Sport
Football féminin, célébration des anciens : la trame d’un football marocain durable – Par Eden Sefrioui
Le Maroc fait du football un art de gouvernance conjuguant mémoire, formation et influence
La Fédération royale marocaine de football, le Maroc est en train de bâtir, pierre après pierre, un projet sportif qui articule performances, histoire et transmission. La sélection féminine en est le symbole vivant. La mémoire des anciens internationaux, son socle invisible. Une même ambition : faire du football marocain un moteur de fierté et de cohésion nationale. Le récit d’Eden Sefrioui.
Les Lionnes de l’Atlas, fer de lance d’un football en transformation
Ce que relève aujourd’hui la Confédération africaine de football (CAF) est significatif : "Portée par l’élan structurant de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), la sélection marocaine féminine a connu une transformation profonde."
Le constat dit une chose simple : derrière les exploits des Lionnes de l’Atlas, il y a un projet construit.
Finaliste de la CAN 2022, performance inédite qui a marqué un véritable tournant dans le paysage du football féminin africain, l’équipe nationale féminine marocaine ne cesse depuis de confirmer son nouveau statut de force montante. En témoigne sa qualification historique pour les huitièmes de finale de la Coupe du Monde féminine de la FIFA — une première là aussi.
La CAF souligne aujourd’hui que les Lionnes aborderont la prochaine CAN 2024, organisée au Maroc du 5 au 26 juillet, avec un statut assumé de favorites. Jouer à domicile, devant un public désormais conquis, ne fera qu’ajouter à cette dynamique.
Le groupe A de cette édition réunira le Maroc, la Zambie, le Sénégal et la RD Congo. Quant aux rencontres, elles se dérouleront dans des enceintes désormais à la hauteur de l’événement : les stades Larbi Zaouli et Père Jégo à Casablanca, le Stade Olympique à Rabat, le Stade El Bachir à Mohammedia, le Stade d’Honneur à Oujda et le Stade Municipal à Berkane.
C’est donc bien un football féminin marocain métamorphosé, structuré, qui s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. La vision de la FRMF est claire : inscrire cette dynamique dans la durée, en lui donnant les outils institutionnels et culturels pour se pérenniser.
Honorer les anciens pour nourrir l’avenir
Si le football marocain avance, c’est aussi parce qu’il ne renie pas ses racines. La Fédération royale marocaine de football l’a rappelé avec force ce week-end à Fès.
À la veille du match amical Maroc-Bénin, une réception a été organisée en hommage aux anciens internationaux marocains ayant porté les couleurs du COD Meknès et du Maghreb de Fès.
La cérémonie, tenue à la résidence des Lions de l’Atlas, a permis de saluer le parcours de ces figures marquantes qui ont contribué à forger l’histoire du football national.
Côté MAS : Abdelaali Zaharoui, Abdellah Tazi, Abderrahmane Slimani, Aziz Slimani, Fatah El Ghiati, Mohamed El Achhabi, Hamid El Kharak, Boubker El Ghandour, Lohssine Bensouda, Hassan Rafahia, Omar Hassy, Abdellah Bagui et Redouane El Guezzar ont été honorés
Pour le CODEM, ce sont Hamadi Hmidouch, Abdelghani Lakhal El Ghouini, Hamid Abdelouaheb, Abdellatif Benhalima, Mohamed Samba, Mostapha Bidane et Idriss Badidi qui ont reçu l’hommage de la Fédération.
Au-delà de la cérémonie symbolique, cet événement a permis de créer un espace de dialogue entre générations. Un moment d’échange sur le football d’hier et d’aujourd’hui, où l’on a parlé passion, techniques de jeu, transmission et mémoire.
La FRMF le souligne dans son communiqué : cette démarche vise à préserver l’histoire et la mémoire collective du football marocain. Dans un sport mondialisé, où l’instantanéité l’emporte trop souvent sur la profondeur, cet effort de mémoire est un choix politique. Il inscrit le football marocain dans une narration cohérente : celle d’un sport qui unit le pays, dans la durée.
Une stratégie globale portée par la FRMF
Ce que l’on observe aujourd’hui est le fruit d’un travail mené avec constance par la Fédération royale marocaine de football : professionnaliser les structures, investir dans la formation, accompagner l’émergence du football féminin, et tisser un récit collectif qui lie le passé, le présent et l’avenir du football national.
Le parcours des Lionnes de l’Atlas, l’attention portée aux anciens internationaux, la mobilisation des villes hôtes pour la CAN 2024 : tout cela participe d’une même logique. Celle d’un football qui ne se contente plus de vivre au rythme des compétitions, mais qui devient un levier de cohésion nationale et un vecteur de rayonnement international.
Le Maroc, désormais, ne joue plus seulement des matchs. Il joue une partie de fond : celle de l’influence sportive, culturelle, sociale. À l’heure où tant de nations peinent à bâtir une politique cohérente pour leur football, la FRMF montre qu’au-delà des trophées, c’est la vision et le travail structuré qui font la différence.
En cultivant sa mémoire et en façonnant son avenir, le football marocain rappelle que les grandes équipes naissent moins dans les stades que dans les récits que les peuples choisissent d’écrire ensemble.