Sur le toit du monde, les Lionceaux de l’Atlas jouent les prolongations dans la presse mondiale

Sur le toit du monde, les Lionceaux de l’Atlas jouent les prolongations dans la presse mondiale

L'attaquant marocain n° 7 Othmane Maamma brandit le trophée tout en célébrant avec ses coéquipiers après avoir remporté la finale de la Coupe du monde de football U-20 de la FIFA 2025 entre l'Argentine et le Maroc au stade national de Santiago, le 19 octobre 2025. (Photo de Raul BRAVO / AFP)

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Quid avec MAP

De la pelouse chilienne aux écrans du monde entier, les Lionceaux de l’Atlas ont offert au Maroc son premier sacre mondial. Aujourd’hui chez les moins de 20 ans. Une victoire éclatante qui n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une stratégie royale patiemment construite depuis quinze ans. Derrière le triomphe des jeunes champions se dessine une vision ambitieuse : faire du football non seulement un sport, mais un moteur du développement, un miroir du Maroc nouveau et un levier de rayonnement international.

Une vision au long cours

Lorsque la BBC évoque la montée fulgurante du football marocain sur la scène mondiale, elle y voit la traduction concrète d’un projet mûrement pensé, impulsé et suivi par le Roi Mohammed VI. Dès 2008, bien avant que les exploits du Qatar 2022 n’enflamment les foules, le Souverain traçait une ligne claire : ériger le football en catalyseur du développement social et économique, un domaine d’excellence où la jeunesse du Royaume trouverait à la fois discipline, fierté et horizon.

Cette orientation n’était pas seulement sportive. Elle s’inscrivait dans une vision intégrée, liant la pratique du football à l’éducation, à la santé, à la cohésion territoriale et à la diplomatie d’influence. Le ballon rond devenait alors une métaphore d’un Maroc en mouvement, collectif et ambitieux, où chaque passe se voulait promesse d’avenir.

Sous cette impulsion, l’Académie Mohammed VI de Football a ouvert ses portes en 2009, suivie dix ans plus tard par l’inauguration du gigantesque Complexe Mohammed VI à Salé, véritable cathédrale du sport moderne. Ces deux institutions incarnent à elles seules une transformation profonde : elles ont remplacé le hasard par la méthode, le talent brut par la science du jeu, l’intuition par la planification.

La BBC le souligne : cette stratégie, pensée dans la durée, a fait du Maroc un modèle continental. La formation des jeunes, la professionnalisation des cadres techniques, la modernisation des infrastructures et la féminisation du sport ont dessiné une carte du football nouvelle, à la mesure des ambitions du Royaume.

L’Académie Mohammed VI, matrice du succès

Derrière les projecteurs du triomphe au Chili, un nom revient sans cesse : l’Académie Mohammed VI. Fathi Jamal, directeur du développement technique de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), en parle comme d’un « berceau de la réussite ». Huit terrains, une salle de musculation dernier cri, un hôtel cinq étoiles, une piscine olympique, une unité médicale complète — le centre de formation est aujourd’hui comparé à ceux des plus grands clubs européens.

C’est là qu’ont grandi nombre de héros du mondial chilien : Othmane Maamma, Yassir Zabiri, Yassine Gessime et d’autres, tous passés par les mêmes couloirs, les mêmes séances de visionnage et les mêmes rituels d’exigence. Cinq joueurs du onze champion du monde U20 y ont été formés, tout comme plusieurs membres de la sélection A, à commencer par Nayef Aguerd, Azzedine Ounahi et Youssef En-Nesyri — symboles de la continuité entre les générations.

Pour la BBC, cette passerelle entre formation et élite est la clé du modèle marocain : une production de talents intégrée, nationale, capable d’alimenter toutes les équipes du Royaume sans dépendre exclusivement de la diaspora.

La FRMF a complété cette architecture par un maillage territorial inédit. Sept mille terrains amateurs ont été rénovés ou créés, des centres régionaux ont vu le jour, et un vaste plan de formation d’entraîneurs locaux a été lancé. L’objectif : donner à chaque région, chaque ville et chaque quartier les moyens de former ses propres champions.

Ce modèle, aujourd’hui cité par la CAF et la FIFA, place le Maroc à l’avant-garde d’une révolution africaine : celle d’un football durable, fondé sur l’investissement dans la jeunesse plutôt que sur les seules victoires ponctuelles.

 Le sacre au Chili, un tournant historique

Sur les pelouses chiliennes, cette vision s’est incarnée dans une génération dorée. Les Lionceaux de l’Atlas ont dominé le tournoi U20 de bout en bout, concluant leur épopée par une victoire limpide contre l’Argentine (2-0) en finale. Deux buts signés Yassir Zabiri, l’attaquant au regard clair et au geste sûr, déjà présenté par ke journal français L’Équipe comme « le symbole d’un triomphe historique ».

L’histoire de Zabiri a tout du roman. Repéré enfant à Marrakech, il a grandi dans l’exigence avant de rejoindre Famalicão, au Portugal. Juste avant le Mondial, son club hésitait à le libérer. Il a insisté : « Je reviendrai champion du monde. » Il l’a été, meilleur buteur du tournoi avec cinq réalisations, deuxième meilleur joueur derrière son compatriote Othmane Maamma.

