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Du terrain à la nation, le sens d’une victoire marocaine – Par Tallaa Saoud Al-Atlassi
Les supporters marocains célèbrent leur victoire à Agadir après le match de quart de finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) de football entre le Cameroun et le Maroc, disputé à Rabat le 9 janvier 2026. (Photo de FRANCK FIFE / AFP)
La qualification du Maroc pour la finale de la Coupe d’Afrique des nations a dépassé le cadre strictement sportif. Talaa Saoud Al Atlassi revient sur un évènement qui a libéré une énergie collective mêlant fierté nationale, confiance retrouvée et sentiment d’un alignement presque providentiel entre victoires sportives, dynamiques diplomatiques, pluies bienfaitrices et renouveau symbolique. Du stade aux foyers les plus modestes, le pays a vibré à l’unisson, porté par une joie profonde et structurante.

Talaa Saoud Al Atlassi
Une victoire qui dépasse le terrain
Le coup de sifflet final de la demi-finale n’a pas seulement scellé un résultat sportif. Il a déclenché une célébration nationale d’une ampleur exceptionnelle. La performance des joueurs, leur engagement total, la discipline tactique et l’efficacité du staff technique conduit par Walid Regragui ont offert au public marocain bien plus qu’un match gagné. Ils ont ravivé un sentiment collectif d’accomplissement, cinquante ans après le dernier sacre continental, dans une communion des grands moments entre l’équipe et son peuple.
Dans les tribunes comme dans les rues, l’émotion s’est exprimée sans calcul. Chants, larmes, sourires et prières ont dessiné le visage d’un pays fier, conscient de ses forces et de son parcours. Cette victoire s’est inscrite comme un moment de respiration nationale, une parenthèse de bonheur assumé.
Un optimisme enraciné dans l’histoire
Ce qui frappe dans cette séquence, c’est la nature de la joie marocaine. Elle n’est ni naïve ni aveugle. Elle est lucide, nourrie par une conscience aiguë des difficultés économiques et sociales, mais aussi par une mémoire longue de résilience. Le Maroc ne se vit ni comme un eldorado, ni comme une terre condamnée. Il avance avec un optimisme hérité, façonné par des générations qui ont appris à construire dans la durée.
Les scènes de liesse observées ces derniers jours traduisent cette capacité singulière à célébrer sans renier la complexité du réel. La victoire sportive agit ici comme un catalyseur d’espérance, rappelant que le collectif peut encore produire du sens et de la cohésion.
Victoire sportive et affirmation diplomatique
Cet élan national s’inscrit dans un contexte plus large de reconnaissance internationale croissante des choix stratégiques du Royaume. Cinquante années de persévérance ont progressivement consolidé la position marocaine sur la question de l’unité territoriale. Les résolutions internationales en faveur de la solution d’autonomie sous souveraineté marocaine ont renforcé le sentiment d’une victoire diplomatique durable.
Le 31 octobre s’impose désormais comme une date symbolique, appelée à être célébrée comme l’aboutissement d’une bataille politique et diplomatique menée avec constance. Cette reconnaissance nourrit la fierté nationale et alimente la confiance collective dans la trajectoire du pays.
La pluie devance accompagne et la ferveur
Comme un clin d’œil du calendrier, le retour des pluies après une longue période de sécheresse est venu accompagner cette séquence euphorique. Dans un pays où l’agriculture structure l’économie et l’imaginaire collectif, l’eau ne se limite pas à un enjeu climatique. Elle est porteuse de stabilité, de projection et de sérénité sociale.
Ces précipitations ont dissipé une partie des inquiétudes et renforcé l’idée d’un renouveau global. Elles ont donné à la joie sportive une dimension presque symbolique, comme si la terre elle-même répondait à l’élan populaire.
Une répétition grandeur nature avant 2030
La Coupe d’Afrique organisée au Maroc a également servi de test grandeur nature en vue de la Coupe du monde 2030, que le Royaume coorganisera. L’événement a démontré la capacité du pays à accueillir des compétitions de grande envergure, à mobiliser ses infrastructures et à garantir une organisation fluide.
Au-delà des aspects logistiques, cette CAN a projeté l’image d’un Maroc confiant, capable de contribuer à la joie collective africaine. Elle a renforcé la crédibilité du pays sur la scène sportive internationale et nourri un sentiment de fierté légitime.
Le sport, moteur africain et social
Les finales de la Coupe d’Afrique ne sont jamais de simples matchs. Elles condensent des enjeux identitaires, symboliques et économiques. Pour le Maroc, cette compétition a été vécue comme un levier de développement et un espace d’affirmation de son africanité assumée.
Les succès sportifs ont agi comme un stimulant moral, ravivant la confiance dans la capacité collective à réussir, à fédérer et à exercer un leadership régional fondé sur l’efficacité et la constance. Elle a également nourri la fierté nationale, en mettant en lumière les compétences marocaines en matière d’infrastructures, de gestion et de mobilisation populaire.
Regards extérieurs et dérives médiatiques
À l’inverse de cette dynamique, les médias algériens se sont enfermés dans une posture de fixation obsessionnelle à l’égard du Maroc. L’élimination de leur sélection a accentué une frénésie déjà ancienne, marquée par l’incapacité à analyser les difficultés internes autrement que par la désignation d’un bouc émissaire extérieur.
Cette obsession se cristallise notamment autour de Mohammed VI, présenté comme l’instigateur supposé de tous les maux algériens. Les appels récurrents à une hypothétique révolte marocaine, parfois mis en scène par des montages grossiers, contrastent violemment avec la réalité observée dans les stades et les rues du Royaume.
Là où certains fantasment la colère, les images montrent une ferveur unie, portée par l’hymne national et le slogan Dieu, la Patrie, le Roi , expression d’un pacte symbolique toujours vivant. Pourtant aucun de ces médias ne se remet en question lorsque rien de ce que la haine souhaite au Maroc ne se produit.
Le cas Fouzi Lekjaa, entre fantasme et réalité
Autre cible privilégiée de ces discours, Fouzi Lekjaa est décrit comme une figure toute-puissante, manipulant arbitres et institutions internationales. Il est à la fois l’architecte supposé de tous les échecs footballistiques de la sélection algérienne, et une force toute-puissante contrôlant la FIFA, la CAF, les Nations unies et la FAO, exerçant une influence sur l’ensemble des arbitres du football mondial. Une ridicule fiction médiatique qui ignore la réalité de son action.
Lekjaa se concentre sur le développement du football marocain, dans le respect des règles sportives et éthiques. Les progrès enregistrés depuis la Coupe du monde au Qatar, dans toutes les catégories d’âge, témoignent d’un travail structuré et cohérent, aligné sur les orientations royales. Les succès organisationnels et populaires de la CAN parlent d’eux-mêmes.
Une trajectoire assumée
Au final, une seule réalité s’impose. Le Maroc avance. Il progresse en s’appuyant sur des victoires concrètes, des choix stratégiques assumés et une synergie forte entre le Roi et le peuple. Cette dynamique irrigue les ambitions nationales et bénéficie à l’ensemble des partenaires du Royaume.
La qualification en finale de la Coupe d’Afrique n’est pas une fin en soi. Elle est une étape, portée par une joie nationale partagée et une confiance renouvelée dans l’avenir.