Mon Maroc en ce début d’année 2026 : Foot, swing et chants religieux - Par Anwar CHERKAOUI

Mon Maroc en ce début d’année 2026 : Foot, swing et chants religieux -  Par Anwar CHERKAOUI

Une liesse spontanée, un swing porté par une musique venue d’ailleurs et ne soirée de chants religieux pour un dénominateur commun

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Dans cette chronique, Anwar Cherkaoui esquisse le portrait d’un Maroc pluriel et diverse en ce début d’année 2026. Entre ferveur footballistique, effervescence culturelle et élévation spirituelle, il raconte un pays qui conjugue les rythmes du stade, de la danse et du recueillement pour exprimer une même vitalité collective. Un Maroc vivant, résilient et profondément attaché à l’art de célébrer, de croire et d’espérer ensemble.

Anwar CHERKAOUI - Acteur Associatif

En l’espace de quelques jours à peine, le Maroc m’a offert trois scènes, trois souffles, trois battements d’un même cœur collectif. Des instants différents, parfois opposés en apparence, mais profondément unis par une même énergie vitale.

Il y a d’abord eu le football

La qualification de l’équipe nationale pour la finale de la CAF 2025-2026 face au Sénégal.

Une liesse spontanée, sincère, presque enfantine. Dans les rues, sur les écrans, dans les cafés et les salons, un même frisson parcourait le pays.

Ce n’était pas seulement un match gagné. C’était la confirmation que le rêve est encore permis, que l’effort collectif peut triompher, que le drapeau continue de rassembler au-delà des différences sociales, générationnelles ou régionales.

Puis, presque sans transition, une autre scène

Une soirée de swing dans un restaurant de Rabat. Des corps qui dansent, des sourires qui s’échangent, des pas légers portés par une musique venue d’ailleurs mais adoptée avec élégance. Là, le Maroc montrait un autre visage : celui de l’ouverture, de la curiosité, du plaisir simple de vivre l’instant présent. Un Maroc urbain, serein, confiant, capable de conjuguer tradition et modernité sans se renier. Danser, ici, n’était ni fuite ni provocation. C’était une respiration, une affirmation silencieuse que la joie est aussi une forme de résistance.

Et puis, le troisième moment

Une soirée de chants religieux au théâtre Mohammed V, archi-comble, même les strapontins, prélude spirituel — Chaâbana — annonçant l’approche du mois sacré de Ramadan.

Les voix s’élevaient, pures et profondes, chargées de mémoire et de foi.

Le temps semblait ralentir. Dans ces chants, il y avait la sagesse des anciens, la douceur de la transmission, et cette capacité marocaine à transformer la spiritualité en apaisement collectif. Ici, pas de rupture avec le monde, mais une invitation à se recentrer, à se purifier, à préparer l’âme autant que le corps.

Football, swing, chants religieux.

Trois univers.

Trois rythmes.

Trois façons d’habiter le temps.

Et pourtant, un seul Maroc.

Un Maroc qui ne se fracture pas entre le sacré et le profane, entre la ferveur populaire et l’élégance culturelle, entre la foi et la fête.

Un Maroc qui avance, parfois lentement, parfois avec des élans fulgurants, mais toujours avec une étonnante capacité de résilience.

Un peuple qui a appris à encaisser les chocs, à transformer les épreuves en énergie, à préserver la joie comme un bien précieux.

En ce début d’année 2026, le Maroc ne se raconte pas en slogans.

Il se vit.

Il se chante, il se danse, il se soutient dans les stades, il se murmure dans les prières.

C’est un pays qui doute parfois, mais qui croit encore.

Un pays qui souffre, mais qui sourit.

Un pays qui regarde le présent sans peur excessive et l’avenir sans arrogance, avec cette confiance tranquille née de l’expérience et de la foi en ses propres ressources.

Mon Maroc, en ces jours-là, m’a rappelé une chose essentielle :

tant qu’un peuple sait célébrer ensemble, se recueillir ensemble et rêver ensemble, il reste debout.