Maamma, justement, a ébloui tout au long du tournoi. Élu meilleur joueur et meilleur passeur, il a incarné l’âme créative de cette équipe. Marca en Espagne le décrit comme « l’étincelle et la référence » d’un Maroc conquérant, tandis que le site italien Tutto Mercato Web révèle que le Real Madrid l’a placé dans son viseur, séduit par sa puissance et son intelligence de jeu.

Autour d’eux, une constellation de jeunes talents : Yassine Gessime, stratège du milieu, et Yassir Zabiri, tueur de surface, ont offert au public chilien une démonstration d’audace, de discipline et de maturité. Le site allemand kicker.de parle d’une attaque « qui a écrasé la concurrence ».

Ce sacre est venu clore un cycle de progression entamé depuis le Qatar 2022, prolongé par la médaille de bronze olympique à Paris 2024, et désormais magnifié par ce titre mondial. Comme le souligne la RTBF belge, « le football marocain ne cesse de briller à tous les niveaux ».

L’écho mondial d’un triomphe africain

De Londres à Moscou, de Tunis à Libreville, la presse internationale a salué l’exploit marocain. Le Quotidien de Tunis parle d’une « envolée spectaculaire » de la valeur marchande des jeunes joueurs, preuve de la qualité du projet de formation. Les 23 Lionceaux valent désormais plus de 11 millions d’euros — un record pour une sélection africaine de moins de 20 ans.

En Russie, Komsomolskaïa Pravda s’est livrée à une analyse méthodique du triomphe marocain, identifiant dix facteurs clés : l’efficacité offensive, la solidité défensive, la flexibilité tactique, la profondeur du banc, l’effet de groupe, la discipline et la résilience mentale. Autant d’atouts forgés à l’école Mohammed VI, où l’on apprend autant à penser le jeu qu’à le jouer.

À Abidjan, la Fédération Ivoirienne de Football a salué « le symbole d’une Afrique qui gagne ». Libreville, de son côté, parle d’une « fierté continentale ». Pour Gabonews, le sacre marocain est la confirmation d’un leadership africain fondé sur la constance et la rigueur, bien loin des exploits éphémères.

En Allemagne, l’expert Andreas Gschaider voit dans cette réussite « la récompense d’une vision et d’un travail acharné ». Pour lui, le Maroc a développé « l’un des écosystèmes footballistiques les plus performants du continent ». Les sélections marocaines, dit-il, utilisent aujourd’hui les outils technologiques les plus avancés en matière de préparation physique et mentale, au même niveau que les grandes nations européennes.

Même la presse panaméenne s’en est émue : La Prensa parle d’un « exploit inédit », La Estrella de Panamá d’une « confirmation de puissance ». Le Maroc, écrit le quotidien, « a conquis la planète football avec un style rapide, organisé et courageux ».

De la BBC à la RTBF, un consensus se dégage : ce triomphe n’est pas un miracle, mais le fruit d’une stratégie où la passion se marie à la planification, et où la jeunesse devient l’avant-garde d’un pays en mouvement.

Un avenir déjà en marche : Maroc 2030

Au-delà de la joie, le sacre du Chili ouvre une nouvelle ère. Le Maroc, co-organisateur de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal, avance désormais avec la confiance des bâtisseurs. Les infrastructures se multiplient, les stades se modernisent, et l’organisation de la CAN 2025, annoncée comme « la plus passionnante », servira de répétition générale.

La Fédération Royale Marocaine de Football investit dans de nouveaux centres régionaux, dans la formation d’arbitres et de techniciens, mais aussi dans le football féminin, où la progression est spectaculaire. La stratégie royale, elle, demeure le fil conducteur : faire du sport un pilier du développement humain et territorial.

Le Roi Mohammed VI l’a rappelé dans son message de félicitations aux Lionceaux : « Votre victoire honore la jeunesse marocaine, symbole de détermination, de persévérance et d’excellence. » Ce message résonne bien au-delà du vestiaire. Il s’adresse à une génération entière, celle qui croit désormais que l’effort collectif et la discipline peuvent hisser le pays vers les plus hauts sommets.

Dans les rues de Rabat, Casablanca, Tanger ou Fès, la nuit du sacre s’est transformée en marée rouge et verte. Klaxons, drapeaux, chants : le pays entier a célébré l’accomplissement d’un rêve, celui de voir les enfants de l’Académie Mohammed VI devenir champions du monde.

Mais plus encore qu’un trophée, c’est une philosophie qui triomphe : celle d’un Maroc qui mise sur sa jeunesse, qui planifie, forme, investit et récolte. À l’heure où tant de nations cherchent des modèles durables, le Royaume chérifien propose une équation simple : une vision, du travail, de la patience — et la fierté d’un peuple soudé derrière ses couleurs.

La BBC l’a écrit : « Le Maroc veut bâtir sur ce succès pour renforcer son statut de concurrent sérieux à tous les niveaux du football mondial. » Le Royaume n’a jamais semblé aussi proche d’y parvenir.

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