Le Maroc champion du monde U20 : Le triomphe d’une génération, la consécration d’une vision royale, et au bout, une nuit de folie

Le Maroc champion du monde U20 : Le triomphe d’une génération, la consécration d’une vision royale, et au bout, une nuit de folie

« Autant vous avez enchanté et apporté de la joie aux supporters passionnés de football, autant vous Nous avez comblé de bonheur » (Le Roi Mohammed VI)

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Santiago, Chili – Dès la fin du match, le message royal va au-delà de la victoire. Il célèbre une jeunesse confiante, disciplinée, formée, qui incarne l’avenir du pays. A Santiago un vent rouge et vert souffle sur le stade national Julio Martínez Prádanos, ce dimanche soir de printemps austral. Quand l’arbitre italien Maurizio Mariani a sifflé la fin du match, les 43.000 spectateurs ont vu s’écrire une page d’histoire : le Maroc est devenu champion du monde de football des moins de 20 ans, en battant l’Argentine (2-0). Deux buts signés Yassir Zabiri, deux éclats de génie, et un peuple tout entier transporté dans la liesse. Mais derrière cette victoire éclatante, il y a bien plus qu’un trophée : il y a la concrétisation d’une vision, la reconnaissance d’un modèle, et la promesse d’un futur façonné par la jeunesse et le travail.

 A Rabat, c’est l’allégresse d’une joie qui verra le jour se lever.

Par Hassan Zakariaa avec Houdaifa El Hajjam et Wahiba Rabhi de MAP

Santiago, un soir d’histoire

Dès les premières minutes, le ton du match était donné. Les Lionceaux de l’Atlas ont pris d’assaut la défense argentine, surprenant une équipe pourtant six fois championne du monde dans cette catégorie. À la 12e minute, Yassir Zabiri transforme un coup franc d’une précision chirurgicale. Le ballon s’enroule au-dessus du mur et file dans la lucarne. La tribune marocaine explose. Le Chili retient son souffle.

Dix-sept minutes plus tard, sur une percée de Othmane Maamma, Zabiri récidive. Deux à zéro. La pelouse s’enflamme, les drapeaux se lèvent, et un parfum d’exploit se répand dans l’air.

« Nous avons affronté chaque adversaire avec combativité et confiance », dira plus tard Zabiri, encore ému, les yeux brillants. « Ce parcours a été difficile, mais nous avons joué avec le cœur. Ce titre appartient à tout un peuple. »

L’équipe argentine tente alors de réagir. Pressing haut, passes rapides, mais les protégés de Mohamed Ouahbi résistent avec calme et intelligence. La défense, menée par le capitaine Hossam Essadak, se montre intraitable. Derrière, le gardien Ibrahim Gomis multiplie les arrêts. Le Maroc joue juste, compact, discipliné. Quand le coup de sifflet final retentit, les joueurs s’effondrent sur la pelouse. Certains prient, d’autres rient ou pleurent. Le Maroc vient de conquérir le monde.

Dans les tribunes, des drapeaux rouges et verts s’agitent. Les youyous des supporters se mêlent aux chants espagnols des fans chiliens, conquis par la fougue marocaine. « Marruecos campeón ! » scande la foule. Sur la pelouse, Ouahbi enlace ses joueurs, submergé par l’émotion. « C’est une joie immense, confie-t-il. Nous avons brisé un plafond de verre. Le Maroc a désormais sa Coupe du Monde. »

Le message du Roi, une émotion partagée

Dès le coup de sifflet final, un message royal vient sceller l’ampleur historique de cet exploit. Le Roi Mohammed VI adresse à l’équipe nationale un télégramme de félicitations vibrant d’émotion et de fierté.

« Nous avons suivi avec une immense joie et une profonde fierté votre parcours héroïque couronné par votre sacre, amplement mérité », écrit le Souverain. Le ton est personnel, presque paternel. Il y salue « la foi inébranlable » des joueurs en leur potentiel, leur cohésion, leur harmonie, et leur performance professionnelle exemplaire.

Le message royal va au-delà de la victoire. Il célèbre une jeunesse confiante, disciplinée, formée, qui incarne l’avenir du pays. « Autant vous avez enchanté et apporté de la joie aux supporters passionnés de football, autant vous Nous avez comblé de bonheur », ajoute le Roi, avant d’appeler les jeunes champions à « maintenir le cap avec le même sérieux et le même esprit de persévérance ».

