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Chiens errants : le Maroc renforce son action dans le respect du bien-être animal selon le ministre de l’Intérieur
Abdelouafi Laftit a dénoncé des attaques médiatiques ciblant le Maroc, notamment sur la question des chiens errants. Ces campagnes, selon lui, véhiculent de fausses informations, déconnectées de la réalité du terrain et des efforts tangibles engagés par les autorités marocaines.
Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, défend la stratégie nationale face aux campagnes médiatiques critiques et annonce des mesures concrètes pour endiguer la prolifération des animaux errants, tout en garantissant leur protection.
Une approche basée sur l’équilibre entre sécurité et respect de la vie animale
Lors d’une séance de questions orales à la Chambre des conseillers, tenue mardi 22 juillet 2025 à Rabat, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit a affirmé que toutes les opérations menées pour gérer le phénomène des chiens errants sont réalisées dans le strict respect des principes du bien-être animal. Il a insisté sur l’implication des associations de protection animale dans les dispositifs mis en œuvre à travers le Royaume.
Le ministre a souligné que la loi n°19.25, relative à la protection des animaux errants et à la prévention des dangers qu’ils peuvent représenter, incarne une vision équilibrée. Elle garantit à la fois le droit à la vie de ces animaux et la sécurité sanitaire et physique des citoyens. Cette législation offre un cadre juridique structurant pour conjuguer prise en charge des animaux et préservation de l’ordre public.
Réponse aux critiques internationales et action locale renforcée
Dans son intervention, Abdelouafi Laftit a dénoncé des attaques médiatiques ciblant le Maroc, notamment sur la question des chiens errants. Ces campagnes, selon lui, véhiculent de fausses informations, déconnectées de la réalité du terrain et des efforts tangibles engagés par les autorités marocaines.
Il a rappelé que plusieurs circulaires ont été envoyées aux collectivités territoriales, les invitant à équiper et aménager des centres de collecte et d’hébergement pour les animaux errants. Elles sont également appelées à choisir les méthodes de gestion les plus efficaces, avec les ressources nécessaires à leur bon fonctionnement.
Des équipes spécialisées et bien équipées assurent par ailleurs une collecte régulière des chiens errants, tout en évitant de récupérer les animaux identifiés, stérilisés et numérotés. Cette distinction vise à soutenir les politiques de limitation de la reproduction sans recourir à des pratiques nuisibles.
Plus de 240 millions de dirhams investis en cinq ans
Abdelouafi Laftit a annoncé que près de 240 millions de dirhams ont été mobilisés au cours des cinq dernières années pour mettre en place et équiper des centres pour animaux errants. Ces investissements couvrent aussi l’achat de matériels de collecte et d’équipements pour la stérilisation, dans le respect des standards internationaux.
Le ministre a également mis en avant le rôle d’un accord-cadre signé en 2019 entre le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Santé, l’Office national de sécurité sanitaire des aliments (ONSSA) et l’Ordre national des vétérinaires. Cette convention privilégie la stérilisation chirurgicale et la vaccination contre la rage pour stabiliser progressivement la population canine errante, avant d’en réduire le nombre de manière durable.
Un réseau national de dispensaires en cours de développement
Parmi les actions structurantes engagées, le ministre a annoncé la réalisation de plus de 20 dispensaires animaliers d’ici fin juillet, dont celui de Rabat, déjà opérationnel. D’autres établissements sont en voie d’achèvement : cinq dispensaires ont atteint 95 % de taux de réalisation à Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir et Oujda ; ceux d’Ifrane et Sidi Slimane sont en phase de construction.
Le financement de cinq nouveaux dispensaires à Kénitra, Errachidia, Khémisset, Mediouna et M’diq-Fnideq a été approuvé, tandis que sept autres projets sont à l’étude dans les villes de Dakhla, Fès, Chichaoua, Fahs Anjra, Taroudant et Sidi Kacem.
Un complexe vétérinaire mobile comme modèle pilote
Autre innovation annoncée : la construction d’un complexe vétérinaire mobile à Kénitra, destiné à devenir un modèle de prise en charge itinérante des chiens et chats errants. Ce complexe permettra des interventions ciblées dans les zones qui ne disposent pas encore d’infrastructures vétérinaires permanentes.
Le complexe proposera des services complets : vaccination, stérilisation, traitement médical et hébergement temporaire. Le ministre a souligné la souplesse et l’efficacité de cette structure, appelée à se déplacer dans différentes régions selon les besoins identifiés, avec la perspective de généraliser ce modèle sur le plan national après évaluation.
Une politique de prévention ancrée dans la santé publique
Abdelouafi Laftit a également abordé le volet sanitaire, précisant que son ministère transfère annuellement 40 millions de dirhams à l’Institut Pasteur du Maroc pour financer l’achat de vaccins et de sérums contre la rage. Ces produits sont ensuite distribués à 565 centres de santé, y compris dans les zones rurales, via le ministère de la Santé.
Les collectivités locales participent aussi à l’effort national en consacrant 40 millions de dirhams chaque année à l’achat de ces vaccins pour leurs propres centres (au nombre de 115). Ce double canal d’approvisionnement garantit une large couverture nationale en matière de prévention antirabique, avec une attention particulière aux zones les plus vulnérables.
Une gestion rationnelle et concertée du phénomène
La stratégie nationale adoptée par le ministère de l’Intérieur repose ainsi sur une approche intégrée, conjuguant sécurité publique, respect de la vie animale, coopération institutionnelle et participation des acteurs associatifs. Elle ambitionne non seulement de contenir le phénomène des chiens errants, mais aussi de construire un modèle durable, transparent et respectueux des principes de santé publique et de droits des animaux.
Le ministre a enfin rappelé que cette approche, fondée sur la stérilisation et la vaccination, s’inscrit dans une logique de partenariat, d’efficacité et de respect de la dignité animale, dans un contexte où la question des animaux errants suscite une attention croissante à l’échelle nationale et internationale.