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OpenAI, Anthropic… et la troisième voie du Maroc portée par Wald Maâlam - Dr Az-Eddine Bennani
SEATTLE, WASHINGTON - 11 FÉVRIER : Sam Darnold #14 des Seattle Seahawks brandit le trophée Lombardi lors de la célébration et du défilé de la victoire des Seattle Seahawks au Super Bowl LX au Lumen Field, le 11 février 2026 à Seattle, dans l'État de Washington. (Photo Steph Chambers via AFP)
Entre IA globale et IA régulée, une voie souveraine et contextualisée s’impose pour le Maroc, estime Wald Maâlam, Dr Az-Eddine en l’occurrence, qui poursuit dans cette tribune son combat appelant à repenser les fondements des IA conçues ailleurs pour l’ailleurs. Entre la promesse d’une intelligence artificielle globale portée par OpenAI et l’approche sécurisée défendue par Anthropic, le débat semble se résumer à un choix entre accélération et régulation. Pour le Maroc, cette alternative demeure, selon lui, insuffisante. Et appelle d’esquisser une troisième voie : celle d’une IA souveraine.

Dr Az Eddine Bennani
Le dernier Super Bowl* n’a pas seulement été un événement sportif. Il a mis en scène un affrontement symbolique entre deux visions de l’intelligence artificielle. D’un côté, OpenAI, qui promeut une IA intégrée à la vie quotidienne, utile et omniprésente. De l’autre, Anthropic, qui privilégie une IA plus sûre, encadrée et fondée sur la confiance. Ce duel donne l’impression que l’avenir de l’IA se joue entre accélération et régulation.
Mais ce face-à-face est trompeur. Il oppose deux variantes d’une même logique : celle d’une intelligence artificielle conçue ailleurs et diffusée à l’échelle mondiale. Qu’il s’agisse d’usage ou de sécurité, les fondements restent externes à ceux qui l’adoptent.
Or l’enjeu dépasse la technologie. Choisir une IA, c’est adopter une manière de représenter le monde, d’organiser le savoir et de structurer l’information. C’est accepter, souvent sans le dire, une forme de dépendance cognitive.
Face à ce constat, une troisième voie s’impose : celle portée par Wald Maâlam. Elle ne consiste ni à accélérer ni à encadrer des modèles existants, mais à en repenser les fondements. Elle part d’un principe simple : une intelligence artificielle pertinente doit être pensée à partir des langues, des cultures et des usages dans lesquels elle s’inscrit.
Les modèles actuels peinent à appréhender pleinement des langues comme l’arabe ou le tamazight, car ils n’ont pas été conçus pour ces réalités. La réponse ne peut pas être uniquement dans l’adaptation, mais dans la conception.
La vision de Wald Maâlam propose ainsi un renversement : penser avant de coder. Il ne s’agit plus de consommer une intelligence artificielle, mais de la construire. De concevoir des algorithmes enracinés dans nos logiques, nos langues et nos pratiques. Autrement dit, de produire une intelligence artificielle maroco-marocaine.
Ce choix ouvre la voie à une souveraineté cognitive. Dépendre d’outils conçus ailleurs, c’est dépendre de visions du monde qui ne sont pas les nôtres. Construire ses propres modèles, c’est affirmer sa capacité à penser et à organiser le réel selon ses propres référentiels.
Le débat entre OpenAI et Anthropic montre que l’IA devient un enjeu culturel et politique. Mais il reste incomplet. Il ignore la possibilité d’une voie autonome, adaptée aux réalités locales et ouverte sur le monde.
Pour le Maroc, l’enjeu n’est pas de choisir entre deux modèles externes. Il est de construire le sien. Une intelligence artificielle enracinée, contextualisée et responsable. Une intelligence artificielle qui ne remplace pas l’humain, mais prolonge son intelligence.
Dans un monde qui tend à uniformiser les technologies, la véritable innovation pourrait bien être celle de la diversité.
*NDLR : Lors du Super Bowl LX en février 2026, l’intelligence artificielle a joué un rôle significatif, principalement dans la sphère publicitaire et marketing. Ce Super Bowl est également devenu une plateforme stratégique pour les entreprises technologiques travaillant sur l’IA. Des acteurs comme OpenAI, Anthropic, Google, Microsoft et d’autres ont utilisé l’événement pour promouvoir leurs technologies d’IA ou des services connexes, transformant le moment en vitrine de la concurrence dans le secteur.