La participation des enfants au développement de l’Afrique : Rabat consacre une nouvelle dynamique continentale

La participation des enfants au développement de l’Afrique : Rabat consacre une nouvelle dynamique continentale

Le siège du Parlement a accueilli, samedi, la cérémonie officielle de clôture du Premier Forum Africain du Parlement de l’Enfant, présidée par la Princesse Lalla Meryem, en sa qualité de Présidente de l’Observatoire National des Droits de l’Enfant (ONDE).

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La clôture du 1er Forum Africain du Parlement de l’Enfant, présidée par la Princesse Lalla Meryem, a marqué à Rabat un moment fondateur pour la participation des enfants africains aux politiques publiques. Entre ateliers thématiques, adoption d’une Déclaration de Rabat et annonce d’un Réseau africain pour les droits de l’enfant, cette première édition ouvre une nouvelle étape pour l’Afrique, centrée sur la jeunesse et portée par une vision résolument continentale.

Une clôture placée sous le signe de la continuité et de l’engagement

Le siège du Parlement a accueilli, samedi, la cérémonie officielle de clôture du Premier Forum Africain du Parlement de l’Enfant, présidée par la Princesse Lalla Meryem, en sa qualité de Présidente de l’Observatoire National des Droits de l’Enfant (ONDE). L’événement, tenu sous le thème La participation des enfants au développement de l’Afrique, s’inscrit dans la continuité de la vision royale en faveur d’une Afrique solidaire, ancrée dans la coopération Sud-Sud et attentive au rôle structurant de sa jeunesse.

L’événement a rassemblé plus de 170 invités issus de 28 pays africains, parmi lesquels des présidents d’Assemblées nationales, des ministres et des représentants d’organisations internationales, illustrant la portée politique et symbolique du Forum.

Cinq ateliers pour cerner les défis prioritaires de l’enfance en Afrique

Au cœur du programme, cinq ateliers thématiques ont permis d’explorer les enjeux majeurs qui touchent directement les enfants africains. La Princesse Lalla Meryem a visité l’ensemble des sessions de travail, consacrées à la participation politique, à l’éducation, à la santé, à la lutte contre le travail des enfants, ainsi qu’à la protection face aux risques sociaux.

Le premier atelier s’est penché sur la place des enfants parlementaires dans la construction des politiques publiques. Il a permis de comparer les expériences nationales tout en interrogeant les conditions d’une participation réelle des jeunes aux processus décisionnels.

Le deuxième atelier, dédié aux défis de l’éducation équitable et inclusive, a mis en lumière les disparités persistantes sur le continent. Les participants ont échangé sur les mécanismes susceptibles d’assurer un accès universel à une éducation de qualité, dans un contexte marqué par des inégalités structurelles.

L’accès aux soins et l’intégration de la santé mentale, longtemps reléguée au second plan dans les politiques publiques africaines, ont constitué l’axe du troisième atelier. Les interventions ont souligné les lacunes mais aussi les initiatives émergentes visant à promouvoir une santé globale incluant le bien-être psychologique.

Le quatrième atelier, consacré au travail des enfants, a interrogé les ressorts économiques, sociaux et culturels de ce phénomène encore répandu. Les participants ont insisté sur les liens entre vulnérabilité familiale, pauvreté, déscolarisation et risques d’exploitation.

Enfin, le cinquième atelier s’est attaqué à deux problématiques alarmantes : les enfants en situation de rue et les mariages précoces. Les échanges ont permis de dégager des pistes de politiques intégrées, associant prévention, protection et accompagnement.

La présentation de capsules vidéo mettant en avant les réalisations de l’ONDE et les échanges du Forum a prolongé ces travaux, offrant un panorama du chemin parcouru et du potentiel de coopération continentale en matière de droits de l’enfant.

La Déclaration de Rabat : une vision africaine commune

Moment fort de la clôture : l’adoption par acclamation de la Déclaration de Rabat pour la participation des enfants au développement de l’Afrique. Deux jeunes parlementaires, Mariyam Diouf (Sénégal) et Lugman Yazid Zeid (Djibouti), ont présenté le texte au nom de l’ensemble des délégations.

La Déclaration salue la création du Réseau africain pour les droits de l’enfant, appelé à devenir une plateforme continentale de plaidoyer, de dialogue et de participation effective. L’ONDE abritera le siège du Réseau et prendra en charge ses frais de fonctionnement, permettant de doter l’Afrique d’un mécanisme opérationnel pour renforcer les droits et la participation des enfants.

Le texte affirme également la nécessité de développer les parlements d’enfants à travers le continent et d’intégrer les jeunes dans le suivi des politiques publiques. Il encourage les États à s’appuyer sur les normes internationales, en particulier la Convention relative aux droits de l’enfant, tout en adaptant les dispositifs aux réalités nationales.

Saluant la vision du Roi Mohammed VI en faveur d’une Afrique de paix, de stabilité et de développement durable, la Déclaration rappelle la centralité de la coopération Sud-Sud et des solidarités régionales. Elle exprime également une reconnaissance appuyée envers la Princesse Lalla Meryem pour son engagement constant en faveur des droits de l’enfant.

Une convergence d’acteurs institutionnels africains

La forte présence de présidents d’Assemblées nationales de plusieurs pays africains – Mauritanie, Burundi, Djibouti, Tanzanie ou encore Zambie – témoigne du caractère stratégique de cette initiative. La Déclaration souligne d’ailleurs la volonté commune des États de promouvoir un cadre continental visant à renforcer la participation des enfants aux politiques publiques.

Les partenaires internationaux, dont les agences onusiennes de développement, sont appelés à accompagner la mise en place du Réseau et à soutenir les pays africains dans la structuration de leurs parlements d’enfants. Cette dynamique inscrit le Forum dans un mouvement plus large de consolidation des politiques publiques dédiées à l’enfance, à l’éducation et au bien-être social dans le cadre des Objectifs de développement durable.

Une étape dans une ambition plus vaste

Ce Forum ne constitue pas une initiative isolée. Il s’inscrit dans une séquence plus vaste où les politiques marocaines envers l’enfance rejoignent les ambitions continentales. En tant que Présidente de l’ONDE, la Princesse Lalla Meryem porte depuis plusieurs années un travail de fond autour de la protection, de la participation et de la promotion des droits de l’enfant.

L’accueil au Maroc du siège du Réseau africain pour les droits de l’enfant renforce cette position et place Rabat comme un pôle continental dédié aux politiques de l’enfance. Ce mouvement s’articule à l’engagement diplomatique du Royaume en Afrique et prolonge sa vision d’une coopération structurante tournée vers les générations futures.

Les engagements adoptés à Rabat ouvrent ainsi une nouvelle étape où les enfants ne sont plus seulement les bénéficiaires de politiques publiques, mais des acteurs capables de contribuer aux réponses collectives. Il s’agit là d’un changement de paradigme qui, s’il se confirme dans la durée, pourrait modifier en profondeur l’approche africaine des politiques de développement.