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Il y a 100 ans, le sultan Moulay Youssef inaugurait la Grande mosquée de Paris
L'inauguration de la Mosquée, le 15 juillet 1926, par le président de la République française Gaston Doumergue et du sultan du Maroc Moulay Youssef
Quid avec AFP
Un siècle après son inauguration par le sultan du Maroc Moulay Youssef et le président Gaston Doumergue, la Grande Mosquée de Paris s’apprête à célébrer son centenaire à travers une série d’événements culturels, mémoriels et artistiques, affirmant sa place singulière dans le patrimoine français et dans la mémoire des soldats musulmans tombés pour la France durant la Première Guerre mondiale.
Paris, France - Un timbre commémoratif, des expos, une journée culinaire... Divers événements jalonneront l'année pour le centenaire de la Grande mosquée de Paris qui, selon son recteur franco-algérien Chems-eddine Hafiz, "appartient au patrimoine commun de la nation".
Chems-eddine Hafiz a été nommé recteur en janvier 2020 par le conseil d’administration de la Grande Mosquée de Paris, dans un contexte de tensions internes. Sa nomination a bénéficié du soutien diplomatique et politique d’Alger, et surtout du président français Emmanuel Macron alors en grandes manœuvres de séduction et de ‘’pacification’’ des relations franco-algériennes. A ce titre, il est considéré comme un deuxième ambassadeur d’Alger à Paris et a été notamment très actif auprès de la communauté algérienne lors de la campagne électorale de Abdelmadjid Tebboune pour un deuxième mandat.
Une inauguration aux couleurs chérifiennes
L'inauguration de l'édifice, le 15 juillet 1926, par le président de la République française Gaston Doumergue et du sultan du Maroc Moulay Youssef, "exprimait une reconnaissance : celle de la nation pour les centaines de milliers de soldats musulmans venus défendre la France" pendant la Première guerre mondiale (de 70.000 à 100.000 y ont perdu la vie), a souligné M. Hafiz mardi lors d'une cérémonie des vœux.
Le chantier de la Grande mosquée, située dans le 5e arrondissement de Paris, dont la première pierre fut posée en 1922, a mobilisé des centaines d’artisans marocains et des techniques venues du Maroc, avec un savoir-faire architectural arabo-andalou très marqué.
Avec ses jardins et patios à l'andalouse, son minaret de 33 mètres et son style hispano-mauresque, l'édifice religieux, flanqué dès l'origine d'un restaurant et d'un hammam, est devenu un bâtiment emblématique de la capitale, classé à l'inventaire des "monuments historiques" depuis 1983.
Pour le centenaire de l'inauguration "nous n'imaginons pas une simple commémoration", a expliqué le recteur.
Dans le programme qui culminera le 15 juillet, divers rendez-vous sont prévus: plusieurs expositions dont une sur le cheval arabe, un concours de calligraphie, une journée de dégustation culinaire... Ainsi que des dispositifs visuels et sonores pour "redécouvrir le lieu autrement".
Un timbre officiel, conçu par la Poste, et une médaille du Centenaire, réalisée par la Monnaie de Paris, sont également attendus. L'institution prévoit aussi la création d'un "Festival du court-métrage de la Grande Mosquée de Paris".
Un calendrier d'événements religieux est également fixé, avec en février la publication d'un vaste travail sur "l'adaptation du discours religieux musulman dans les sociétés occidentales".