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Fatima Zahra Benkada, la sculptrice de Sefrou qui a taillé sa réussite dans le bois
L’atelier de Fatima Zahra, aujourd’hui bien équipé, n’est plus un simple lieu de production. C’est un véritable incubateur d’idées et de talents. Elle y conçoit des objets d’art, des ustensiles de cuisine, des tableaux décoratifs, tous sculptés avec finesse et sensibilité
À Sefrou, le parcours de Fatima Zahra Benkada témoigne d’un destin forgé par la passion, la résilience et l’appui déterminant de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH). Partie de rien, cette jeune femme a su transformer une vocation enfouie en une carrière d’excellence dans la sculpture sur bois, devenant une figure emblématique de l’artisanat féminin dans la région de Fès-Meknès.
Quid avec MAP
Une vocation née d’un souvenir
Rien ne prédestinait Fatima Zahra Benkada à devenir artisane. Très jeune, elle quitte l’école, envahie par le doute et l’angoisse d’un avenir incertain. Ses proches l’encouragent à suivre la voie de la couture, mais au fond d’elle, un souvenir plus tenace la guide : celui de son frère disparu, ébéniste talentueux, dont les gestes précis dans l’atelier ont marqué son enfance. Le bois devient alors son horizon.
En 2014, elle pousse la porte du complexe de l’artisanat de Sefrou. Elle y rencontre Mouhcine Khdeira, un formateur passionné qui va lui transmettre les secrets du métier. Pendant deux ans, elle se forme avec ardeur et décroche un diplôme de spécialisation professionnelle dans les métiers du bois. Une étape décisive pour cette autodidacte au caractère bien trempé.
Des débuts modestes, mais habités de foi
Trois ans plus tard, en 2017, elle ouvre son premier atelier dans un modeste local de l’hôtel Fès El Jdid. Les conditions sont difficiles, la poussière omniprésente, les moyens limités. Fatima Zahra s’équipe comme elle peut, sur le marché hebdomadaire, avec des outils rudimentaires. Mais ses rêves sont vastes, et sa volonté inébranlable. Chaque pièce sculptée devient un pas vers l’émancipation.
C’est à ce moment qu’elle découvre la plateforme des jeunes de l’INDH dans la province de Sefrou. Une rencontre décisive. Grâce à l’encadrement, au suivi personnalisé et au financement qu’elle y obtient, elle modernise son atelier, double sa production et gagne en précision comme en qualité.
Un atelier devenu espace d’éclosion créative
Son atelier, aujourd’hui bien équipé, n’est plus un simple lieu de production. C’est un véritable incubateur d’idées et de talents. Elle y conçoit des objets d’art, des ustensiles de cuisine, des tableaux décoratifs, tous sculptés avec finesse et sensibilité. Sa sœur et un groupe de jeunes l’accompagnent désormais dans l’aventure, contribuant à la croissance du projet et partageant les fruits d’un parcours inspirant.
Mais Fatima Zahra ne se contente pas de produire. Elle rayonne aussi dans les concours et les salons artisanaux. En 2022, elle reçoit le Prix de l’excellence de la femme marocaine dans la région Fès-Meknès. En 2023, elle est sacrée « meilleure menuisière en sculpture et décoration ». En 2025, elle se présente au prestigieux concours du « Meilleur artisan ».
L’INDH, catalyseur d’émancipation
Pour Fatima Zahra, ces réussites sont indissociables du soutien institutionnel qu’elle a reçu. Elle loue l’attention constante de l’INDH envers les femmes porteuses de projets, affirmant que cette initiative royale permet de transformer des rêves en réalités tangibles. Les salons locaux, régionaux et nationaux lui offrent des opportunités de diffusion, de reconnaissance et de nouvelles clientèles.
Du côté de l’administration, Mimoun Oubelkacem, chef du service amélioration du revenu et insertion économique des jeunes à la province de Sefrou, souligne le rôle exemplaire de Fatima Zahra. Après une visite d’évaluation sur le terrain, le comité provincial du développement humain valide et soutient son projet, lui permettant de s’installer dans un atelier moderne, bien équipé, à la hauteur de son talent.
Un modèle de persévérance et d’inspiration
L’histoire de Fatima Zahra Benkada ne se résume pas à une trajectoire individuelle. Elle incarne la dynamique où les femmes du Maroc trouvent progressivement leur place dans des métiers souvent réservés aux hommes, et où le soutien public redonne sens et espoir à des vocations enfouies.
Elle est la preuve qu’avec un accompagnement adapté, une passion sincère et une volonté farouche, il est possible de transformer un chemin de doute en parcours d’excellence. Son nom, désormais, s’inscrit dans le bois… et dans les esprits.