Lions de l’Atlas : Un long parcours qui à chaque fois mène le rêve plus loin

Lions de l’Atlas : Un long parcours qui à chaque fois mène le rêve plus loin

Les supporters voient déjà plus loin. « Après 2022, pourquoi pas une finale en 2026 ? » confie un jeune fan grisé par cette victoire dans les rues de Rabat

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Par Hassan Zakariaa avec MAP

Rabat – Partout dans le Royaume, la qualification a donné lieu à des scènes de liesse. De Casablanca à Dakhla, les foules se sont rassemblées, drapeaux en main, pour célébrer cette nouvelle épopée. Pour beaucoup, il ne s’agit pas seulement de sport, mais d’un projet national où le football incarne l’unité, la fierté et l’ambition. Il est aussi le prolongement d’un parcours long de plus d’un demi-siècle et de six participations et la septième en poche aux phases finales de la coupe du monde qui a commencé par un été mexicain en 1970.

Le sélectionneur Walid Regragui a salué la rigueur et l’engagement de ses joueurs : « La tactique mise en place a parfaitement fonctionné. L’essentiel était de valider la qualification rapidement, et nous l’avons fait avec brio. »

Vendredi soir, le Maroc s’est offert une place de choix dans l’histoire du football mondial en validant avec éclat sa septième participation à la Coupe du monde, prévue en 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Dans un Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, rénové et archicomble les Lions de l’Atlas ont dominé le Niger sur un score sans appel (5-0), confirmant ainsi la dynamique victorieuse d’une génération dorée qui ne cesse de repousser les frontières du rêve.

Des qualifications maîtrisées de bout en bout

Les coéquipiers d’Achraf Hakimi ont réalisé un parcours parfait lors de ces éliminatoires africains. Six victoires en autant de matchs, 19 buts marqués pour une défense quasiment infranchissable : le Maroc n’a laissé aucune place au doute. La victoire écrasante face au Niger a été l’ultime démonstration d’une équipe en pleine confiance, portée par un effectif équilibré mêlant cadres expérimentés et jeunes prodiges.

Le sélectionneur Walid Regragui a salué la rigueur et l’engagement de ses joueurs : « La tactique mise en place a parfaitement fonctionné. L’essentiel était de valider la qualification rapidement, et nous l’avons fait avec brio. »

Cette performance prolonge une série impressionnante de 13 victoires consécutives, illustrant la constance d’un groupe qui a su transformer l’exploit de 2022 en véritable dynamique structurelle. Pour les supporters, cette qualification n’est pas seulement un objectif sportif atteint, mais une confirmation de la place du Maroc parmi les grandes nations du football.

Un parcours mondial riche en enseignements

Depuis sa première participation en 1970 au Mexique, le Maroc a connu des hauts et des bas, mais chaque génération a apporté sa pierre à l’édifice. Les débuts furent timides, avec une défaite contre le Pérou (0-3) et un match nul face à la Bulgarie (1-1), avant de s’incliner contre l’Allemagne (1-2). Seize ans plus tard, lors du Mondial 1986, les Lions de l’Atlas signaient une épopée mémorable.

Avec Mohamed Timoumi, Badou Zaki, Abderrazak Kharyi ou encore Mery Krimou, le Maroc écrivait l’une des plus belles pages de son histoire. Après avoir neutralisé la Pologne et l’Angleterre, l’équipe signait sa première victoire en Coupe du monde contre le Portugal (3-1), avant de s’incliner avec les honneurs en huitièmes face à l’Allemagne.

La suite fut plus contrastée : trois défaites en 1994 aux États-Unis, une élimination cruelle en 1998 malgré une victoire éclatante contre l’Écosse (3-0), puis une longue traversée du désert. Il fallut attendre 2018 pour revoir le Maroc au rendez-vous, sans réussite malgré un nul prestigieux face à l’Espagne (2-2).

Mais c’est en 2022 au Qatar que les Lions de l’Atlas ont atteint les sommets. Premier pays africain et arabe demi-finaliste, le Maroc a successivement éliminé l’Espagne aux tirs au but et le Portugal (1-0), avant de s’incliner en demi-finale face à la France. Ce parcours a marqué l’imaginaire collectif et conféré au Royaume une stature nouvelle sur l’échiquier mondial.

Une génération dorée et un projet structuré

La force du Maroc aujourd’hui repose sur une combinaison entre vision royale, infrastructures modernes et talents d’exception. L’Académie Mohammed VI, inaugurée il y a plus d’une décennie, est devenue un vivier de champions. Le Complexe Mohammed VI de football, aux normes internationales, a offert aux Lions de l’Atlas un cadre de préparation digne des grandes nations.

Dans l’effectif actuel, des noms brillent sur toutes les grandes scènes européennes : Achraf Hakimi, Yassine Bounou, Sofyan Amrabat, Brahim Diaz ou encore Youssef En-Nesyri. Derrière eux, une nouvelle génération pousse, incarnée par Bilal El Khannous, Eliesse Ben Seghir et Ilias Akhomach. Pour Walid Regragui, cette profondeur d’effectif est un « luxe » qui permet de maintenir un niveau d’exigence élevé.

À cette solidité sportive s’ajoute le soutien indéfectible du public marocain. Chaque match à domicile est une célébration populaire, où plus de 60.000 supporters transforment le stade en une enceinte bouillante. Cette ferveur, couplée à une identité de jeu claire, confère à l’équipe un supplément d’âme.

Un écho international et des perspectives prometteuses

La qualification marocaine n’a pas manqué de faire réagir à l’international. Gianni Infantino, président de la FIFA, a salué une « performance exceptionnelle » et rappelé que le Maroc accueillera en 2030, aux côtés de l’Espagne et du Portugal, la Coupe du monde du centenaire. « Nous sommes impatients de voir à nouveau le Maroc briller en 2026 », a-t-il déclaré.

Pour Badou Zaki, sélectionneur du Niger et ancien gardien emblématique du Maroc, cette victoire était « un résultat ordinaire face à la meilleure équipe africaine ». Ses propos traduisent la nouvelle stature des Lions de l’Atlas : celle d’une nation respectée et crainte sur le continent.

Fruit d’un n long parcours qui mène à chaque fois le rêve un peu plus loin. Désormais, l’essentiel n’est plus de participer. Le Maroc vise haut, nourri par son parcours de 2022 et par l’organisation imminente de la CAN 2025 à domicile. Ce tournoi continental, disputé sur ses terres, constituera un test grandeur nature avant le Mondial nord-américain.

Le stade Prince Moulay Abdellah, symbole de modernité

L’inauguration récente du Stade Prince Moulay Abdellah, reconstruite selon les normes FIFA 2030, illustre la vision d’avenir du Royaume. Avec ses 68.700 places, ses loges haut de gamme, ses infrastructures médicales et médiatiques de pointe, et sa pelouse hybride unique en Afrique, ce stade représente un joyau architectural.

C’est dans cette enceinte moderne que les Lions ont validé leur billet pour 2026, renforçant le lien entre infrastructures de qualité et performances sportives. Pour de nombreux observateurs, le Maroc offre aujourd’hui un modèle de développement footballistique en Afrique, alliant passion populaire, investissement structuré et résultats tangibles.

Les supporters voient déjà plus loin. « Après 2022, pourquoi pas une finale en 2026 ? » confie un jeune fan grisé par cette victoire dans les rues de Rabat. Cet optimisme, nourri par la dynamique actuelle, traduit la confiance retrouvée d’un peuple en son équipe nationale.

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