Mathématiques : un écart de genre au désavantage des filles à nouveau en hausse

Mathématiques : un écart de genre au désavantage des filles à nouveau en hausse

En 2023, 81 % des systèmes étudiés présentent un écart significatif en faveur des garçons en quatrième année, contre 52 % en 2019 et 39 % en 2015.

1
Partager :

Une étude récente de l’Unesco met en évidence un creusement des écarts entre filles et garçons en mathématiques, après une période de réduction. Cette tendance, observée dès la fin du primaire et au début du secondaire, soulève des enjeux éducatifs et sociaux majeurs, notamment en lien avec l’accès aux filières scientifiques et technologiques. Des différences dues à des facteurs liés à l’environnement éducatif

Un recul mesurable dans les performances

L’analyse, menée en collaboration avec l’Association internationale pour l’évaluation de la réussite éducative, couvre la période 1995-2023 et s’appuie sur des données issues de plusieurs systèmes éducatifs comparables. Elle révèle qu’en 2023, 81 % des systèmes étudiés présentent un écart significatif en faveur des garçons en quatrième année, contre 52 % en 2019 et 39 % en 2015.

Parallèlement, la proportion de systèmes où les filles n’atteignent pas le seuil minimal en mathématiques a nettement augmenté. Elle atteint 21 % en 2023, contre 4 % en 2019. À l’autre extrémité, 85 % des systèmes montrent un avantage des garçons parmi les élèves atteignant les niveaux les plus élevés.

Des écarts liés aux conditions d’apprentissage

L’étude souligne que ces différences ne s’expliquent pas par des capacités intrinsèques, mais par des facteurs liés à l’environnement éducatif. Les stéréotypes de genre, les attentes des enseignants et les interactions en classe influencent les parcours des élèves.

Les filles déclarent plus fréquemment un manque de confiance dans leurs compétences en mathématiques, ce qui peut affecter leur engagement et leur persévérance. Cette perception de soi joue un rôle déterminant dans la manière dont elles participent aux activités scolaires et extrascolaires liées à cette discipline.

Un impact sur les trajectoires éducatives

Les mathématiques occupent une place centrale dans les apprentissages et conditionnent l’accès aux filières scientifiques, technologiques, d’ingénierie et de mathématiques. Or, les femmes ne représentent que 36 % des diplômés dans ces domaines, une proportion restée stable au cours de la dernière décennie.

Cette sous-représentation traduit des déséquilibres qui se construisent dès les premières années de scolarisation et se prolongent dans les choix d’orientation. Les écarts observés influencent ainsi les trajectoires éducatives et professionnelles.

Des leviers d’action identifiés

Face à cette situation, l’Unesco appelle à des interventions précoces et ciblées. L’organisation recommande de renforcer la confiance des filles dès le début de leur parcours scolaire, d’intégrer des approches pédagogiques sensibles au genre dans la formation des enseignants et de suivre les progrès à partir de données différenciées.

Elle souligne également l’importance du rôle des familles et de l’environnement social dans la remise en question des stéréotypes. L’objectif est de créer des conditions favorables à un engagement durable des filles dans les mathématiques et les disciplines associées.