Lionnes de l’Atlas : une entrée combative et un match nul à l’arrivée, peut mieux faire

Lionnes de l’Atlas : une entrée combative et un match nul à l’arrivée, peut mieux faire

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Le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations féminine Maroc 2024 a été donné avec éclat au stade Olympique de Rabat. La sélection marocaine, portée par une génération ambitieuse et une ferveur populaire grandissante, a livré un match intense face à la Zambie (2-2) pour la première journée du groupe A. Entre promesses de renouveau, ambitions continentales et soutien institutionnel, cette édition s’annonce mémorable, selon le président de la CAF.

Une ouverture en tension et un nul à l’arrachée

Samedi 5 juillet, au stade Olympique de Rabat, les Lionnes de l’Atlas ont entamé leur campagne continentale face à une redoutable sélection zambienne. Dans une ambiance électrique, les Marocaines ont su puiser dans leur mental pour revenir deux fois au score et décrocher un nul (2-2) qui en dit long sur leur détermination.

La rencontre avait pourtant mal commencé. À peine le temps de se mettre en place que Barbra Banda, star de l’attaque zambienne, ouvrait le score dès la première minute. Un coup de tonnerre qui aurait pu plomber la dynamique des Marocaines. Mais la réaction a été rapide. Sous la houlette du sélectionneur Jorge Vilda, les Lionnes ont remis de l’ordre dans leur jeu. Un penalty transformé avec sang-froid par Ibtissam Jraidi à la 12ᵉ minute, après recours au VAR, relançait la partie.

La suite fut un affrontement tactique et physique. La Zambie reprenait l’avantage à la 27ᵉ grâce à Racheal Kundananji, mais la seconde mi-temps basculait du côté marocain. Avec l’entrée percutante de Sanaa Mssoudy et la présence incisive de Fatima Tagnaout, le bloc offensif montait en puissance. À la 87ᵉ minute, la capitaine Ghizlane Chebbak, en figure de proue, égalisait dans un souffle général de soulagement. Deux partout : un score final qui scelle un match animé, riche en enseignements et porteur malgré tout d’espoir pour la suite.

Une CAN féminine sous le signe de la grandeur

Plus qu’un match, cette première journée a été le théâtre d’une véritable célébration du football féminin africain. La cérémonie d’ouverture a mis les projecteurs sur le Maroc, hôte de cette 15ᵉ édition. Sons, lumières, feux d’artifice et la voix envoûtante de la chanteuse marocaine Jaylann ont habité le ciel de Rabat, donnant le ton d’un tournoi que le président de la CAF, Patrice Motsepe, qualifie déjà de « plus mémorable de toutes ».

Dans les tribunes, les personnalités du monde du sport et de la culture se sont rassemblées : Patrice Motsepe, Mohamed Saad Berrada, Mohamed Mehdi Bensaid et bien sûr, l’incontournable Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football. Le soutien affiché par les plus hautes sphères du pays illustre une volonté affirmée : faire du football féminin une vitrine du Maroc moderne.

Jorge Vilda et la promesse d’un nouvel élan

Pour Jorge Vilda, nommé sélectionneur des Lionnes de l’Atlas après son passage à la tête de la Roja féminine, le défi est immense mais stimulant. En conférence de presse, il a salué les progrès de l’équipe et la qualité du travail effectué lors des préparatifs. « Le groupe a beaucoup progressé. Nous sommes prêts à aller loin dans cette compétition », a-t-il affirmé. Son ambition : finir en tête du groupe A et bâtir une équipe compétitive capable de tutoyer les sommets africains. Le match nu n’arrange pas son pronostic, mais rien n’est encore perdu

Ce sentiment est partagé par la capitaine Ghizlane Chebbak. Figure emblématique du football féminin national, elle incarne à la fois l’expérience et la renaissance. « Nous voulons montrer une belle image du Maroc et du développement du football féminin. Ce que nous vivons aujourd’hui est le fruit de beaucoup de travail. Il est temps d’écrire une nouvelle page », avait-elle déclaré.

Un groupe A relevé et une suite déjà décisive

Le Maroc figure dans un groupe A particulièrement disputé, aux côtés de la Zambie, du Sénégal et de la RD Congo. Après le match nul face aux Zambiennes, les Lionnes retrouveront la RD Congo le 9 juillet avant de croiser le fer avec le Sénégal le 12. Deux rencontres qui seront décisives pour la qualification en phase finale.

La performance du Maroc en 2022, où l’équipe avait atteint la finale, demeure une référence et une source d’élan. Pour Jorge Vilda, cette expérience constitue une base solide pour viser plus haut, tout en consolidant un collectif jeune, dynamique et ambitieux.

Une édition continentale à haute portée symbolique

À l’issue de la réunion du comité exécutif de la CAF à Salé, le président Patrice Motsepe a exprimé toute sa gratitude au Maroc pour l’organisation de cette CAN féminine 2024. « Cette édition sera la plus réussie. Le Maroc est un exemple pour le continent », a-t-il martelé depuis le complexe Mohammed VI de Maâmora. L’événement s’inscrit dans une dynamique plus large, portée par la vision royale de développement du sport et de la jeunesse.

Fouzi Lekjaa a d’ailleurs rappelé la dimension stratégique de cette ambition, alignée sur les directives du Roi Mohammed VI : « Nous devons continuer à bâtir une jeunesse africaine forte, formée et inspirée. Le football féminin est un levier essentiel dans cette transformation. »

Cette CAN, organisée sur les terres marocaines, a donc une portée double : sportive bien sûr, mais aussi symbolique, culturelle et politique. Elle reflète une Afrique féminine en pleine mutation, un Maroc pionnier dans l’accompagnement de cette transition, et une jeunesse qui ose rêver au plus haut.

Vers une professionnalisation durable du football féminin

Au-delà de l’événement lui-même, la CAN 2024 cristallise une tendance de fond : la structuration du football féminin marocain. Infrastructures modernes, formation des jeunes joueuses, médiatisation croissante et soutien institutionnel : autant d’éléments qui façonnent un écosystème nouveau.

La FRMF travaille de concert avec les clubs, les académies et les partenaires pour garantir un avenir professionnel viable aux joueuses marocaines. Cette dynamique trouve son prolongement dans la CAN, vitrine idéale pour susciter des vocations et attirer les regards internationaux.

Une passion partagée, une histoire en construction

Dans les rues de Rabat comme dans les cafés de Casablanca, la CAN féminine est sur toutes les lèvres. Les familles, les enfants, les anciens footballeurs et les jeunes supportrices se retrouvent autour d’un même rêve : voir les Lionnes briller. Le football féminin n’est plus un parent pauvre. Il devient un objet de fierté nationale, un vecteur d’égalité, de reconnaissance et d’excellence.

En tenant tête à la Zambie avec courage et panache, les Lionnes de l’Atlas ont envoyé un message clair : elles sont là, prêtes à lutter, à inspirer et à faire vibrer tout un pays.

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