Dans son texte, le Souverain rend également hommage à l’ensemble des composantes de la sélection : entraîneurs, staff technique, médical, administratif et responsables de la Fédération Royale Marocaine de Football. Tous sont salués pour leur patriotisme et leur engagement sans faille.

Ce message, empreint de chaleur humaine et de vision, témoigne d’une conviction profonde : le sport n’est pas un simple divertissement, mais un levier de transformation sociale et nationale.

Les Lionceaux, une génération forgée dans la vision royale

Le sélectionneur Mohamed Ouahbi ne s’y trompe pas. En conférence de presse, il rend hommage à la vision du Roi à l’origine d’une « véritable renaissance du football marocain ».

« L’Académie Mohammed VI de Football et les fédérations régionales ont créé une base solide », explique-t-il. « Ce sacre mondial est le résultat naturel de tous ces efforts déployés pendant de nombreuses années. »

Cette génération dorée est en effet l’enfant de la réforme structurelle lancée il y a plus d’une décennie. Inaugurée en 2009, l’Académie Mohammed VI de Football est devenue le creuset de la nouvelle élite sportive nationale. Sur ses 18 hectares de pelouses et de terrains ultramodernes, une méthode s’est imposée : discipline, rigueur, accompagnement éducatif et excellence technique.

De nombreux Lionceaux champions du monde – Zabiri, Essadak, Khalifi, Zahouani – en sont issus. Leur réussite est celle d’un modèle de formation fondé sur la vision royale de long terme : faire du sport un instrument d’ascension sociale et de rayonnement international.

Dans son message aux Assises nationales du sport en 2008, le Roi déclarait déjà : « Nous avons pleinement confiance dans le grand potentiel du sport marocain. Nous ne ménagerons aucun effort pour soutenir toutes les bonnes initiatives vouées à faire du sport un facteur de cohésion et de rayonnement. »

Dix-sept ans plus tard, cette promesse trouve une illustration éclatante sur la scène mondiale.

L’Académie Mohammed VI n’est plus seulement une école de football : elle est devenue un symbole national, celui d’un Maroc qui construit son succès par le savoir, la formation et la persévérance.

Pour Ouahbi, « les Lionceaux ont prouvé que le Maroc peut rivaliser avec les plus grandes nations, parce qu’il a bâti un système, une philosophie, une confiance. »

Du Chili au Maroc, une ferveur planétaire

Quand le trophée s’élève dans le ciel de Santiago, un autre rugissement monte, à plus de dix mille kilomètres de là. Casablanca s’embrase. Boulevard Zerktouni, Derb Sultan, la corniche d’Aïn Diab, tout n’est plus qu’une marée rouge et verte. Des klaxons résonnent, des chants s’élèvent : « Dima Maghrib ! ». La ville ne dort plus. Des enfants dansent sur les toits des voitures, des familles sortent sur les balcons, les visages ruissellent de joie.

« Ce n’est pas seulement une victoire, c’est une fierté nationale », lance un jeune supporter, drapeau sur les épaules.

A El Jadida, les vagues de Sidi Bouzid répondent aux cris de joie. A Rabat, c’est l’allégresse d’une joie qui verra le jour se lever. A Settat, l’avenue Hassan II devient un théâtre de jubilation. Dans tout le pays, la nuit se transforme en fête.

« Ces jeunes ont joué avec le cœur, avec la rage de représenter tout un peuple », dit un père de famille, ému. « Ce titre est plus qu’un trophée : c’est la récompense d’une stratégie clairvoyante. »

A Agadir, les rues vibrent. Sur la corniche, les drapeaux claquent dans le vent. « Ce sacre prouve que le Maroc est un pays de talents dont la devise est l’excellence et le travail », déclare une jeune supportrice. La victoire des Lionceaux réveille en chacun un sentiment d’unité et d’espérance.

Et au-delà du Royaume, la diaspora se joint à la fête.

À Montréal, le quartier Saint-Léonard vit au rythme du match retransmis sur grand écran. À chaque but de Zabiri, la salle s’enflamme. Feux d’artifice, chants, larmes et accolades. « Les Lionceaux ont prouvé que les Marocains peuvent devenir champions du monde », s’exclame Youssef, 35 ans. « C’est un rêve que l’on vit éveillé. »

Pour Ikram, 20 ans, étudiante, « cette victoire est le fruit d’années d’investissements dans la formation et la détection de talents. »

Le même scénario se répète à Bruxelles, à Paris, à Doha, à Dubaï, à São Paulo. Les drapeaux marocains flottent sur tous les continents.

