Sport
La métamorphose des règles du ballon rond depuis 1994
L'arbitre brésilien Wilton Sampaio donne un carton rouge au milieu de terrain sud-africain n° 11, Themba Zwane, lors du match de football de la Coupe du monde 2026 du groupe A opposant le Mexique à l'Afrique du Sud au stade de Mexico, à Mexico, le 11 juin 2026. (Photo Yuri Cortez / AFP)
Par Abdellah Elalaoui - MAP
Washington - Événement sportif d’une ampleur inégalée, suivi par des milliards de personnes, la Coupe du Monde de football a souvent servi de cadre privilégié à la FIFA et à l’International Football Association Board (IFAB) pour introduire de nouvelles règles destinées à adapter le jeu aux évolutions du football moderne.
À plus de trente ans d’intervalle, l’édition 1994 du Mondial organisée aux États-Unis, et celle de 2026 co-organisée actuellement par le Mexique, le Canada et les États-Unis, présentent un point commun : elles marquent l’entrée en vigueur de réformes majeures visant à renforcer l’équité sportive, améliorer la fluidité du jeu et préserver l’esprit de compétition. Les nouvelles dispositions appliquées lors du Mondial 2026, qui se poursuit jusqu’au 19 juillet, prévoient notamment des sanctions renforcées contre certaines formes de contestation des décisions arbitrales, ainsi que des mesures destinées à lutter contre les pertes de temps.
Parmi les changements les plus notables figure la possibilité d’infliger un carton rouge aux joueurs qui quittent le terrain pour protester contre une décision arbitrale, ou aux officiels qui les incitent à une telle action. En outre, toute équipe provoquant l’arrêt définitif d’un match sera, en principe, déclarée perdante. L’arbitre est également autorisé à adresser un carton rouge à tout joueur qui se couvre la bouche lors d’une altercation avec un adversaire alléguant avoir été victime de propos racistes.
Les nouvelles règles prévoient aussi de limiter à dix secondes le temps accordé aux joueurs remplacés pour quitter le terrain. En cas de dépassement, le joueur entrant devra patienter une minute supplémentaire avant de pouvoir entrer en jeu, laissant temporairement son équipe en infériorité numérique.
Les protocoles médicaux ont été également durcis. Tout joueur recevant des soins sur le terrain devra quitter l’aire de jeu pendant au moins une minute avant de pouvoir revenir, sauf lorsque la blessure résulte d’une faute passible d’un carton.
Le recours à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) a aussi connu plusieurs ajustements, avec un champ d’intervention élargi à certaines situations, notamment les deuxièmes cartons jaunes et certaines décisions relatives aux corners, susceptibles d’influencer directement le résultat des rencontres.
Cette nouvelle vague de réformes rappelle celle introduite lors du Mondial 1994, marqué notamment par l’adoption officielle de la règle attribuant trois points pour une victoire, jusque-là appliquée uniquement dans les compétitions de clubs. Cette édition avait également consacré l’interdiction pour les gardiens de but de saisir à la main une passe volontaire d’un coéquipier, une mesure destinée à réduire les pertes de temps et à favoriser le spectacle. L’édition USA-1994 avait aussi innové sur un plan plus symbolique, en autorisant pour la première fois les arbitres à porter des maillots d’autres couleurs que le traditionnel noir.
Si certains saluent en ces réformes comme un moyen d’accroître la rapidité du jeu, la transparence des décisions et l’équité sportive, d’autres s’interrogent sur l’influence croissante de la technologie et de l’arbitrage sur le déroulement des rencontres. La Coupe du monde 2026 constituera ainsi un test grandeur nature pour mesurer l’efficacité de ces nouvelles règles et leur capacité à préserver l’essence même du football : un sport avant tout au service du jeu et de ses supporters.