milieu cinématographique marocain. Le critique et cinéaste Driss Chouika a tenu à lui rendre hommage : « Ali Hassan a été, après feu Noureddine Sail, la personne avec laquelle j’ai échangé le plus intensivement sur les films et le cinéma en général. Toute sa vie tournait autour du cinéma. Chez lui, il avait aménagé un salon transformé en Home Cinéma où il visionnait des films de tous genres, jour et nuit. Il était une véritable encyclopédie vivante du cinéma. » Pour Naïm Kamal, journaliste directeur de Quid.ma, ‘’c’est la perte d’un ami qui a longtemps comblé les lacunes de ma culture cinématographique’’, alors que pour le journaliste Saîd Jdidi, longtemps son collègue à la RTM, c’est ‘’une icône qui s’en allée’. Par ces mots, c’est toute une communauté qui reconnaît en lui une mémoire, une passion et une générosité sans limites pour transmettre le savoir et l’amour du 7e art.