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Mondial 2026 : le football mondial à l’heure des redistributions de puissance
Le milieu de terrain marocain Azzedine Ounahi célèbre son but avec ses coéquipiers lors du match de qualification africaine pour la Coupe du monde de football 2026 (groupe E) opposant le Maroc au Niger, au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah à Rabat, le 5 septembre 2025. (Photo AFP)
Quid avec MAP*
À l’approche de la Coupe du monde 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, plusieurs sélections abordent le tournoi avec des ambitions et des trajectoires contrastées. Demi-finaliste historique en 2022, le Maroc veut confirmer son nouveau statut parmi les grandes nations du football mondial, tandis que le Brésil vise un premier sacre depuis vingt-quatre ans. Les États-Unis comptent profiter de l’avantage du terrain, alors que la Turquie, l’Écosse, Haïti et la République tchèque signent leur retour sur la scène mondiale. Le Qatar espère effacer la déception de 2022, tandis que la Suisse et l’Australie veulent franchir un nouveau cap. Roundup de Quid avec les correspondants de MAP dans les capitales qualifiées : *Abdelghani Aouifia, Omar Er-rouch, Abdelmoughite Sabyh, Anass belhaj, Noureddine Hassani, Youness Kraifa et Wahiba Rabhi
Le Maroc veut transformer l’exploit en référence durable

Les Lions de l’Atlas lors de la qualification africaine pour la Coupe du monde de football opposant le Maroc au Niger, au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah à Rabat, le 5 septembre 2025. (Photo AFP)
Depuis la Coupe du monde 2022 au Qatar, le regard porté sur le Maroc a profondément changé. Les Lions de l’Atlas ne sont plus considérés comme une sélection capable de créer ponctuellement la surprise, mais comme une équipe désormais installée parmi les nations crédibles du football mondial. Leur parcours historique jusqu’aux demi-finales a modifié leur statut et redéfini les attentes autour de la sélection marocaine.
Qualifié parmi les premières équipes pour le Mondial 2026, le Maroc a traversé les éliminatoires avec maîtrise et continuité. Cette régularité tranche avec l’instabilité souvent observée dans le football africain. La sélection marocaine s’est imposée au fil des dernières années grâce à une identité de jeu très claire : discipline collective, solidité défensive, transitions rapides et efficacité dans les moments décisifs.
L’héritage du Qatar reste central dans cette dynamique. En éliminant plusieurs grandes nations européennes lors du précédent Mondial, les coéquipiers d’Achraf Hakimi ont démontré qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures équipes de la planète sur la durée d’une grande compétition. Ce parcours a également renforcé la confiance du groupe et installé une culture de l’exigence nouvelle autour de la sélection.
L’objectif du Mondial 2026 dépasse désormais la simple participation honorable. Pour le Maroc, l’enjeu consiste à confirmer que l’épopée qatarie ne relevait pas d’un accident de parcours mais du début d’une nouvelle phase de maturité footballistique. Sous la direction de Mohamed Ouahbi, le groupe continue de s’appuyer sur des cadres expérimentés tout en intégrant progressivement une génération montante.
Cette stabilité technique et humaine constitue l’un des principaux atouts marocains. Le projet semble pensé sur le long terme, avec une volonté affirmée de capitaliser sur les acquis récents plutôt que de repartir de zéro après chaque compétition majeure. Dans un football international souvent dominé par l’urgence des résultats, cette continuité donne au Maroc une forme de cohérence rarement observée à ce niveau.
Le choc attendu entre le Maroc et le Brésil

Denilson, champion du monde 2002 avec le Brésil et ancien joueur, embrasse le trophée de la Coupe du monde de la FIFA. Le Brésil abordera cette Coupe du monde avec une pression immense. Depuis son cinquième sacre mondial en 2002, la Seleçao n’a plus réussi à retrouver les sommets (Photo AFP)
Le calendrier du Mondial 2026 offrira rapidement une affiche très attendue entre le Maroc et le Brésil, le 13 juin. Ce match symbolisera à lui seul le changement d’époque traversé par le football mondial : d’un côté, la nation la plus titrée de l’histoire ; de l’autre, une sélection devenue en quelques années l’un des nouveaux visages du football international.
