Mondial-2026: pour la Roja, des premiers doutes à vite dissiper

Mondial-2026: pour la Roja, des premiers doutes à vite dissiper

Avant l'entrée de Lamine Yamal à la 70e minute, hormis les cinq dernières minutes de la première période, l'attaque espagnole a été inoffensive, incapable de trouver le moindre espace, lors du match qui a opposé l'Espagne au Cap-Vert au stade d'Atlanta, à Atlanta, le 15 juin 2026. (Photo Roberto SCHMIDT / AFP)

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Accrochée d’entrée par le Cap-Vert (0-0), l’Espagne a raté ses débuts dans la Coupe du monde 2026 et suscité ses premiers questionnements malgré une série de 32 matches sans défaite. Entre manque d’inspiration offensive, possession stérile et dépendance aux retours de Lamine Yamal et Nico Williams, la Roja est désormais attendue au tournant face à l’Arabie saoudite pour dissiper les doutes sans compromettre ses ambitions de sacre mondial.

Chattanooga, États-Unis - Un match nul d'entrée qui plus est contre le Cap-Vert, nation novice classée 64e mondiale, font tache pour la Roja, championne d'Europe et parmi les favorites de la Coupe du monde, mais ni les joueurs ni le sélectionneur ne veulent entendre parler de doutes.

"Le bruit et la fureur, cela ne me pose aucun problème. Aujourd'hui, nous en sommes à 32 matches sans défaite. Nous n'avons pas eu la justesse dans les dernières passes et il s'est passé cela, mais rien qui doive susciter des doutes ou une inquiétude excessive", s'est empressé de déclarer le sélectionneur espagnol Luis de la Fuente devant la presse.

Il a néanmoins admis à quelques minutes d'intervalle que ce résultat forcément insatisfaisant "ne faisait partie des plans" et que son équipe avait reçu "un coup au moral".

Evidemment, un point de pris, certes sans gloire, n'est pas non plus une défaite, laquelle eut été humiliante. Mais ne pas parvenir à marquer face à un si faible adversaire, avec l'armada dont dispose la Roja même sans Lamine Yamal au départ, est un sacré accroc. Et d'ailleurs, des sifflets sont descendus des tribunes.

Tenus de se relancer dans ce Mondial, les coéquipiers de Rodri vont retrouver le calme de leur camp de base à Chattanooga (Tennessee) et on sait déjà qu'une attention toute particulière sera apportée à l'animation offensive, totalement en manque d'idées lundi à Atlanta.

Possession stérile, mauvais souvenirs

Habituellement basé sur le contrôle et la verticalité, le jeu de la Roja a bien trop ronronné pour bouger le bloc bas mis en place par le Cap-Vert. Une possession stérile, flirtant avec l'ennui, qui a rappelé 2018 et 2022, lorsque l'Espagne de Luis Enrique était tombée aux tirs au but en huitièmes de finale face à la Russie et contre le Maroc.

Et avant l'entrée de Lamine Yamal à la 70e minute, hormis les cinq dernières minutes de la première période, l'attaque espagnole a été inoffensive, incapable de trouver le moindre espace dans la surface pour enclencher une frappe précise.

Pourtant habitués à jouer dans les petits espaces grâce à leur finesse technique, notamment avec "le meilleur milieu de terrain du monde", selon les mots de leur sélectionneur, les Espagnols ont essayé de passer par des centres. Mais à leur réception, les têtes ont soit trouvé la barre transversale soit les gants du gardien capverdien très en verve.

Que ce soit Ferran Torres, Gavi ou Mikel Oyarzabal, tous ont été imprécis ou impuissants face à Vozinha, 40 ans et logiquement désigné meilleur joueur de la rencontre.

Totalement éteint lundi alors qu'il n'était pourtant pas gêné par la chaleur dans le stade d'Atlanta climatisé et sous un toit fermé, Oyarzabal a été méconnaissable.

- Automatismes à retrouver -

Et une statistique le résume très bien: le buteur de la Real Sociedad est le premier joueur depuis 1966 à avoir joué les 30 premières minutes d'un match de Coupe du monde sans toucher une seule fois le ballon, selon le statisticien Opta.

Ce match a de fait également illustré à quel point Lamine Yamal, remplaçant au coup d'envoi, a fait défaut à la Roja. En un peu plus d'une vingtaine de minutes, il a amené de la vitesse et du danger, certes sans parvenir à forcer le verrou capverdien.

Rétabli de sa blessure à une cuisse, il devrait débuter contre l'Arabie Saoudite dimanche et, même s'il manque un peu de rythme, sa justesse technique ne sera pas de trop pour amener du peps à l'équipe.

Idem s'agissant de l'autre ailier Nico Williams, également remis d'une cuisse douloureuse et qui a aussi fait son retour en toute fin de match.

"Quand nous aurons retrouvé nos automatismes, l’équipe sera meilleure", a espéré le sélectionneur, se disant "très serein". Dans son esprit, "il reste sept matches", dont la finale.

Et Luis de la Fuente le sait très bien: ce qui compte, ce n'est pas comment on commence mais comment on finit. En 2010, la Roja avait été sacrée championne du monde après avoir perdu 1-0 face à la Suisse lors de son entrée en lice.