« Santiago, c’est Rabat ce soir ! » lance un supporter dans les gradins du stade chilien. Et pour un soir, c’est vrai : le Maroc est partout.

 Un sacre qui prolonge la renaissance du football marocain

Ce triomphe ne tombe pas du ciel. Il s’inscrit dans une trajectoire entamée depuis plusieurs années, où le sport est devenu un pilier du projet national.

Sous l’impulsion royale, le Maroc a multiplié les infrastructures, les terrains de proximité, les centres régionaux et les académies. Une stratégie pensée comme un continuum entre développement humain, cohésion territoriale et excellence sportive.

Le consultant portugais Pedro Pinto, observateur de l’UEFA, le confirme : « Le Maroc récolte aujourd’hui les fruits d’une politique sportive ambitieuse et cohérente. Ce pays est devenu un modèle de réussite et de bonne gouvernance dans le football africain. »

Pour lui, cette victoire « n’est pas un miracle, mais la conséquence d’un travail collectif soutenu, mené par la Fédération Royale Marocaine de Football et les clubs du Royaume ».

Les Lionceaux de 2025 prolongent ainsi la dynamique initiée par leurs aînés du Mondial 2022 au Qatar. De Casablanca à Doha, de Rabat à Santiago, une même idée traverse les générations : la réussite n’est pas un hasard, elle est le fruit d’une méthode.

L’Académie Mohammed VI, la professionnalisation des clubs, la refonte des championnats de jeunes, la formation des entraîneurs : autant de piliers d’un édifice patiemment bâti.

Au-delà du sport, ce sacre est aussi un signe de maturité nationale. Il témoigne d’une jeunesse confiante, disciplinée, ambitieuse — celle que le Royaume place au cœur de sa modernisation.

Dans les tribunes de Santiago, un jeune Marocain du Brésil résumait le sentiment général : « Ce soir, on a compris que la foi et le travail peuvent tout. »

Une victoire qui parle au monde

Le Maroc n’a pas seulement gagné un trophée : il a gagné le respect du monde.

En battant successivement l’Espagne, le Brésil, les États-Unis, la France et enfin l’Argentine, les Lionceaux ont renversé la hiérarchie du football mondial.

Pour la première fois, une équipe africaine et arabe s’impose à ce niveau. Un signal fort, porteur d’espoir pour tout un continent.

« Le Maroc est désormais un acteur mondial du football », analyse Pedro Pinto. « Ce pays ne cesse d’impressionner par sa cohérence et sa vision. »

L’annonce du trio Maroc-Espagne-Portugal pour coorganiser la Coupe du Monde 2030 trouve ici un écho puissant : le Maroc n’est plus seulement un hôte crédible, il est un compétiteur redoutable.

Pour beaucoup d’observateurs, cette victoire consacre aussi une diplomatie du sport à la marocaine. En incarnant la rigueur, la passion et la jeunesse, les Lionceaux prolongent, sur le terrain, le message du Royaume : celui d’un pays en mouvement, confiant en sa place dans le monde.

L’émotion, le symbole, l’avenir

Le sacre de Santiago restera dans la mémoire collective. Pas seulement pour les buts, mais pour ce qu’ils racontent : une jeunesse qui rêve grand, un pays qui croit en elle, un projet qui dépasse le sport.

Le Maroc, en 2025, n’a pas seulement conquis un titre : il a consolidé une identité.

« Cette victoire est un message au monde », dira plus tard Mohamed Ouahbi. « Elle montre qu’avec de la vision, du travail et de la foi, rien n’est impossible. 

Sur la pelouse du stade chilien, quand Hossam Essadak a brandi la coupe, les projecteurs ont illuminé les visages de ses coéquipiers. Derrière eux, le drapeau marocain flottait, immense, presque irréel.

Les chants, les larmes, les danses, tout se mêlait. Le Chili vibrait au rythme du Maroc.

Et dans ce tumulte de joie, une certitude s’imposait : le Maroc vient d’entrer dans une nouvelle ère.

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