Le Brésil abordera cette Coupe du monde avec une pression immense. Depuis son cinquième sacre mondial en 2002, la Seleçao n’a plus réussi à retrouver les sommets. Une génération entière de Brésiliens a grandi sans voir son équipe nationale soulever le trophée planétaire. Les souvenirs des grandes heures incarnées par Pelé, Ronaldo ou Ronaldinho continuent de nourrir la mémoire collective, mais aussi une forme de frustration persistante.
Depuis deux décennies, le Brésil accumule les désillusions dans les phases finales face aux sélections européennes. La défaite traumatique contre l’Allemagne lors du Mondial 2014 reste profondément ancrée dans les mémoires. Ce “Mineiraço”, perdu 7-1 à Belo Horizonte, demeure l’un des plus grands chocs de l’histoire du football brésilien.
Pour tenter de tourner cette page, la Confédération brésilienne a confié la sélection à Carlo Ancelotti, premier entraîneur étranger de l’histoire de la Seleçao. Son arrivée marque une rupture culturelle importante. Respecté pour son immense expérience européenne, le technicien italien a été choisi pour apporter davantage de stabilité tactique à une équipe longtemps accusée de dépendre uniquement des exploits individuels.
Le Brésil conserve néanmoins un potentiel offensif considérable. Neymar, meilleur buteur de l’histoire de la sélection avec 79 réalisations, disputera probablement sa dernière Coupe du monde. Longtemps éloigné des terrains en raison de blessures, son retour suscite autant d’espoirs que d’interrogations. Autour de lui, des joueurs comme Vinícius Júnior, Raphinha ou Endrick représentent le renouvellement offensif de la Seleçao.
Mais le Brésil avance désormais avec une vulnérabilité plus visible qu’autrefois. Le sentiment d’invincibilité qui entourait la Seleçao s’est progressivement dissipé. Dans ce contexte, la confrontation avec le Maroc sera scrutée comme un véritable test de crédibilité pour les deux équipes.
L’Écosse retrouve enfin la scène mondiale
Parmi les sélections qui marqueront cette Coupe du monde 2026 figure également l’Écosse. Absente du Mondial depuis 1998, la Tartan Army effectue un retour très attendu sur la scène internationale avec un objectif simple mais historique : franchir enfin le premier tour, ce qu’elle n’a jamais réussi dans toute son histoire.
Placés dans un groupe difficile avec le Brésil, le Maroc et Haïti, les hommes de Steve Clarke savent que leur marge d’erreur sera très réduite. Leur qualification constitue déjà une réussite importante pour un pays longtemps éloigné des grandes compétitions.
L’Écosse a reconstruit progressivement une identité compétitive autour de la rigueur défensive, de l’engagement physique et d’une forte discipline collective. Sans disposer d’un potentiel offensif spectaculaire, les Écossais ont bâti leur réussite sur une organisation compacte et une capacité à résister dans les matchs tendus.
Le capitaine Andy Robertson incarne cette équipe combative. Habitué aux grandes affiches européennes avec Liverpool, il apporte expérience et leadership. Au milieu, John McGinn et Scott McTominay donnent à la sélection écossaise son intensité physique et sa capacité à presser haut.
La rencontre contre le Maroc possède une dimension particulière dans la mémoire écossaise. Les deux équipes s’étaient déjà affrontées lors du Mondial 1998 en France, avec une victoire nette du Maroc 3-0 à Saint-Étienne. Cette fois encore, le duel pourrait peser lourd dans la course à la qualification pour les huitièmes de finale.
Pour les Écossais, cette Coupe du monde représente autant une opportunité sportive qu’un symbole national. Après des décennies d’absence, le simple retour au plus haut niveau nourrit déjà un immense enthousiasme populaire. Reste à savoir si cette génération parviendra enfin à franchir le plafond historique qui accompagne l’histoire du football écossais.
