D’un lob venu d’ailleurs, que même Pelé n’avait pas réussi, Lamlioui installe les Lions de l’Atlas sur le toit du CHAN

D’un lob venu d’ailleurs, que même Pelé n’avait pas réussi, Lamlioui installe les Lions de l’Atlas sur le toit du CHAN

Oussama Lamlioui, en finale du CHAN 2024, qui a repris le flambeau de l’audace

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Par Hassan Zakariaa (Quid) avec Mohamed Benmassaoud, envoyé spécial de MAP

Nairobi – Il y a des gestes qui traversent le temps et les frontières. En 1970, au Mondial du Mexique, Pelé avait tenté un lob monumental depuis le rond central contre la Tchécoslovaquie. Le ballon frôla la cage mais manqua de peu l’exploit absolu. Plus d’un demi-siècle plus tard, c’est Oussama Lamlioui, en finale du CHAN 2024, qui a repris le flambeau de l’audace. Même audace, même clairvoyance : un tir de loin, flottant dans les airs, venant lober le gardien malgache avancé. Mais cette fois, le ballon a terminé sa course au fond des filets. Et avec lui, l’histoire : les Lions de l’Atlas ont conquis leur troisième titre du Championnat d’Afrique des nations, en s’imposant face à Madagascar (3-2) dans une finale épique disputée au stade Moi International de Kasarani à Nairobi.

Un début de match crispé

Le public kényan, largement acquis à la cause marocaine, avait à peine eu le temps de s’installer que Madagascar frappait le premier coup. À la 9e minute, Félicité Manohantsoa profitait d’un espace pour décocher une frappe tendue qui logea le ballon dans la lucarne gauche de Mehdi El Harrar. Cueillis à froid, les Marocains ont tenté de réagir immédiatement par Khalid Baba puis Mohamed Boulacsout, mais sans trouver la faille. Le jeu malgache, fait de passes courtes et rapides, posait des problèmes à la défense marocaine, contrainte de rester vigilante.

Mehri relance la machine

La réaction marocaine finit toutefois par se concrétiser. À la 27e minute, sur une passe millimétrée de Khalid Baba, Youssef Mehri surgit pour égaliser d’un tir imparable. Ce but libéra les Lions de l’Atlas et redonna de l’élan à leur jeu offensif. Poussés par un public bouillant et galvanisés par ce retour, ils accentuèrent leur pression. Juste avant la pause, Oussama Lamlioui, déjà très en vue, plaça une frappe imparable à la 44e minute pour donner l’avantage au Maroc (2-1).

Le sursaut malgache

Au retour des vestiaires, le Maroc poursuivit sa domination. Lamlioui, encore lui, faillit inscrire un doublé dès la 49e minute, suivi par Sabir Bougrine à la 58e. Pourtant, contre le cours du jeu, Madagascar égalisa par Toky Rakotondraibe à la 68e minute, profitant d’un instant de relâche défensif marocain. À 2 partout, le match basculait dans un suspense insoutenable. Les Malgaches, revigorés, osaient davantage, tandis que le Maroc cherchait l’ouverture, multipliant les assauts sans concrétiser.

Le chef-d’œuvre de Lamlioui

Puis vint la 80e minute. Oussama Lamlioui, déjà meilleur buteur du tournoi, intercepta un ballon entre deux adversaires, leva la tête et vit le gardien malgache légèrement avancé. Sans hésiter, il arma une frappe puissante depuis plus de trente mètres. Le ballon s’éleva, décrivit une trajectoire parfaite et retomba derrière le portier, qui ne put que constater les dégâts. Le stade explosa. Le Maroc reprenait l’avantage (3-2) et scellait une finale qui restera dans les annales.

Une leadership continentale confirmée

Avec ce succès, les Lions de l’Atlas inscrivent une nouvelle page d’or dans l’histoire du football africain. Déjà vainqueurs du CHAN en 2018 et en 2020, ils deviennent la première nation à remporter trois fois ce tournoi. Mieux encore, leur parcours a confirmé la profondeur de leur effectif, l’intelligence tactique de Tarik Sektioui et l’émergence d’individualités fortes, à commencer par Lamlioui, véritable homme providentiel du tournoi avec ses six réalisations.

Une finale aux allures de consécration

La rencontre s’est disputée sous les yeux d’un parterre prestigieux : le président kényan William Ruto, le ministre marocain de l’Éducation nationale et des Sports Mohamed Saad Berrada, le président de la FRMF Fouzi Lekjaa, mais aussi Gianni Infantino, patron de la FIFA, et Patrice Motsepe, président de la CAF. Une présence symbolique qui souligne l’importance croissante du CHAN dans l’échiquier africain et le rayonnement du football marocain.

Plus qu’un trophée, un symbole

Au-delà du titre, c’est une confirmation : le Maroc s’installe comme puissance dominante du football local africain. Son leadership s’exprime autant par les performances collectives que par l’audace individuelle, symbolisée par le lob génial de Lamlioui. Un geste qui rappelle les audaces de Pelé en 1970, mais qui, cette fois, s’est mué en but décisif et en couronnement historique.

Les Lions de l’Atlas ont écrit à Nairobi une page qui marquera durablement la mémoire des supporters et du football africain. Trois étoiles brillent désormais au firmament du CHAN, et elles sont toutes marocaines.

 

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