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Une histoire belgo-marocaine et ne mémoire partagée entre deux rives
Présentée dans le cadre du 60e anniversaire de la convention de main-d’œuvre entre le Maroc et la Belgique, signée en 1964, l’exposition revient sur les trajectoires des premiers travailleurs marocains arrivés au lendemain de la Première Guerre mondiale et sur les générations qui ont suivi.
La corniche de Nador s’est transformée, vendredi soir, en un espace de mémoire et de dialogue avec le vernissage de l’exposition itinérante « Belgica Biladi : une histoire belgo-marocaine », initiée par le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME). À travers 37 panneaux, cette exposition retrace soixante ans d’histoire migratoire, entre sacrifices, enracinement et contributions multiples à la société belge, tout en renforçant les liens identitaires et culturels entre les deux pays.
L’histoire d’une migration devenue héritage
Présentée dans le cadre du 60e anniversaire de la convention de main-d’œuvre entre le Maroc et la Belgique, signée en 1964, l’exposition revient sur les trajectoires des premiers travailleurs marocains arrivés au lendemain de la Première Guerre mondiale et sur les générations qui ont suivi. Elle illustre l’évolution d’une migration d’abord économique vers une histoire d’intégration et de citoyenneté plurielle, où les Marocains de Belgique ont marqué la littérature, le théâtre, le cinéma, l’entrepreneuriat, les médias et la politique. Ces récits de vie, imprégnés de sacrifices et de luttes pour la dignité, traduisent aussi une volonté de dialogue entre deux sociétés désormais intimement liées.
Nador, carrefour symbolique de la mémoire
Le choix de Nador pour accueillir ce vernissage n’est pas anodin. La région du Rif a été un foyer historique d’émigration vers l’Europe, marquant profondément les familles et les paysages sociaux. Driss El Yazami, président du CCME, a rappelé que cette mémoire n’est pas seulement celle d’un départ, mais aussi d’un retour symbolique : celui des générations qui, tout en étant enracinées en Belgique, demeurent attachées à leur identité marocaine. La Haute sollicitude royale envers les Marocains du monde a également été soulignée, traduisant une vision qui intègre la diaspora comme un levier essentiel du développement du Royaume.
Un projet culturel itinérant et fédérateur
Fruit d’une initiative de l’Université libre de Bruxelles, en partenariat avec la ville de Bruxelles, l’exposition a bénéficié à Nador du soutien d’acteurs locaux, parmi lesquels la Province, l’Agence pour l’aménagement de la lagune de Marchica et plusieurs associations culturelles. En marge, des projections, débats et animations viennent enrichir le programme. Après Nador, l’itinérance se poursuivra à Saïdia et Al Hoceima, consolidant un pont culturel et mémoriel entre les rives de la Méditerranée. En donnant à voir cette histoire partagée, « Belgica Biladi » célèbre la contribution des Marocains à la société belge tout en réaffirmant la richesse d’une identité multiple, forgée dans l’échange et la résilience.