L’Australie veut dépasser le simple rôle d’invité
L’Australie avance également avec des ambitions nouvelles. Les Socceroos ne se présentent plus comme une sélection simplement heureuse de participer à la Coupe du monde. Les progrès observés depuis plusieurs années ont profondément modifié les objectifs du football australien.
Le Mondial 2022 au Qatar a constitué un tournant important. Les Australiens avaient atteint les huitièmes de finale après des victoires solides contre la Tunisie et le Danemark, avant de pousser l’Argentine dans ses retranchements lors d’un match très disputé.
Depuis, la sélection a évolué dans son approche du jeu. L’équipe conserve les caractéristiques traditionnelles du football australien — intensité physique, discipline et engagement — mais cherche désormais à contrôler davantage les rencontres plutôt qu’à uniquement subir les temps faibles.
Le sélectionneur Tony Popovic incarne cette évolution. Arrivé à la tête des Socceroos fin 2024, il tente d’installer une culture plus ambitieuse. Son discours vise clairement à dépasser le plafond des huitièmes de finale atteint en 2006 puis en 2022.
L’expérience du gardien Mathew Ryan reste essentielle dans cette équipe en transition. Offensivement, des joueurs comme Martin Boyle ou le jeune Nestory Irankunda symbolisent une génération plus créative et plus décomplexée.
Le groupe de l’Australie, composé des États-Unis, de la Turquie et du Paraguay, s’annonce dense et équilibré. Mais les Socceroos considèrent désormais les phases à élimination directe comme une étape minimale plutôt qu’un aboutissement.
À travers ces différentes trajectoires, le Mondial 2026 apparaît déjà comme une Coupe du monde de transition et de redistribution des équilibres. Les grandes puissances historiques cherchent à renouer avec leur domination, tandis que des sélections naguère considérées comme secondaires veulent désormais inscrire durablement leur nom parmi les références du football mondial. Le Maroc figure pleinement dans cette nouvelle réalité.
Les États-Unis veulent changer de dimension à domicile

Sous la direction de Mauricio Pochettino, les Stars and Stripes abordent cette Coupe du monde avec des attentes inédites.
Trente-deux ans après le Mondial 1994, les États-Unis retrouvent le rôle de pays hôte dans un contexte profondément différent. À l’époque, le football restait un sport périphérique dans le paysage sportif américain. Aujourd’hui, la MLS s’est consolidée, les infrastructures se sont développées et une nouvelle génération de joueurs évolue dans les grands championnats européens.
Sous la direction de Mauricio Pochettino, les Stars and Stripes abordent cette Coupe du monde avec des attentes inédites. Le technicien argentin, arrivé en septembre 2024, doit transformer une sélection prometteuse en équipe capable de rivaliser durablement avec les grandes nations du football mondial.
L’effectif américain repose sur un mélange d’expérience et de jeunesse. Christian Pulisic reste la principale figure offensive du groupe. À ses côtés, Weston McKennie, Folarin Balogun, Gio Reyna ou encore Antonee Robinson incarnent cette génération formée entre les États-Unis et les académies européennes.
Pochettino veut imposer un football offensif, basé sur les transitions rapides et une relance construite depuis l’arrière. Mais le sélectionneur insiste aussi sur la nécessité de maintenir une forte discipline collective. Pour lui, le talent individuel ne suffit pas à bâtir une équipe capable d’aller loin dans une compétition mondiale.
Le défi reste important. Malgré des progrès évidents, les résultats récents des Américains demeurent irréguliers, comme l’ont montré les défaites concédées face à la Belgique et au Portugal lors de la dernière trêve internationale. La pression populaire sera également immense dans des stades qui afficheront complet durant tout le tournoi.
Le groupe D, composé de la Turquie, du Paraguay et de l’Australie, apparaît équilibré mais exigeant. Les États-Unis débuteront leur tournoi le 12 juin face au Paraguay à Inglewood, près de Los Angeles. L’objectif affiché est clair : dépasser les huitièmes de finale atteints au Qatar en 2022 et renouer avec l’élan historique de 1930, lorsque la sélection américaine avait atteint les demi-finales du premier Mondial.
