Mondial: Neymar et Ronaldo en piste, le Brésil magistrale en deuxième partie

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L'attaquant brésilien #10 Neymar marche avec une cheville enflée à la fin du match de football du groupe G de la Coupe du monde Qatar 2022 entre le Brésil et la Serbie au stade Lusail, à Lusail, au nord de Doha, le 24 novembre 2022. (Photo par Giuseppe CACACE / AFP)

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L'un a le vent en poupe et l'étiquette de favori, l'autre est sans employeur et a souffert pour emmener son pays au Qatar: le Mondial-2022 a accueilli jeudi les débuts de deux stars planétaires, le Brésilien Neymar et le Portugais Ronaldo.

Cristiano Ronaldo est rarement allé très loin en Coupe du monde avec le Portugal, à part une demi-finale en 2006, mais il restera dans l'histoire de l'épreuve comme étant le premier joueur à avoir marqué au moins une fois lors de cinq éditions différentes.

Il vient de rééditer face au Ghana, battu 3 à 2, en marquent le premier but (65 s.p.) suivi de Félix (78) et Leão (80). E Ghana n’ pas démérité en revenant une fois par A. Ayew (73), puis en réduisant l’écart par Bukari (89).

Si Ronaldo a marqué sur pénalty, Neymar, lui, est sorti blessé laissant ses supporters dans l’angoisse, mais auparavant, lui et ses coéquipiers avaient déjà la victoire en poche grâce à un doublé de Richarlison force le verrou serbe dont une bicyclette qui restera dans les annales de cette première journée.

La sélection aux cinq trophées mondiaux a longtemps buté sur la forteresse serbe mais a fini par trouver la solution à la 62e, Richarlison reprenant du coup de pied une frappe de Vinicius repoussée par le gardien serbe Vanja Milinkovic-Savic. L'attaquant de Tottenham a doublé la mise d'un spectaculaire enchaînement contrôle du gauche/reprise du droit, de volée, à la 73e.

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L'attaquant portugais  Cristiano Ronaldo est défié par le milieu de terrain ghanéen (n°05) Thomas Partey et le milieu de terrain ghanéen Salis Abdul Samed lors du match de football du groupe H de la Coupe du monde Qatar 2022 entre le Portugal et le Ghana au stade 974 à Doha, le 24 novembre 2022. (Photo de Kirill KUDRYAVTSEV / AFP)

La Suisse, elle aussi, a plutôt bien réussi ses débuts pour cette dernière journée des "premiers matches" en battant une autre équipe africaine, le Cameroun (1-0), grâce à un but de Breel Embolo, né au Cameroun mais qui a choisi de jouer pour la "Nati". Des toutes les équipes de la CAF présentes à la Coupe du monde seuls pour l’instant les Ghanéens ont marqué. 

Après les autres rencontres du jour - Uruguay-Corée du Sud (14h00) et Portugal-Ghana (19h00) dans le groupe H et Brésil-Serbie (20h00) dans le groupe G, toutes les équipes auront disputé leur premier match.

Derniers arrivés sur le sol qatari, les Brésiliens commencaient leur tournoi là où beaucoup les imaginent le finir: au stade de Lusail où sera jouée la finale le 18 décembre.

Ce statut de grand favori pour un sixième sacre est renforcé par les blessures à répétition chez les champions sortants français et la défaite-choc des Argentins de Lionel Messi contre l'Arabie saoudite mardi (2-1) dans ce même stade.

Ce revers de leurs grands rivaux sud-américains, doit "nous faire réfléchir. On sait qu'il n'y a pas de moments faciles pendant une Coupe du monde", a mis en garde l'entraîneur Tite, conscient de la pression considérable qui pèse sur ses joueurs. Le Brésil, pays du football-roi, attend depuis vingt ans d'accrocher une sixième étoile à son maillot.

Étincelant depuis le début de saison avec le Paris-SG, Neymar a devancé l'appel puisqu'il en a déjà fait coudre une sur son short avant de poster la photo sur Instagram. Arrogant l'attaquant parisien? "Seulement un rêveur", le défend son compère en attaque, Richarlison.

Stojkovic: même pas peur 

La défaite mercredi de l'Allemagne contre le Japon (2-1), deuxième grosse surprise de ce début de compétition, sonne comme un nouveau rappel à la vigilance pour Neymar et ses équipiers.

D'autant que la Serbie ne se présentera pas en victime expiatoire. "Personne ne me fait peur dans ce monde, pas même le Brésil. Pas besoin d'avoir peur", prévient l'entraîneur serbe Dragan "Piksi" Stojkovic.

Le maître à jouer de la dernière équipe yougoslave se laisse aller à l'ironie pour répondre à une question sur le potentiel offensif brésilien. "Vous dites que les Brésiliens vont jouer avec quatre attaquants ? Alors c'est fini pour nous ! Le Brésil a de la chance d'avoir quatre attaquants mais il faudra bien que quelqu'un joue en défense, non ?", sourit-il.

Si elle ne donne pas toutes les garanties derrière, son équipe n'est pas démunie offensivement avec des joueurs évoluant dans les grands championnats européens, l'expérimenté Dusan Tadic, le massif Aleksandar Mitrovic. Et surtout Dusan Vlahovic, l'arme N.1 des "Aigles", successeur à la Juventus Turin de Cristiano Ronaldo, l'autre grande star à entrer en scène jeudi.

Le Portugais, qui vient de rompre d'un commun accord son contrat avec Manchester United après une dispute publique au lance-flamme, assure que ce feuilleton "n'ébranlera pas" sa sélection.

La Mannschaft sanctionnée ? -

Outre des débuts réussis, cet insatiable collectionneur de records en aura un dans le viseur: déjà meilleur buteur de l'histoire du football de sélections (117 buts en 191 capes), il peut devenir, contre le Ghana, le premier à marquer lors de cinq Coupes du monde différentes. Lui assure que ce ne sera pas sa priorité: "Si nous sommes champions du monde sans que je marque, je signe tout de suite."

Dans ce Mondial émaillé de controverses extra-sportives, il ne faut jurer de rien mais le président de la Fifa Gianni Infantino peut rêver d'une journée plus tranquille jeudi que la veille.

Des sept sélections européennes à avoir envisagé de porter le brassard inclusif "One Love" avant de renoncer face aux menaces de sanctions sportives de la Fifa, la Suisse est la seule à avoir joué jeudi.

Le capitaine helvète Granit Xhaka avait déjà dit qu'il ne suivrait pas l'exemple des Allemands qui ont publiquement marqué leur mécontentement face aux pressions de la Fifa avant leur défaite contre le Japon en mettant leur main devant la bouche sur la photo officielle: "Je ne pense pas que nous devons faire quelque chose en tant qu'équipe suisse. Il nous faut respecter les règles et nous concentrer sur le football."

Et les Suisses ont suivi les consignes de leur maitre à jouer, en restant neutres avant le coup d'envoi de leur partie.

Une question toutefois. La Fifa, bien silencieuse sur le sujet, réagira-t-elle au défi allemand et sanctionnera-t-elle la "Mannschaft"?