La Turquie rêve d’un retour durable parmi les grandes nations
Après vingt-quatre ans d’absence, la Turquie retrouve enfin la Coupe du monde avec l’ambition de renouer avec l’héritage de 2002, année où l’Ay-Yıldızlılar avait terminé à une historique troisième place en Corée du Sud et au Japon.
Depuis cet exploit, le football turc a traversé une longue période d’instabilité marquée par des échecs répétés lors des qualifications internationales. Le retour au Mondial 2026 apparaît donc comme le symbole d’une reconstruction progressive.
Le projet conduit par Vincenzo Montella a permis de redonner une cohérence sportive à la sélection. L’ancien attaquant italien a mis en place une équipe basée sur la possession, le pressing haut et les transitions rapides, tout en intégrant une nouvelle génération très talentueuse.
La Turquie a obtenu sa qualification après un parcours difficile dans les éliminatoires européens puis des barrages disputés. Le nul obtenu face à l’Espagne à Séville et les victoires contre la Roumanie puis le Kosovo ont renforcé la confiance du groupe.
Cette génération turque suscite beaucoup d’attentes. Le capitaine Hakan Çalhanoğlu reste le principal cadre de l’équipe grâce à son expérience internationale et sa maîtrise du jeu au milieu de terrain. Mais les regards se tournent surtout vers les jeunes talents comme Arda Güler, Kenan Yıldız et Kerem Aktürkoğlu, symboles du renouveau du football turc.
Le groupe D offre à la Turquie une réelle opportunité de qualification pour le deuxième tour. Le match contre l’Australie à Vancouver lancera la campagne turque avant des confrontations face au Paraguay puis aux États-Unis à Los Angeles. Plusieurs observateurs considèrent que le duel contre le Paraguay pourrait être décisif dans la course aux huitièmes de finale.
Au-delà des résultats immédiats, cette participation nourrit un espoir plus profond en Turquie : celui d’installer durablement la sélection parmi les équipes compétitives du football international.
Le Qatar veut effacer le souvenir douloureux de 2022
Pour le Qatar, le Mondial 2026 possède une signification particulière. Après l’élimination précoce lors de la Coupe du monde organisée à domicile en 2022, “Al-Annabi” veut démontrer que cette première expérience ne résume pas le niveau réel du football qatari.
Cette fois, la sélection s’est qualifiée par les éliminatoires asiatiques, confirmant sa progression continentale après ses titres de champion d’Asie remportés en 2019 puis en 2023.
L’arrivée de Julen Lopetegui a profondément modifié l’approche tactique du Qatar. Le technicien espagnol mise sur une possession réfléchie, des circuits de passes rapides et une forte discipline collective. Son expérience au plus haut niveau européen constitue un atout important pour une sélection qui cherche encore à gagner en maturité internationale.
Le Qatar conserve également un avantage rare : la majorité des joueurs évoluent ensemble depuis plusieurs années, aussi bien en sélection qu’au sein des clubs locaux comme Al Sadd ou Al-Duhail. Cette continuité favorise les automatismes et la cohésion collective.
La sélection qatarie s’appuie toujours sur des cadres majeurs comme Akram Afif, considéré comme l’un des meilleurs joueurs asiatiques, Almoez Ali, meilleur buteur de l’histoire de la sélection, ou encore Hassan Al-Haydos, revenu en sélection après avoir annoncé sa retraite internationale.
Le staff qatari reste néanmoins conscient des limites actuelles de l’équipe, notamment dans le repli défensif face aux adversaires capables d’accélérer rapidement en transition. Lopetegui reconnaît lui-même que la mission sera difficile dans une compétition où le niveau physique et tactique sera particulièrement élevé.
Placés dans le groupe B avec la Suisse, le Canada et la Bosnie-Herzégovine, les Qataris viseront une qualification historique pour les huitièmes de finale. La préparation comprend plusieurs matchs amicaux et un stage final organisé aux États-Unis afin d’adapter progressivement le groupe aux conditions nord-américaines.
Un Mondial qui reflète les nouveaux équilibres du football
Le Mondial 2026 s’annonce donc comme l’un des plus ouverts de l’histoire récente avec l’élargissement à 48 équipes et l’émergence de nouvelles ambitions sur plusieurs continents.
Les États-Unis veulent profiter du tournoi à domicile pour confirmer leur progression et imposer définitivement le football dans le paysage sportif national. La Turquie espère transformer son retour en Coupe du monde en point de départ d’une nouvelle période de stabilité compétitive. Le Qatar, lui, tente de prouver que son développement footballistique dépasse le simple cadre de l’organisation du Mondial 2022.
Ces trajectoires traduisent l’évolution du football mondial, où de nouvelles nations cherchent désormais à réduire l’écart avec les puissances historiques. Dans ce contexte, la Coupe du monde 2026 apparaît déjà comme un tournoi charnière, marqué par la redistribution progressive des équilibres et des ambitions.
Titre : Mondial 2026 : Haïti, la Suisse et la République tchèque entre retour historique et ambitions mesurées.
Haïti retrouve la lumière après cinquante-deux ans d’attente
Pour Haïti, la qualification au Mondial 2026 dépasse largement le cadre sportif. Plus de cinquante ans après sa première et unique participation à la Coupe du monde en 1974, la sélection haïtienne retrouve enfin la scène mondiale dans un contexte national particulièrement difficile, marqué par des crises politiques, économiques et sécuritaires persistantes.
Le retour des Grenadiers ravive le souvenir d’une génération entrée dans l’histoire du football caribéen. Lors du Mondial en Allemagne de l’Ouest, Haïti avait certes quitté la compétition dès le premier tour, mais avait marqué les esprits grâce au but inscrit par Emmanuel Sanon contre l’Italie. Cette réalisation avait mis fin à une longue série d’invincibilité du gardien italien Dino Zoff et offert au pays l’un des moments les plus symboliques de son histoire sportive.
Depuis, la Coupe du monde était devenue un rêve lointain pour le football haïtien. La qualification obtenue pour l’édition 2026 possède donc une forte dimension émotionnelle et nationale. Dans un pays confronté à de multiples difficultés, cette réussite a été vécue comme un moment d’unité collective et de fierté populaire.
Le parcours qualificatif n’a pourtant rien eu de simple. En raison de la situation sécuritaire, les Grenadiers ont dû disputer leurs rencontres hors du territoire national. Malgré ces contraintes, Haïti a réalisé une campagne solide dans les éliminatoires de la CONCACAF, avec notamment des victoires importantes face au Costa Rica et au Nicaragua.
Sous la direction du sélectionneur français Sébastien Migné, nommé en 2024, la sélection haïtienne a construit son identité autour de la cohésion et de la solidarité collective. Son mot d’ordre — “l’unité, l’unité puis l’unité” — résume la philosophie d’un groupe qui compense son manque d’expérience internationale par un fort engagement collectif.
La sélection s’appuie aujourd’hui sur des joueurs évoluant en Europe et en Amérique du Nord. Duckens Nazon demeure l’une des figures offensives majeures, tandis que Jean-Ricner Bellegarde incarne cette génération désireuse de s’imposer sur la scène internationale.
Le défi s’annonce immense dans le groupe C, où Haïti affrontera le Maroc, le Brésil et l’Écosse. Face à des adversaires plus expérimentés, les Grenadiers tenteront avant tout de livrer une prestation honorable et de profiter du nouveau format élargi à 48 équipes pour rêver d’un possible exploit.
La Suisse veut enfin briser son plafond de verre
Discrète mais constante depuis plusieurs années, la Suisse aborde le Mondial 2026 avec un objectif clair : dépasser enfin les huitièmes de finale, stade où la Nati s’est arrêtée lors des trois dernières éditions.
La sélection helvétique s’est installée durablement parmi les équipes solides du football européen grâce à une remarquable régularité. Première de son groupe de qualification devant le Kosovo, la Slovénie et la Suède, elle reste l’une des équipes les plus difficiles à battre sur la scène continentale.
Sous la direction de Murat Yakin, la Suisse continue de miser sur une discipline tactique rigoureuse et une grande capacité d’adaptation. La force de cette génération réside autant dans sa stabilité que dans sa diversité culturelle, devenue l’un des symboles du football suisse moderne.
Le capitaine Granit Xhaka reste le principal leader du groupe. À 33 ans, le milieu de terrain apporte expérience et sérénité à une sélection qui possède désormais une forte culture des grands rendez-vous internationaux.
Autour de lui, des joueurs comme Manuel Akanji, Breel Embolo ou Dan Ndoye incarnent un groupe capable d’alterner possession, jeu direct ou bloc défensif selon les adversaires.
Le principal défi suisse demeure toutefois offensif. Depuis la retraite internationale de Xherdan Shaqiri, la Nati cherche encore un joueur capable de débloquer seul les rencontres fermées ou de faire basculer les grands matchs sur une inspiration individuelle.
La nouvelle génération apporte néanmoins un souffle nouveau. Le jeune Johan Manzambi symbolise cette relève progressive avec sa polyvalence et sa créativité.
Dans le groupe B, la Suisse affrontera le Qatar, le Canada et la Bosnie-Herzégovine. Sur le papier, la Nati apparaît comme l’une des équipes les mieux armées pour atteindre les huitièmes de finale. Reste désormais à savoir si cette stabilité chronique peut enfin se transformer en véritable exploit.
La République tchèque veut renouer avec son héritage mondial
Vingt ans après sa dernière apparition en Coupe du monde, la République tchèque effectue un retour attendu sur la scène internationale avec un profil d’outsider discipliné et difficile à manœuvrer.
Loin des générations flamboyantes du passé, la Nároďák avance aujourd’hui avec davantage de sobriété que de prestige individuel. Sa qualification s’est construite dans la difficulté, au terme de barrages européens particulièrement éprouvants face à la République d’Irlande puis au Danemark.
Ces rencontres ont révélé l’une des principales qualités de cette équipe : sa résilience mentale. Menés à plusieurs reprises, les Tchèques ont trouvé les ressources pour revenir avant de s’imposer lors des séances de tirs au but.
Cette reconstruction porte l’empreinte de Miroslav Koubek, arrivé à la tête de la sélection en décembre 2025. À 74 ans, le technicien a redonné une structure claire à un groupe en quête de stabilité après plusieurs années d’irrégularité.
La sélection tchèque repose sur des principes simples : organisation défensive solide, engagement physique et efficacité dans les transitions rapides. Le capitaine Ladislav Krejčí incarne ce leadership défensif, épaulé par des joueurs expérimentés comme Tomáš Souček ou Vladimír Coufal.
Offensivement, l’équipe s’appuie principalement sur Patrik Schick, dont l’efficacité devant le but constitue l’arme principale d’une sélection parfois limitée dans la créativité pure mais très réaliste dans les moments décisifs.
Le groupe A, composé du Mexique, de la Corée du Sud et de l’Afrique du Sud, apparaît relativement ouvert. Aucun favori net ne se dégage, ce qui offre à la République tchèque une véritable opportunité de franchir le premier tour.
Une Coupe du monde des trajectoires et des renaissances
À travers ces différentes histoires, le Mondial 2026 illustre la diversité des trajectoires qui traversent aujourd’hui le football international. Haïti revient sur la scène mondiale porté par un immense élan populaire et symbolique. La Suisse cherche à transformer sa régularité en véritable performance majeure. La République tchèque tente, elle, de renouer avec une tradition historique longtemps interrompue.
Dans une Coupe du monde élargie à 48 équipes, ces sélections espèrent profiter d’un contexte plus ouvert pour bousculer les hiérarchies traditionnelles. Si aucune n’apparaît parmi les favorites du tournoi, toutes abordent cette édition avec l’ambition de dépasser leur propre histoire récente et de laisser une empreinte durable sur le Mondial nord-américain.